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Compte rendu

Frédéric BOUTOULLE, Le duc et la société. Pouvoirs et groupes sociaux dans la Gascogne bordelaise au XIIe siècle (1075-1199), Bordeaux, Ausonius Éd., 2007 ; 1 vol., 439 p. (Scripta Medivalia, 14). ISBN : 2-910023-95-6. Prix : € 30,00. Diff. De Boccard.

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  • Bur, M.
(2010). Frédéric BOUTOULLE, Le duc et la société. Pouvoirs et groupes sociaux dans la Gascogne bordelaise au XIIe siècle (1075-1199), Bordeaux, Ausonius Éd., 2007 ; 1 vol., 439 p. (Scripta Medivalia, 14). ISBN : 2-910023-95-6. Prix : € 30,00. Diff. De Boccard. Le Moyen Age, Tome CXVI(1), XI-XI. https://doi.org/10.3917/rma.161.0177k.

  • Bur, Michel.
« Frédéric BOUTOULLE, Le duc et la société. Pouvoirs et groupes sociaux dans la Gascogne bordelaise au XIIe siècle (1075-1199), Bordeaux, Ausonius Éd., 2007 ; 1 vol., 439 p. (Scripta Medivalia, 14). ISBN : 2-910023-95-6. Prix : € 30,00. Diff. De Boccard. ». Le Moyen Age, 2010/1 Tome CXVI, 2010. p.XI-XI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2010-1-page-XI?lang=fr.

  • BUR, Michel,
2010. Frédéric BOUTOULLE, Le duc et la société. Pouvoirs et groupes sociaux dans la Gascogne bordelaise au XIIe siècle (1075-1199), Bordeaux, Ausonius Éd., 2007 ; 1 vol., 439 p. (Scripta Medivalia, 14). ISBN : 2-910023-95-6. Prix : € 30,00. Diff. De Boccard. Le Moyen Age, 2010/1 Tome CXVI, p.XI-XI. DOI : 10.3917/rma.161.0177k. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2010-1-page-XI?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.161.0177k


1 Dans les années soixante, le doyen J. Schneider avait lancé un programme de recherches sur les grands fiefs (Lorraine, Champagne, Angoumois et Saintonge, Savoie). De son côté, C. Higounet, qui avait fait sa thèse sur le comté de Comminges, a orienté ses élèves vers l’étude des grandes familles d’Aquitaine (Albret). C’est à la suite des travaux de J.B. Marquette que s’inscrit la thèse de F. Boutoulle sur le duc et la société dans les diocèses de Bordeaux et de Bazas au XIIe s. (1150-1199). L’ouvrage qui, comme celui d’A. Debord sur les pays de la Charente, traite uniquement de la société laïque, comprend 313 pages d’un texte dense et diverses annexes : un dossier de chartes concernant le prieuré Saint-Florent de Castillon, soixante courtes notices sur les castra, castella, oppida, turres mentionnés dans les documents avant 1220 et vingt-deux tableaux généalogiques. Le texte lui même est illustré de sept cartes et de sept photos dont une de la motte de Génissac.

2 Trois « pôles » retiennent l’attention de l’A. avant la période des Plantagenêt. D’abord le duc solidement implanté sur un vaste domaine, usant d’une fiscalité occasionnelle et ne réclamant que rarement le service d’ost des communautés rurales. Maître de la ville de Bordeaux et des principaux châteaux, il contrôle le trafic fluvial. Les vicomtes (Castillon, Fronsac…) font pâle figure à côté de lui. Second pôle, les châtelains, qui ne sont qu’une vingtaine à la fin du XIe s. Dans les châtellenies comme dans le domaine ducal se sont mises en place des seigneuries d’origine fiscale ou allodiale, dont les détenteurs exercent localement la justice, la police des voies publiques et des cours d’eau. Ces seigneuries augmentent en nombre au XIIe s. par concession de fiefs. Cette aristocratie au contour élastique, mais unie par des solidarités nées des mariages et du genre de vie propre aux combattants à cheval, génère une mentalité que l’on peut qualifier de nobiliaire. Enfin, troisième pôle, les paysans dans leur diversité. Des alleutiers nombreux, formant de solides communautés d’hommes libres capables de construire des églises, d’équiper des moulins, d’ester en justice. Ensuite des censitaires exerçant souvent dans les seigneuries des pouvoirs délégués par le maître et, moins favorisés, des manants sur lesquels au fil des années s’alourdissent les charges seigneuriales.

3 Commence alors en 1152 la période des Plantagenêt, spécialement de l’actif Richard Cœur de Lion soucieux de s’assurer la garde des églises, la maîtrise des châteaux et cherchant à imposer partout la paix du duc. L’aristocratie se militarise davantage pour répondre aux semonces à l’ost ducal. Les structures féodales se renforcent avec une certaine généralisation de l’hommage. Quant au reste de la société, il est marqué par une altération sensible de l’allodialité et un renforcement du ban seigneurial et des liens de dépendance. À Bordeaux émerge progressivement une bourgeoisie qui a droit de regard sur la gestion des péages, des salines et de la monnaie.

4 Au total un ouvrage clair, bien composé, fournissant une périodisation nette, réévaluant la place du duc d’Aquitaine dans la région bordelaise, soulignant l’évolution de la société vers des structures féodales plus fortement hiérarchisées et militarisées ainsi qu’un recul sensible des alleutiers face à un alourdissement de la fiscalité ducale et des cadres seigneuriaux. Cette thèse solide et bien documentée permettra de procéder avec sûreté à des comparaisons avec d’autres régions, en premier lieu avec les pays charentais qui lui sont immédiatement contigus au nord de la Dordogne.

5 Michel BUR


Date de mise en ligne : 29/06/2010

https://doi.org/10.3917/rma.161.0177k