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Compte rendu

Alan COOPER, Bridges, Law and Power in Medieval England, 700-1400, Woodbridge, Boydell, 2006 ; 1 vol., XII-185 p. ISBN : 1-84383-275-5. Prix : GBP 45 ; USD 80.

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Citer cet article


  • Lachaud, F.
(2008). Alan COOPER, Bridges, Law and Power in Medieval England, 700-1400, Woodbridge, Boydell, 2006 ; 1 vol., XII-185 p. ISBN : 1-84383-275-5. Prix : GBP 45 ; USD 80. Le Moyen Age, Tome CXIV(3), LVI-LVI. https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zzd.

  • Lachaud, Frédérique.
« Alan COOPER, Bridges, Law and Power in Medieval England, 700-1400, Woodbridge, Boydell, 2006 ; 1 vol., XII-185 p. ISBN : 1-84383-275-5. Prix : GBP 45 ; USD 80. ». Le Moyen Age, 2008/3 Tome CXIV, 2008. p.LVI-LVI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-3-page-LVI?lang=fr.

  • LACHAUD, Frédérique,
2008. Alan COOPER, Bridges, Law and Power in Medieval England, 700-1400, Woodbridge, Boydell, 2006 ; 1 vol., XII-185 p. ISBN : 1-84383-275-5. Prix : GBP 45 ; USD 80. Le Moyen Age, 2008/3 Tome CXIV, p.LVI-LVI. DOI : 10.3917/rma.143.0647zzd. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-3-page-LVI?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zzd


1 L’histoire des ponts dans l’Europe médiévale peut sembler relever uniquement de l’étude des techniques ou du commerce. On ne peut toutefois la comprendre sans faire appel à l’histoire de l’environnement : le haut Moyen Âge connut, un peu partout en Europe, une transformation significative des cours d’eau consécutive aux défrichements, à la multiplication des moulins et aux modifications des techniques agricoles, tous changements qui rendirent le système hydrographique moins diffus et qui transformèrent profondément la construction d’ouvrages comme les ponts, appelés à franchir des cours d’eau plus puissants et plus rapides. L’ouvrage d’A. Cooper sur les ponts de l’Angleterre médiévale met bien en évidence cette dimension de l’histoire des ponts. Mais il suggère également bien que l’étude de la construction des ponts et des obligations qui lui sont liées, comme de celles qui relèvent de l’entretien des ponts, est un thème privilégié pour comprendre l’étendue et le fonctionnement du pouvoir au Moyen Âge.

2 Si quelques ponts romains semblent avoir été conservés pendant le haut Moyen Âge, on ne construisit que très peu de ponts importants pendant la plus grande partie de la période anglo-saxonne : on observe néanmoins, dans les textes du VIIIe siècle, la présence d’« obligations communes » liées aux ponts. Avec virtuosité, A.C. démontre que les « trois obligations » publiques mentionnées dans les textes, et notamment celle de l’entretien des ponts, sont en fait issues de la campagne menée dans les années 740 par Boniface pour défendre les libertés de l’Église anglaise face aux pouvoirs laïques : Boniface s’inspira, pour construire une argumentation juridique convaincante, du droit romain et notamment de l’exemption des sordida munera. Dans la réalité, il fallut attendre le règne d’Alfred pour observer la mise en place d’une véritable politique de construction de ponts, aux croisements fluviaux, en association avec des bourgs fortifiés, destinée à faire face à la menace viking. Dès lors, l’idée d’une obligation publique liée à la construction et à l’entretien des ponts, obligation à laquelle personne – même le roi – ne pouvait échapper, s’imposa.

3 Ici, comme dans d’autres domaines, la Conquête introduisit une césure : peu à peu, les exemptions aux obligations communes se multiplièrent, au profit de particuliers ou d’établissements religieux, jusqu’à devenir une des manifestations majeures du patronage royal. A.C. fait de ce changement le signe d’une évolution du pouvoir royal sous les rois normands : celui-ci se plaçait désormais au-dessus des lois, et pouvait conférer des exemptions. Mais, ce faisant, il perdit une partie de ses attributs publics au profit d’une politique de la faveur. En ce qui concerne les obligations liées aux ponts, la situation à la fin du XIIe siècle était paradoxale : le royaume possédait une infrastructure importante, mais il était difficile de déterminer qui était responsable de la construction et de l’entretien des ponts. De plus, il suffisait qu’un pont fût déplacé, même au sein d’une même localité, pour voir les obligations qui lui étaient liées disparaître. Cette situation floue conduisit les autorités à se tourner vers des solutions nouvelles, comme les institutions charitables – dont certaines ont survécu jusqu’à aujourd’hui –, ou la taxation, avec le recours systématique au pontagium. L’A. estime toutefois qu’aucune solution satisfaisante ne fut véritablement trouvée au cours de la période médiévale pour faire face à la construction et à l’entretien des ponts, et qu’il fallut attendre la période moderne pour voir une politique active en la matière se mettre en place, grâce au consentement obtenu des élites en Parlement : les rois du Moyen Âge furent impuissants à régler un problème d’ampleur nationale.

4 Les ponts médiévaux ont déjà fait l’objet de plusieurs études : les travaux de N. Brooks et de D. Harrison ont retracé l’histoire générale des ponts en Angleterre pendant la période médiévale. L’originalité majeure de l’étude d’A.C. est toutefois d’avoir utilisé ce thème pour en faire une voie d’approche pour l’étude des pouvoirs.

5 Cet ouvrage court et précis constitue une contribution de premier plan à ce thème.

6 Frédérique LACHAUD


Date de mise en ligne : 16/03/2009

https://doi.org/10.3917/rma.143.0647zzd