La famiglia nell’economia europea. Secc. XIII-XVIII. The economic role of the family from the 13th to the 18th Centuries. Atti della « Quarantesima Settimana di Studi », 6-10 aprile 2008, éd. Simonetta CAVACIOCCHI, Florence, Firenze U. P., 2009 ; 1 vol. in-8o, 790 p. (Fondazione Istituto Internazionale di Storia Economica « F. Datini », Ser. 2, Atti delle « Settimane di Studi » e altri Convegni, 40). ISBN : 978-88- 8453-910-6. Prix : € 65,00.
- Par Carole Avignon
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- AVIGNON, Carole,
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- Avignon, C.
https://doi.org/10.3917/rma.153.0613g
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1 La Fondation Datini réunit en 2008 plus de 40 intervenants sur le rôle économique de la famille dans les sociétés européennes préindustrielles. Trois axes ont été définis par le comité scientifique dirigé par W. Blockmans. La première partie consacrée aux modalités d’élaboration et de perpétuation des patrimoines offre une belle illustration de la pertinence de confronter normes coutumières, doctrines du jus commune (G. Rossi) et pratiques contractuelles, et témoigne de la diversité des systèmes successoraux et des régimes matrimoniaux, principaux supports de transferts patrimoniaux au sein de la famille, à l’échelle de l’Europe méditerranéenne (F. Chacon Jimenez), dans les lignages aristocratiques (A. Manikowski ; M. L. Ferrari, G. Vivenza, pour l’Italie et l’Angleterre ; E. Haddad sur la noblesse française au XVIIe ; A. Tessari, pour les Pouilles au XVIIIe), germaniques aux XIVe-XVIe s. (K. H. Spiess), italiens (M. Cattini, M. A. Romani), dans les villes italiennes centro-septentrionnales des XIIIe-XVIe s. (P. Lanaro et G. M. Varanini), dans la Pologne des XIVe-XVe s. qui ne connaît pas la succession agnatique (M. Koczerska), la Castille du XVe s. (C. Q. Raso confronte instruments juridiques et stratégies socio-économiques des familles nobles pour étudier le majorat) ou de la Moldavie du XVIIIe (M. Muresan). M. Vaquero Pineiro étudie la circulation des richesses terriennes au sein des familles de la petite et moyenne noblesse romaine du XVIe s. soucieuse d’adapter les productions de leurs exploitations rurales aux besoins renouvelés du marché urbain. M. Barbot explore l’économie familiale en analysant les modes de gestion et de cession de la maison pour 300 familles milanaises du XVIe au XVIIIe s. La seconde partie étudie les familles d’artisans et de marchands et les modalités de conquête et de contrôle du marché. Les spécialisations économiques des familles d’artisans sont illustrées par M. J. Deya Bauza pour l’Espagne moderne, G. Da Molin et A. Carbone pour le Mezzogiorno italien du XVIIIe s., L. Panariti pour la production de soie à Venise au XVIIIe s et les opportunités offertes par les structures familiales pour surmonter les crises. Du Moyen Âge au XVIIIe s., la famille s’impose aussi comme une structure pertinente pour stabiliser des grandes compagnies financières en Allemagne (M. E. Denzel), à l’échelle européenne (G. Ceccarelli), parce qu’elle offre un réseau de collaborateurs, un support de réduction des coûts d’agence notamment des sociétés commerciales italiennes des XVe-XVIe s. (L. Lorenzetti). Elle constitue un support d’entreprenariat multiscalaire dans l’élite juive lituanienne des XVIIe-XVIIIe (M. Ciesla), dans le monde des marchands de laine thuringiens du XVIIIe, dans le monde ottoman (O. Katsiardi), à Bologne (A. Guenzi) ou par les « compagnies de frères » génoises (A. Zanini), au sein de la Compagnie du Levant (G. Pagano de Divitiis) ou de la région danubienne (C. Luca). La troisième partie propose une approche « genrée » du rôle économique de la famille en étudiant les femmes au travail dans le monde rural (T. Lambrecht) ou urbain (V. Harding ; M. Del Carmen Garcia de Herrero pour l’Espagne ; A. Polonia, pour le Portugal du XVIe s. ; C. F. Romero par son étude des différences salariales entre hommes et femmes dans la Navarre de l’époque moderne). L’étude des campagnes de l’Ouest français au XVIe s. de M. Nassiet rend compte d’une réelle division du travail. L’étude des femmes au sein de l’économie domestique est abordée au prisme de leur rôle de trésorières de la communauté conjugale et de leurs capacités successorales (A. Schmidt, pour les Pays-Bas ; T. De Moor e.a., pour les milieux nobles du saint Empire du bas Moyen Âge ; M. Martinat pour les familles protestantes lyonnaises du XVIe s., F. J. Ruggiu, pour leur rôle dans la transmission de l’entreprise familiale dans l’Angleterre du XVIIIe s.). Le rôle économique des femmes s’exercerait d’abord au sein de la sphère domestique quand la sphère publique de l’exercice des dignités serait réservée aux hommes à l’époque moderne. R. Descimon étudie la place des parisiennes dans la transmission des patrimoines aux XVIe et XVIIe s. et invite à préciser que par ses capacités gestionnaires, le rôle de la dot et du douaire, la femme y joue un rôle moins mineur que la lettre de la coutume ne le laisserait penser.
2 Les A. s’efforcèrent de mettre en perspective la place de la « famille », entité intergénérationnelle, genrée, structurée par des règles de droit et des pratiques coutumières (lignage, dynastie, maison, parentèle, couple) et de grands mécanismes économiques (organisation du travail, salariat, crédit, assurance). Sont aussi posés les jalons d’une histoire comparée des normes et des pratiques de la formation, de la transmission et de la gestion des patrimoines. La valeur de ce recueil tient dans la diversité des points de vue documentés et l’amplitude chronologique offerte.
3 Carole AVIGNON