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Compte rendu

Vérité poétique, Vérité politique. Mythes, modèles et idéologies politiques au Moyen Âge. Actes du colloque de Brest. 22-24 septembre 2005, sous la dir. de Jean-Christophe CASSARD, Élisabeth GAUCHER et Jean KERHERVÉ, Brest, Centre de Recherches bretonne et celtique-Université de Bretagne occidentale, 2007 ; 1 vol., 455 p. ISBN : 978-2-901737-75-9. Prix : € 45,00.

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  • Dumont, J.
(2009). Vérité poétique, Vérité politique. Mythes, modèles et idéologies politiques au Moyen Âge. Actes du colloque de Brest. 22-24 septembre 2005, sous la dir. de Jean-Christophe CASSARD, Élisabeth GAUCHER et Jean KERHERVÉ, Brest, Centre de Recherches bretonne et celtique-Université de Bretagne occidentale, 2007 ; 1 vol., 455 p. ISBN : 978-2-901737-75-9. Prix : € 45,00. Le Moyen Age, Tome CXV(2), L-L. https://doi.org/10.3917/rma.152.0375zx.

  • Dumont, Jonathan.
« Vérité poétique, Vérité politique. Mythes, modèles et idéologies politiques au Moyen Âge. Actes du colloque de Brest. 22-24 septembre 2005, sous la dir. de Jean-Christophe CASSARD, Élisabeth GAUCHER et Jean KERHERVÉ, Brest, Centre de Recherches bretonne et celtique-Université de Bretagne occidentale, 2007 ; 1 vol., 455 p. ISBN : 978-2-901737-75-9. Prix : € 45,00. ». Le Moyen Age, 2009/2 Tome CXV, 2009. p.L-L. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2009-2-page-L?lang=fr.

  • DUMONT, Jonathan,
2009. Vérité poétique, Vérité politique. Mythes, modèles et idéologies politiques au Moyen Âge. Actes du colloque de Brest. 22-24 septembre 2005, sous la dir. de Jean-Christophe CASSARD, Élisabeth GAUCHER et Jean KERHERVÉ, Brest, Centre de Recherches bretonne et celtique-Université de Bretagne occidentale, 2007 ; 1 vol., 455 p. ISBN : 978-2-901737-75-9. Prix : € 45,00. Le Moyen Age, 2009/2 Tome CXV, p.L-L. DOI : 10.3917/rma.152.0375zx. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2009-2-page-L?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.152.0375zx


1 Il est admis qu’au Moyen Âge, la frontière entre histoire et mythe reste floue, à l’image d’une pensée où se mêlent deux manières de voir et de dire le monde. L’étude de ce problème trouve une nouvelle déclinaison dans les actes de ce colloque. Les différentes contributions qui y sont réunies se concentrent autour du mythe, perçu sous ses aspects ethno-religieux et littéraires, et de son interaction avec le Politique. Chaque A. tente de comprendre comment le récit mythique en arrive à exprimer des valeurs, des comportements et des affects, reflets de la manière dont les sociétés médiévales appréhendent le réel. D’un point de vue méthodologique, les A. font la part belle à une réelle interdisciplinarité que ce soit du point de vue des sujets abordés (droit, histoire, histoire de l’art, littérature) mais aussi des sources utilisées (archives, documents narratifs, images et monuments).

2 Lorsqu’il est question du mythe, l’analyse trifonctionnelle, chère à G. Dumézil, n’est jamais bien loin, ainsi que le montre l’étude des pavillons de commandement (M. Russon et H. Martin) sans pour autant constituer un carcan puisque l’apport de pensées nouvelles à ce schéma ancien n’est jamais exclu (D. Boutet). Fort de cet héritage, le mythe est étudié pour son rôle de ciment social dans les communautés médiévales, et ce, sous de multiples formes : nordiques (H. Trétel), troyennes et romaines (M. Campopiano) ou encore bretonnes (M. Coumert). De la sorte, il ouvre toujours une porte sur l’imaginaire qu’il soit utopiste, comme dans Athis et Prophilias (M.M. Castellani), ou ascétique dans Livre des Rois de Ferdowsi (C.C. Kappler). Mais, le plus souvent, l’autorité en place utilise ces fonds culturels communs dans son propre intérêt. À ce titre, la matière de Bretagne – très présente dans le volume – constitue un très bon exemple à travers les tentatives anglaises d’assimilation des peuples gallois (A. Chauou, D. Floch) et irlandais (M. White-Le Goff). L’évènement conditionne aussi l’écriture mythique comme le démontrent le Perceforest, roman transposant l’épopée arthurienne dans le Hainaut du début du XVe siècle au moment où se noue l’alliance anglo-bourguignonne (C. Ferlampin-Acher), ou bien la Cité des dames, qui, à la même époque, enjoint la reine de France à assumer une part du pouvoir grâce aux exemples de femmes illustres (D. Reix). Le mythe peut devenir, pour le pouvoir, un espace de construction identitaire tant en France, avec les Grandes Chroniques de France (E. Andrieu) ou le Roman de la fleur de lis (F. Pomel), qu’en Angleterre grâce aux biographies de rois (A. Mairey) et, plus particulièrement, celle d’Henri Ier Plantagenêt (L. Mathey-Maille), ou encore en Aragon avec la figure du roi Ramire II (S. Hirel). Il peut aussi refléter l’influence de la culture dominante ainsi que l’opposition entre la force et l’argent (P. Haugeard), la figure exemplaire de Jeanne d’Arc (M. Szkilnik), de même que celle du révolté (H. Le Roy, L. Harf-Lancner) soulignent l’importance d’idéal nobiliaire dans l’Occident médiéval. Malgré tout, la création mythologique peut aussi révéler les interactions entre les groupes sociaux, telles les élites et les villes lors des entrées royales (D. Rivaud). Pourtant, à la fin du Moyen Âge, l’interprétation poétique du monde aboutit parfois à des non-sens (J.C. Cassard) et suscite, méfiance et critique au moment où historiographie et romanesque se distinguent de plus en plus nettement (C. Gaullier-Bougassas, F. Collard).

3 Au terme de ce tour d’horizon, la plasticité du mythe, liée à sa plurifonctionnalité, se dégage tout particulièrement (É. Gaucher et J. Kerhervé). Qu’il agisse dans le champ de l’idéologie politique ou religieuse, de l’éducation morale ou encore de l’ethnogénèse, celui-ci se modèle et se remodèle au gré du temps, de l’espace et des intérêts.

4 Jonathan DUMONT


Date de mise en ligne : 22/07/2009

https://doi.org/10.3917/rma.152.0375zx