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Compte rendu

William Perry MARVIN, Hunting Law and Ritual in Medieval English Literature, Woodbridge, Brewer, 2006 ; 1 vol., X-198 p. ISBN : 1-84434-082-0. Prix : GBP 45 ; USD 80.

Page LXVIII

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  • Yvernault, M.
(2008). William Perry MARVIN, Hunting Law and Ritual in Medieval English Literature, Woodbridge, Brewer, 2006 ; 1 vol., X-198 p. ISBN : 1-84434-082-0. Prix : GBP 45 ; USD 80. Le Moyen Age, Tome CXIV(3), LXVIII-LXVIII. https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zzp.

  • Yvernault, Martine.
« William Perry MARVIN, Hunting Law and Ritual in Medieval English Literature, Woodbridge, Brewer, 2006 ; 1 vol., X-198 p. ISBN : 1-84434-082-0. Prix : GBP 45 ; USD 80. ». Le Moyen Age, 2008/3-4 Tome CXIV, 2008. p.LXVIII-LXVIII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-3-page-LXVIII?lang=fr.

  • YVERNAULT, Martine,
2008. William Perry MARVIN, Hunting Law and Ritual in Medieval English Literature, Woodbridge, Brewer, 2006 ; 1 vol., X-198 p. ISBN : 1-84434-082-0. Prix : GBP 45 ; USD 80. Le Moyen Age, 2008/3-4 Tome CXIV, p.LXVIII-LXVIII. DOI : 10.3917/rma.143.0647zzp. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-3-page-LXVIII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zzp


1 Dès l’introduction W.P.M. met en place non seulement la réalité de la chasse, ses formes (fauconnerie, chasse en forêt avec des chiens, l’usage de pièges…), mais aussi le sens métaphorique bien connu de cette activité – ces deux aspects de la chasse sont résumés par le jeu sémantique sur venari et Vénus renvoyant à un discours complexe sur la mort, la violence et l’amour. L’A. propose d’examiner la réalité de la chasse dans l’Angleterre médiévale (législation, gibiers, pratiques, rituels…) en la replaçant dans le contexte de la production littéraire (romances, poésie, traités…). L’A. procède à un état de la question bibliographique en rappelant les sources fondamentales (par exemple, La chace dou cerf, Les Livres du Roy Modus et de la Royne Ratio, ou bien encore Le Livre de chasse de Gaston Phébus), les ouvrages de référence assez anciens (par exemple, les études de H.L. Savage), plus récents (celui de J. Cummins, publié en 1988), des études explorant, à travers la chasse, le rapport entre la nature et la culture, l’humain et l’animal.

2 Dans un premier temps W.P.M. se penche sur Beowulf. L’A. cherche à comprendre pourquoi Hrothgar donne le nom de Heorot (cerf) à son hall en s’appuyant sur les pratiques en matière de chasse, en particulier chez les Germains, et en rappelant que la littérature héroïque indo-européenne assimile fréquemment les guerriers à des bêtes prédatrices, établissant ainsi le lien explicite et connu entre la chasse et la guerre. Dans ce contexte, on pourrait conclure que Heorot exprime le refus des systèmes fondés sur l’espace ouvert et la chasse sans restriction et préfigure les lois sur la chasse et sur la propriété, tout en affirmant une éthique du pouvoir plutôt bienveillante.

3 L’A. montre ensuite l’influence du pouvoir des Normands sur l’Angleterre, visible notamment dans l’architecture défensive et l’organisation nouvelle des pratiques de chasse, ces deux domaines reflétant leur ambition de contrôler la terre et d’établir sans ambiguïté le concept de foresta s’appliquant exclusivement au domaine royal, le cas de la New Forest étant exemplaire (W.P.M. renvoie aux commentaires sur la politique forestière de Guillaume le Conquérant dans la Chronique de Peterborough et aux châtiments très sévères réservés aux braconniers).

4 L’A. montre bien qu’au concept de foresta est attaché le paradoxe selon lequel la forêt est à la fois un sanctuaire naturel et in lieu circonscrit, distinct de la cour, où s’exercent, de manière exclusive, le pouvoir et le plaisir du prince que toutes sortes de contrevenants cherchent à transgresser (paysans pauvres, braconniers abandonnant la tête empalée d’un cerf par défi au roi, petite noblesse, membres du clergé…).

5 Forêt et chasse impliquent ainsi autre chose qu’une simple activité. À travers la chasse s’exprime la remise en cause de l’ordre royal, du pouvoir du roi sur les corps et la terre.

6 Enfin W.P.M. examine les textes qui sont en rapport avec la chasse de manière plus ou moins directe : les traités – Artes venandi – mettant en évidence aussi bien les techniques que les formes rituelles qui ont permis, à certaines époques, notamment grâce à la Renaissance carolingienne, de concevoir la chasse comme un code éthique, un art, au même titre que les arts libéraux et qui témoignent de la prolifération de réserves de chasse privées aux XIIIe et XIVe siècles ; les rituels sont bien plus que des codes fondés sur le pouvoir et la hiérarchie car ils reflètent aussi des modalités pratiques renseignant sur l’organisation matérielle et technique (entretien de l’environnement, soins apportés aux animaux destinés à être chassés) ; la littérature avec, en particulier, les deux textes du Romance of Sir Degrevant et Sir Gawain and the Green Knight. La littérature transforme la réalité vécue de la chasse en un spectacle pour l’œil tout en témoignant, par les histoires, de la réalité historique : développement des parcs et réserves privés, recours à la chasse dévastatrice comme instrument de révolte contre un pouvoir contesté. L’A. analyse particulièrement finement les problématiques de la capture et du territoire, le lien entre le rituel de la chasse et le rituel amoureux, l’aspect spectaculaire de ces deux rituels.

7 W.P.M. donne ici un ouvrage utile et complet renseignant sur les lois, les techniques, les métiers, la gestion de la forêt en ne perdant jamais de vue l’ancrage symbolique et littéraire de la chasse.

8 Martine YVERNAULT


Date de mise en ligne : 16/03/2009

https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zzp