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Compte rendu

Wendy DAVIES, Acts of Giving. Individual, Community, and Church in Tenth-Century Christian Spain, Oxford, Oxford U.P., 2007 ; 1 vol. in-8°, XVI-244 p. ISBN : 978-0-19-928340-8. Prix : GBP 55.

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Citer cet article


  • Elfassi, J.
(2008). Wendy DAVIES, Acts of Giving. Individual, Community, and Church in Tenth-Century Christian Spain, Oxford, Oxford U.P., 2007 ; 1 vol. in-8°, XVI-244 p. ISBN : 978-0-19-928340-8. Prix : GBP 55. Le Moyen Age, Tome CXIV(2), XXII-XXII. https://doi.org/10.3917/rma.142.0369v.

  • Elfassi, Jacques.
« Wendy DAVIES, Acts of Giving. Individual, Community, and Church in Tenth-Century Christian Spain, Oxford, Oxford U.P., 2007 ; 1 vol. in-8°, XVI-244 p. ISBN : 978-0-19-928340-8. Prix : GBP 55. ». Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, 2008. p.XXII-XXII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-XXII?lang=fr.

  • ELFASSI, Jacques,
2008. Wendy DAVIES, Acts of Giving. Individual, Community, and Church in Tenth-Century Christian Spain, Oxford, Oxford U.P., 2007 ; 1 vol. in-8°, XVI-244 p. ISBN : 978-0-19-928340-8. Prix : GBP 55. Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, p.XXII-XXII. DOI : 10.3917/rma.142.0369v. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-XXII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369v


1 Comme l’indique clairement son titre, ce livre étudie les actes de donation dans l’Espagne chrétienne du Xe siècle. Sont donc examinées les chartes de Galice (Celanova, Samos, Sobrado), du Léon (Léon, Sahagún et Otero de las Dueñas), de Castille (Cardeña, San Millán de la Cogolla, Valpuesta, Albelda et Arlanza), des Asturies (San Vicente de Oviedo), de Cantabrie (Santo Toribio de Liébana) et d’Aragon (San Juan de la Peña). Les chartes catalanes ne sont pas incluses dans le corpus. Quant à la période choisie, le Xe siècle, elle s’explique facilement : c’est le moment où le nombre de chartes commence à devenir important : on a conservé le témoignage de près de 1 960 transactions pendant le Xe siècle dans la zone étudiée, dont 980 sont des dons et 850 des ventes.

2 86 % des donations mentionnées dans les chartes ont été faites à des ecclésiastiques, qu’il s’agisse d’individus, d’églises ou de monastères, et environ quatre cinquièmes d’entre elles l’ont été explicitement pour de pieuses raisons. La proportion de donations pro anima ou pro remedio animae est importante, mais pas autant qu’on ne le croit généralement (42 %).

3 Les chartes reflètent aussi les stratégies des familles pour protéger leur patrimoine. Les domaines familiaux étaient divisés pour être réassemblés : les transferts de terre n’ont donc pas signifié, du moins pas encore au Xe siècle, un morcellement du patrimoine ou une perte d’indépendance. En particulier, le système de la précaire, bien attesté dans le monde franc, est inconnu dans le Nord-Ouest de l’Espagne. Par ailleurs, l’évolution la plus importante, aux grandes conséquences économiques et sociales, est l’accroissement considérable au Xe siècle des donations de paysans à l’Église.

4 Les lignes qui précèdent ont tâché de donner une idée du contenu de cet ouvrage, de sa rigueur (chaque affirmation s’appuie sur des données statistiques précises) et de son caractère méthodique (l’A. aborde systématiquement toutes les questions concernant les donations : qui ? à qui ? pourquoi ?). Un des intérêts de ce livre vient de ce que son A. n’est pas, à l’origine du moins, une spécialiste de l’Espagne (elle a longtemps travaillé sur le Pays de Galles et la Bretagne). La relative méconnaissance, de la part de nombreux médiévistes non espagnols, de la Péninsule ibérique, et en sens inverse un hispano-centrisme parfois excessif de certains historiens espagnols, ont contribué à accréditer l’idée que l’Espagne du haut Moyen Âge était, pour reprendre un célèbre slogan de l’Office du tourisme espagnol, « différente ». Par exemple, on a longtemps insisté sur les conséquences sociales de l’invasion musulmane et de la Reconquête, avec un dépeuplement puis un repeuplement des terres et l’émergence d’une société de pionniers au nord de la frontière ; or de tels phénomènes n’apparaissent pas dans les chartes étudiées par W. Davies. Dans l’ensemble, le monde espagnol tel qu’il apparaît dans ce livre ne semble pas si différent du reste de l’Europe.

5 Jacques ELFASSI


Date de mise en ligne : 14/11/2008

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369v