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Compte rendu

Le Jongleur de Notre-Dame , trad. et comm. Paul BRETEL, Paris, Champion, 2003 ; 1 vol., 180 p. (Traductions des Classiques français du Moyen Âge, 64). ISBN : 2-7453-0681-2.

Page XLV

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  • Faure, M.
(2008). Le Jongleur de Notre-Dame , trad. et comm. Paul BRETEL, Paris, Champion, 2003 ; 1 vol., 180 p. (Traductions des Classiques français du Moyen Âge, 64). ISBN : 2-7453-0681-2. Le Moyen Age, Tome CXIV(3), XLV-XLV. https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zs.

  • Faure, Marcel.
« Le Jongleur de Notre-Dame , trad. et comm. Paul BRETEL, Paris, Champion, 2003 ; 1 vol., 180 p. (Traductions des Classiques français du Moyen Âge, 64). ISBN : 2-7453-0681-2. ». Le Moyen Age, 2008/3-4 Tome CXIV, 2008. p.XLV-XLV. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-3-page-XLV?lang=fr.

  • FAURE, Marcel,
2008. Le Jongleur de Notre-Dame , trad. et comm. Paul BRETEL, Paris, Champion, 2003 ; 1 vol., 180 p. (Traductions des Classiques français du Moyen Âge, 64). ISBN : 2-7453-0681-2. Le Moyen Age, 2008/3-4 Tome CXIV, p.XLV-XLV. DOI : 10.3917/rma.143.0647zs. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-3-page-XLV?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zs


1 Bien que l’ouvrage soit publié dans la collection Traductions des Classiques français du Moyen Âge, la traduction elle-même n’occupe que vingt pages du travail de P. Bretel, qui a dû d’ailleurs la faire suivre, pour en conforter la lecture, de l’édition du ms. A (684 v.), choisi comme référence.

2 Dans la traduction, excellente à tous points de vue, nous suggérons de gommer le cependant du v. 23 et le alors du v. 226, de réparer l’oubli de sans desfois du v. 448 par sans peine, et de rectifier une inadvertance au v. 615, ses étant un cas sujet singulier (son).

3 Cet ensemble est précédé d’une introduction substantielle (44 p.) et remarquablement argumentée, qui situe l’œuvre dans la dévotion et la réflexion théologique des XIIe et XIIIe siècles, s’interroge sur son genre et sur sa place dans la littérature mariale, propose des mises au point précises sur le statut des jongleurs, sur leur exclusion sociale et la condamnation que faisait peser l’Église sur eux et sur leur public, et informe savamment sur la place des convers dans les monastères. Dans ce contexte, Le Jongleur de Notre-Dame réhabilite le convers acrobate dont la rédemption passe par la médiation du corps, par le rituel jubilatoire de sa propre célébration religieuse, en un mot par son mestier. La présentation générale se termine par une analyse précieuse des niveaux de lecture.

4 On voudrait surtout saluer le travail rigoureux, érudit et très éclairant des 78 notes et commentaires, qui constituent une véritable exégèse du conte et permettent au lecteur de comprendre un texte attachant et d’en apprécier les strates narratives et la belle qualité littéraire. Elles portent généralement sur le lexique, prennent en compte sa distribution et débouchent sur un commentaire concernant l’évolution des mentalités, des faits de civilisation (figures d’acrobatie et leurs significations, par exemple), la vie monacale et le service religieux, l’expression des sentiments du chrétien (fonction des pleurs, sens de la pénitence), l’imaginaire sacré (rôle des anges au quotidien ou au moment de l’apparition de la Vierge ou de la mort du héros), etc. Progressivement se déploie une sorte de vaste analyse littéraire, fouillée, appuyée sur une documentation impressionnante et indispensable, que seul pouvait produire un spécialiste comme P.B., qui a publié en 1995 Les Ermites et les moines dans la littérature française du Moyen Âge (1150-1250). La démonstration multiplie les références à la Règle de saint Benoît, aux Us des convers, au Petit Exordre et au Grand Exordre de Cîteaux, pour ne citer que les plus importantes, utilise la comparaison avec quelques textes profanes (Le Chevalier au barisel, Le Conte du graal) mais surtout avec des textes d’inspiration religieuse (contes de la Vie des Pères, Miracles de la Sainte Vierge, en particulier De un moigne de Chartrose de Gautier de Coinci) et fait appel à de très nombreuses publications, qui n’ont pu être recensées exhaustivement dans le Choix bibliographique des p. 170-175.

5 On aurait aimé que l’Index des mots, des notions et des thèmes évoqués dans les notes et commentaires (p. 177-178) soit plus détaillé, car il ne reflète pas vraiment la richesse de la mine de renseignements proposés par P.B., qui légitiment la place du Tumbeor dans la littérature de l’époque et en restituent la profondeur et la poésie : nous disposons à présent d’un des plus beaux textes de la littérature mariale, malheureusement oublié dans la plupart des dictionnaires de littérature, même les plus récents. Enfin, comme pour remercier ses lecteurs, P.B. a mis en annexe L’Étui de nacre (p. 165-170) d’Anatole France, « qui ne connaissait ni le manuscrit, ni même le texte original du Tumbeor ».

6 Marcel FAURE


Date de mise en ligne : 16/03/2009

https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zs