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Compte rendu

Famille et parenté dans la vie religieuse du Midi (XIIe–XVe siècle), Toulouse, Privat, 2008 ; 1 vol. in-8o, 448 p. (Cahiers de Fanjeaux, 43). ISBN : 978-2-7089-3446-7. Prix : € 32,00.

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  • Avignon, C.
(2010). Famille et parenté dans la vie religieuse du Midi (XIIe–XVe siècle), Toulouse, Privat, 2008 ; 1 vol. in-8o, 448 p. (Cahiers de Fanjeaux, 43). ISBN : 978-2-7089-3446-7. Prix : € 32,00. Le Moyen Age, Tome CXVI(3), LXX-LXX. https://doi.org/10.3917/rma.163.0725zzr.

  • Avignon, Carole.
« Famille et parenté dans la vie religieuse du Midi (XIIe–XVe siècle), Toulouse, Privat, 2008 ; 1 vol. in-8o, 448 p. (Cahiers de Fanjeaux, 43). ISBN : 978-2-7089-3446-7. Prix : € 32,00. ». Le Moyen Age, 2010/3 Tome CXVI, 2010. p.LXX-LXX. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2010-3-page-LXX?lang=fr.

  • AVIGNON, Carole,
2010. Famille et parenté dans la vie religieuse du Midi (XIIe–XVe siècle), Toulouse, Privat, 2008 ; 1 vol. in-8o, 448 p. (Cahiers de Fanjeaux, 43). ISBN : 978-2-7089-3446-7. Prix : € 32,00. Le Moyen Age, 2010/3 Tome CXVI, p.LXX-LXX. DOI : 10.3917/rma.163.0725zzr. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2010-3-page-LXX?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.163.0725zzr


1 La mise en ordre de la société laïque en germe dans la réforme grégorienne a justifié la prise en charge par les clercs des conduites familiales via l’élaboration de normes synodales, de discours moraux ou d’institutions déterminant comment éduquer les enfants, quel époux choisir, quelle place accorder aux vieillards ou aux enfants abandonnés. Les A. ont montré comment l’Église accompagne, compense ou suscite la modification des contours de la famille médiévale du XIe au XVe siècle.

2 L’ensemble des communications offrent des éclairages substantiels sur des sources souvent méconnues, inédites ou négligées : chronique de Geoffroy de Vigeois (J.L. Lemaitre) ; Historia trium regum de Jean de Hildesheim sur la légende généalogique de la famille des Baux (G. Butaud) ; De Fide Catholica d’Alain de Lille (H. Taviani) ; Vie du Christ de Francesc Eiximenis. Sont aussi questionnés quelques postulats historiographiques dépassés : la force de la famille méridionale serait telle que la solidarité religieuse irait de soi (J. Paul) ; la tradition prétendument précoce d’accueil des enfants abandonnés par l’ordre du Saint-Esprit à Montpellier (D. Le Blevec). Tous ouvrent de belles perspectives de recherche en présentant de riches dossiers documentaires : sources hagiographiques (miracles posthumes de saint Honorat par E. Magnani), pastorales (A.L. Lallouette), morales (le Llibre de les dones ou la Vita Christi d’Eximeinis par X. Renedo et P. Payan), généalogiques (Cycle des Narbonnais par D. Collomp), normatives (sources conciliaires et textes de controverses par H. Taviani ; statuts universitaires par J. Verger), notariales, comptables ou judiciaires (les testaments avignonnais pour étudier le fonctionnement des liens de parenté) (A.M. Hayez) ; les testaments arlésiens combinés aux registres de comptes de l’officialité de l’archevêque documentent la place du mariage au XVe siècle (L. Stouff) ; le registre du greffier de l’inquisition de Carcassonne associé aux aveux et sentences pour appréhender les rapports entre famille et hérésie (J. Paul).

3 L’Église élabore une discipline matrimoniale et familiale qui tantôt converge avec les intérêts lignagers (J. Théry) tantôt diverge : elle prône le respect de l’autorité parentale, mais promeut aussi la parenté spirituelle comme supérieure à la parenté charnelle. Nous le lisons dans la Vita christi du franciscain Eiximenis au sein de la démonstration du modèle idéal de la fraternité monastique ou dans l’incidence de la parenté née du baptême dans le cycle des Narbonnais. Choix personnels et stratégies familiales peuvent diverger pour une carrière universitaire, l’entrée en religion (topos littéraire chez les franciscains) ou le choix d’un conjoint. Le couple marié par sacrement devient le point d’ancrage de la famille. L’étude sémantique de C. Carozzi en témoigne comme celle des traités antihérétiques donne une idée des difficultés que le triomphe du consensualisme a pu poser : le « moine Guillaume » condamne comme proposition hérétique le fait que solus consensus quarumlibet personnarum facit matrimonium. On aurait aimé que L. Stouff précise ce que l’archevêque d’Arles entend par « mariages clandestins » dans ses comptes : les mariages sans bans (contraires aux prescriptions de Latran IV) sont-ils condamnés dans les mêmes termes que les mariages sans bénédiction sacerdotale (canoniquement non requise ad validitatem) ?

4 Qu’on nous permette aussi d’apporter quelques éclairages sur le très beau dossier aixois des mariages successifs et des « divorces », terme fort ambigu de R. Abram (D. Iancu). Quand les époux sont séparés de corps, l’official met fin au devoir conjugal, à la mutua servitus et fait liquider le régime matrimonial. Les réconciliations dont témoignent les archives notariales sont l’un des objectifs du dispositif canonique. L’adultère (de l’homme comme de la femme contrairement à ce qu’on peut lire), l’hérésie et les sévices graves justifient les sentences de séparation de corps. La jurisprudence des officialités y a ajouté la séparation d’habitation qui fait subsister le devoir conjugal : il n’y a pas que les juges méridionaux étudiés qui séparent les époux en cas d’austeritas, vulnera, odium, rancores, dilapidatio bonorum. Mais le juge se réserve toujours le contrôle du motif et ne peut accepter aucune « séparation à l’amiable ». Le premier mariage de Régine avec un juif a pu être annulé, mais il ne s’agit ensuite que de séparation, sans aucun remariage licite du vivant des conjoints car le lien conjugal n’est pas rompu. On ne s’étonnera donc pas de la voir faire le choix de l’« union libre » (concubinage adultérin) après la séparation prononcée d’avec son second mari : l’« audace » et la « radicalité » d’un tel choix résultent en fait d’une transaction entre choix personnel et cadre canonique.

5 Carole AVIGNON


Date de mise en ligne : 28/10/2011

https://doi.org/10.3917/rma.163.0725zzr