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Compte rendu

Béatrice LEROY, La vie en Espagne à la fin du Moyen Âge, Pau, Cairn, 2008 ; 1 vol. in-8°, 180 p. (La vie au quotidien). ISBN : 978-2-35068-114-6. Prix : € 20,00. – ID., Figures dans l’Espagne chrétienne du XIe au XVe siècle, Pau, Cairn, 2007 ; 1 vol. in-8°, 178 p. ISBN : 978-2-35068-091-0. Prix : € 18,00. – ID., De l’épée à l’écritoire. En Castille de 1300 à 1480, deux siècles de nobles écrivains, Limoges, Pulim, 2007 ; 1 vol. in-8°, 75 p. ISBN : 978-2-84287-454-4. Prix : € 12,00.

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Citer cet article


  • Cauchies, J.-M.
(2008). Béatrice LEROY, La vie en Espagne à la fin du Moyen Âge, Pau, Cairn, 2008 ; 1 vol. in-8°, 180 p. (La vie au quotidien). ISBN : 978-2-35068-114-6. Prix : € 20,00. – ID., Figures dans l’Espagne chrétienne du XIe au XVe siècle, Pau, Cairn, 2007 ; 1 vol. in-8°, 178 p. ISBN : 978-2-35068-091-0. Prix : € 18,00. – ID., De l’épée à l’écritoire. En Castille de 1300 à 1480, deux siècles de nobles écrivains, Limoges, Pulim, 2007 ; 1 vol. in-8°, 75 p. ISBN : 978-2-84287-454-4. Prix : € 12,00. Le Moyen Age, Tome CXIV(2), XV-XV. https://doi.org/10.3917/rma.142.0369o.

  • Cauchies, Jean-Marie.
« Béatrice LEROY, La vie en Espagne à la fin du Moyen Âge, Pau, Cairn, 2008 ; 1 vol. in-8°, 180 p. (La vie au quotidien). ISBN : 978-2-35068-114-6. Prix : € 20,00. – ID., Figures dans l’Espagne chrétienne du XIe au XVe siècle, Pau, Cairn, 2007 ; 1 vol. in-8°, 178 p. ISBN : 978-2-35068-091-0. Prix : € 18,00. – ID., De l’épée à l’écritoire. En Castille de 1300 à 1480, deux siècles de nobles écrivains, Limoges, Pulim, 2007 ; 1 vol. in-8°, 75 p. ISBN : 978-2-84287-454-4. Prix : € 12,00. ». Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, 2008. p.XV-XV. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-XV?lang=fr.

  • CAUCHIES, Jean-Marie,
2008. Béatrice LEROY, La vie en Espagne à la fin du Moyen Âge, Pau, Cairn, 2008 ; 1 vol. in-8°, 180 p. (La vie au quotidien). ISBN : 978-2-35068-114-6. Prix : € 20,00. – ID., Figures dans l’Espagne chrétienne du XIe au XVe siècle, Pau, Cairn, 2007 ; 1 vol. in-8°, 178 p. ISBN : 978-2-35068-091-0. Prix : € 18,00. – ID., De l’épée à l’écritoire. En Castille de 1300 à 1480, deux siècles de nobles écrivains, Limoges, Pulim, 2007 ; 1 vol. in-8°, 75 p. ISBN : 978-2-84287-454-4. Prix : € 12,00. Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, p.XV-XV. DOI : 10.3917/rma.142.0369o. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-XV?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369o


Notes

  • [1]
    Cf. son ouvrage Le « Livre des Etats » de Don Juan Manuel de Castille…, Turnhout, 2005, recensé ici-même, t. 113,2007, p. 703-704.

1 On doit à B. Leroy, professeur honoraire d’histoire médiévale à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, un certain nombre d’ouvrages en langue française consacrés au Moyen Âge espagnol. De sa plume alerte et féconde sont sortis en quelques mois trois d’entre eux, regroupés ici dans leur thématique commune. Comme le laissent entendre son titre et le nom de la collection qui l’accueille, La vie en Espagne à la fin du Moyen-Âge (avec un trait d’union mal venu qui n’est pas le fait de l’A.) propose en six chapitres – on pourrait dire tableaux – un aperçu des travaux et des jours dans la péninsule aux XIVe et XVe siècles. De l’aveu même de l’historienne, il s’agit des résultats d’une « observation » des « peuples espagnols », expression tout à fait adéquate pour une Espagne qui alors « se forme et se rassemble », de leurs « réactions » et de leurs « créations ». À la suite de pages indispensables pour le lecteur, qu’il soit on non familier de l’Ibérie médiévale, situant cadre, faits et rois (en abondance, comme on le sait, vu la pluralité de couronnes, et parfois homonymes), voici les champs successivement balayés : campagnes, villes, aristocratie, foi(s), guerre. Le texte est entrelardé d’extraits de sources écrites soigneusement traduits en français, aérant l’exposé sans en rompre le fil. Pas de notes de bas de page, mais une bibliographie d’une dizaine de pages clôture le tout. Les grandes marques imprimées par l’histoire durant les deux siècles cernés sont clairement établies : cohabitation religieuse et culturelle permanente à l’intérieur – ce que l’A. dénomme ailleurs une « palette culturelle méditerranéenne » –, pas toujours pacifique certes, et mouvement d’expansion maritime annonçant la grande aventure post-colombienne. L’approche du livre rappelle à juste titre, par ses préoccupations structurelles, que le passé médiéval espagnol n’est pas seulement axé sur une reconquista, aventure militaire et religieuse créatrice de royaumes, mais aussi sur une repoblación, renouveau démographique, économique et social. Particulièrement attentive à la rédaction d’écrits politiques  [1], B.L., à côté de l’histoire matérielle qui « fait » le quotidien des gens, ne perd jamais de vue les œuvres de l’esprit, littérature, science, médecine, même si aucun intitulé de chapitre ne le laisse explicitement apparaître.

2 Il est un mot dont l’historienne use volontiers çà et là dans ses tableaux : celui de « silhouettes ». C’est par un tel biais qu’elle aborde une période cette fois plus vaste dans Figures dans l’Espagne chrétienne du XIe au XVe siècle, galerie sélective de portraits, quatre individus de haut vol, cinq collectivités d’une ampleur inégale, les uns et les autres justifiés par leur place d’acteurs déterminants dans la vie politique, sociale, intellectuelle, et représentatifs d’une ou de plusieurs de ces facettes dans l’espace ibérique. D’une part, ce sont : Rodrigo Díaz de Bivar, dit le Cid († 1099), modèle du chevalier, au service de causes bien changeantes ; Jacques Ier d’Aragon († 1276), roi (re)conquérant sur la façade et au milieu des eaux méditerranéennes ; Alphonse X de Castille († 1284), roi réputé sage et lettré, soldat par la force des choses mais avant tout législateur ; don Juan Manuel († 1348), écrivain fécond, à l’œuvre éclectique et didactique. D’autre part, défilent sous les yeux du lecteur : société curiale navarraise après 1350, avec ses particularités dues à l’origine française de ses maîtres ; population des nombreuses villes que compte traditionnellement l’Espagne, ses sources privilégiées de richesses, la mer, le textile, et ses réseaux de pouvoir urbain ; communautés juives dans leur culte et leurs usages, les services qu’ils rendent au négoce et à la finance et les mesures d’intégration par conversion et/ou de rejet dont ils sont l’objet ; maures, bien sûr, que leur foi ne marginalise pas systématiquement mais dont l’impact intellectuel va décroissant, dans le flux de la Reconquista et de la « fuite des cerveaux » qu’elle engendre ; gens d’Église enfin, séculiers et réguliers, dans toutes les couches de la société, avec une attention particulière pour une spécificité espagnole, le poids des ordres de moines-soldats, depuis le XIIe siècle. Comme dans La vie en Espagne, on a préféré alléger la publication en se dispensant de notes mais en clôturant ici chacun des portraits de la galerie par une rubrique bibliographique « Pour en savoir plus », allant à l’essentiel. Qui doit ou veut enseigner l’histoire médiévale de l’Espagne trouvera dans ces deux livres de taille relativement modeste de nombreuses pistes, réflexions et détails propres à meubler des leçons bien documentées.

3 Si le sujet en est davantage circonscrit, De l’épée à l’écritoire recourt à une technique déjà éprouvée. Un nombre sensiblement élevé de pages y livrent des extraits traduits. Il est vrai que l’objectif en est de présenter au lecteur trois figures – une fois encore – de nobles à la fois soldats et écrivains, un secteur de recherche, on l’a souligné plus haut, cher à B.L. : des traités et correspondances politiques, indissociables aussi d’un travail historiographique. On y découvre pour l’essentiel une éthique nobiliaire servant la cause de la souveraineté monarchique, mais sans aduler et en sachant réprimander, appoint précieux entre tous pour des constructeurs d’États confrontés à mille et un particularismes. Les témoins choisis sont, derechef, Juan Manuel (1282-1348), prince castillan de sang royal, Pero López de Ayala (1332-1407), diplomate et grand chancelier de Castille, et Diego de Valera (1412-1488), fils de médecin juif converso, juriste mais aussi maître des cérémonies de la cour castillane. Ce ne sont certes pas des inconnus et leurs œuvres sont éditées : le « sang neuf » consiste ici à les présenter en parallèle et à dégager mieux ce qui leur est commun, une forme de « mission » représentative du milieu dont ils sont issus dans son expression politique. Une phrase de Juan Manuel (Livre des États) résume bien ce qu’ils attendent du roi, tête du corps qu’est le royaume (cité p. 19) : « Le plus certain est de rester dans la volonté et la grâce de Dieu, avec le bon jugement, le grand courage et le discernement de ce qu’il faut accomplir »…

4 Jean-Marie CAUCHIES


Date de mise en ligne : 14/11/2008

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369o