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Compte rendu

Gabriela KOMPATSCHER GUFLER, Herbert von Clairvaux und sein Liber miraculorum. Die Kurzversion eines anonymen bayerischen Redaktors. Untersuchung, Edition und Kommentar, Berne-Berlin-Bruxelles-Francfort-New York-Oxford-Vienne, Lang, 2005 ; 1 vol. in-8°, 372 p. (Lateinische Sprache und Literatur des Mittelalters, 39). ISBN : 3-03910-480-2. Prix : € 47,70.

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  • Meyers, J.
(2008). Gabriela KOMPATSCHER GUFLER, Herbert von Clairvaux und sein Liber miraculorum. Die Kurzversion eines anonymen bayerischen Redaktors. Untersuchung, Edition und Kommentar, Berne-Berlin-Bruxelles-Francfort-New York-Oxford-Vienne, Lang, 2005 ; 1 vol. in-8°, 372 p. (Lateinische Sprache und Literatur des Mittelalters, 39). ISBN : 3-03910-480-2. Prix : € 47,70. Le Moyen Age, Tome CXIV(3), LX-LX. https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zzh.

  • Meyers, Jean.
« Gabriela KOMPATSCHER GUFLER, Herbert von Clairvaux und sein Liber miraculorum. Die Kurzversion eines anonymen bayerischen Redaktors. Untersuchung, Edition und Kommentar, Berne-Berlin-Bruxelles-Francfort-New York-Oxford-Vienne, Lang, 2005 ; 1 vol. in-8°, 372 p. (Lateinische Sprache und Literatur des Mittelalters, 39). ISBN : 3-03910-480-2. Prix : € 47,70. ». Le Moyen Age, 2008/3-4 Tome CXIV, 2008. p.LX-LX. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-3-page-LX?lang=fr.

  • MEYERS, Jean,
2008. Gabriela KOMPATSCHER GUFLER, Herbert von Clairvaux und sein Liber miraculorum. Die Kurzversion eines anonymen bayerischen Redaktors. Untersuchung, Edition und Kommentar, Berne-Berlin-Bruxelles-Francfort-New York-Oxford-Vienne, Lang, 2005 ; 1 vol. in-8°, 372 p. (Lateinische Sprache und Literatur des Mittelalters, 39). ISBN : 3-03910-480-2. Prix : € 47,70. Le Moyen Age, 2008/3-4 Tome CXIV, p.LX-LX. DOI : 10.3917/rma.143.0647zzh. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-3-page-LX?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zzh


1 Herbert de Clairvaux, troisième abbé de Mores en Champagne (1168/69-1178) et futur archevêque de Porto-Torrès en Sardaigne (1181-1198), a vécu à Clairvaux entre 1153 et 1168/69, période durant laquelle il fit son noviciat, puis entre 1178 et 1181, années pendant lesquelles il fut le secrétaire de l’abbé Henri de Clairvaux. Herbert est l’auteur d’un Liber miraculorum apud Claramvallem, mentionné à l’année 1178 dans le Chronicon Clarevallense (P.L., t. 185, col. 1249 B). Henri y raconte des miracles et des visions, des récits tirés de la vie de saint Bernard, des anecdotes moralisatrices, des apparitions de la Vierge et du diable. Mais Clairvaux n’y est pas le seul théâtre de l’action : certaines scènes ont lieu dans d’autres monastères de l’Ordre, tel Grandselve, Fontenay, Noirlac et aussi en dehors de l’Ordre et dans d’autres régions et pays, la Normandie, l’Italie et la Sardaigne, le Danemark, l’Espagne, l’Allemagne, etc. De cette œuvre dont on connaît 15 manuscrits et qui fut éditée pour la première fois par P.F. Chifflet en 1660, édition reprise par Migne dans la Patrologie (P.L., t. 185, col. 1273-1384), il existe aussi, dans deux manuscrits (Munich, BSB, Clm 6914, XIIIe s. [M2 ] et Stams, Stiftsarchiv, 6 ARC, copié vers 1300 [St]), une version courte due à un rédacteur anonyme bavarois. L’original de cette version courte se trouve dans le ms. M2 , qui provient de Fürstenfeld et a été copié à partir d’un manuscrit du XIIIe siècle, témoin de la version longue, provenant d’Aldersbach (Munich, BSB, Clm 2607 [M1 ]). C’est ce remaniement du texte long que l’A. édite et étudie ici pour donner une image précise d’un moment historique de la réception du texte. L’intérêt de ce travail tient à la spécificité de cette refonte, car l’excerpteur a non seulement laissé de côté tous les chapitres sans rapport avec l’ordre cistercien (27 au total), mais il a en outre modifié l’ordre des chapitres, organisés par thème dans la version longue d’Herbert, pour les conformer à un point de vue hiérarchique de l’Ordre : d’abord les chapitres où s’illustrent des abbés (1-10), puis ceux où apparaissent des moines (11-59), ensuite des convers (60-76) et, enfin, ceux qui sont consacrés à quelques protagonistes plus ou moins proches du milieu cistercien (77-81). On voit par là que le rédacteur a voulu donner un pur Liber visionum et miraculorum fratrum Ordinis Cysterciensis et que, comme Conrad d’Eberbach, qui n’a repris dans le Grand Exorde de Cîteaux que 80 chapitres d’Herbert, il a cherché, en limitant la matière à son Ordre, à faire œuvre de propagande en faveur d’une communauté qui était alors encore assez récente. L’introduction (p. 9-66) comprend des indications sur la vie et l’œuvre d’Herbert, ainsi que sur sa tradition manuscrite, dresse un bilan de la recherche avant d’expliquer en détail les principes de l’édition de la version courte, dont le texte reflète fidèlement, sans en modifier sauf exception l’orthographe, la version de M2 .

2 En cas de faute ou de lacune, l’É. corrige d’abord d’après son modèle M1 , puis en cas de besoin d’après d’autres manuscrits de la famille de ce même manuscrit et en dernier recours seulement d’après des manuscrits d’autres familles. Dans quelques cas enfin, l’É. fait aussi appel aux manuscrits du Magnum Exordium Cisterciense. Le texte édité repose sur deux apparats : le premier donne toutes les variantes des trois manuscrits M1, M2, St, le second isole les corrections et additions des trois copistes et celles des mains ultérieures. Ce système original a l’avantage d’alléger le premier apparat, d’autant que les corrections sont nombreuses dans M2 et St, et de concentrer ainsi l’attention sur les seules variantes éditoriales. En revanche, d’autres choix de présentation sont plus curieux : pourquoi écrire par ex. en 25,39 (p. 165) « rotantur :
rotatur M2 St / rotantur M1  » au lieu de « rotantur M1  : rotatur M2 St » ou, au même endroit § 52, « ei : fehlt in M2 St / ei M2  » au lieu tout simplement de « ei fehlt in M2 St » (surtout que l’É. écrit ibidem au § 43 : « heros fehlt in St ») ? Je comprends bien qu’il s’agit en quelque sorte de mettre d’abord en évidence les variantes de la version courte et d’isoler celles de la version longue, mais ce parti pris me semble en fait allonger considérablement et sans grand profit le premier apparat. Le texte est accompagné (p. 289-355) d’un commentaire qui donne les sources bibliques et identifie les personnages, explique le choix des leçons, éclaire certains points difficiles de syntaxe ou donne à l’occasion des traductions de mots rares ou obscurs. Le livre s’achève sur des tableaux de concordance entre les numéros de chapitres de la Patrologie et de M2 et entre ceux de M1 et M , sur une bibliographie et un index des noms de lieux et de personnes (p. 359-372). Bref, on a là une belle édition, soignée et consciencieuse, qui permettra de lire une intéressante version courte du Liber miraculorum d’Herbert, mais qui rendra aussi des services précieux à la future édition critique de la version longue que l’on attend toujours.

3 Jean MEYERS


Date de mise en ligne : 16/03/2009

https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zzh