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Compte rendu

Florence PLET-NICOLAS, La création du monde. Les noms propres dans le roman de Tristan en prose , Paris, Champion, 2007 ; 1 vol. in-8°, 511 p. (Nouvelle Bibliothèque du Moyen Âge, 84). ISBN : 978-2-7453-1569-4. Prix : € 80,00.

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  • Ferlampin-Acher, C.
(2008). Florence PLET-NICOLAS, La création du monde. Les noms propres dans le roman de Tristan en prose , Paris, Champion, 2007 ; 1 vol. in-8°, 511 p. (Nouvelle Bibliothèque du Moyen Âge, 84). ISBN : 978-2-7453-1569-4. Prix : € 80,00. Le Moyen Age, Tome CXIV(2), VII-VII. https://doi.org/10.3917/rma.142.0369g.

  • Ferlampin-Acher, Christine.
« Florence PLET-NICOLAS, La création du monde. Les noms propres dans le roman de Tristan en prose , Paris, Champion, 2007 ; 1 vol. in-8°, 511 p. (Nouvelle Bibliothèque du Moyen Âge, 84). ISBN : 978-2-7453-1569-4. Prix : € 80,00. ». Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, 2008. p.VII-VII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-VII?lang=fr.

  • FERLAMPIN-ACHER, Christine,
2008. Florence PLET-NICOLAS, La création du monde. Les noms propres dans le roman de Tristan en prose , Paris, Champion, 2007 ; 1 vol. in-8°, 511 p. (Nouvelle Bibliothèque du Moyen Âge, 84). ISBN : 978-2-7453-1569-4. Prix : € 80,00. Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, p.VII-VII. DOI : 10.3917/rma.142.0369g. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-VII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369g


1 Florence Plet propose une étude riche et détaillée de la poétique du nom propre dans le Tristan en prose, qu’il s’agisse des anthroponymes ou des toponymes. Dans cet ouvrage au style alerte, personnel, l’A. présente d’abord une approche linguistique générale du nom propre avant de définir les spécificités du nom romanesque et arthurien. Dans une deuxième partie, la quête du nom permet d’étudier la ritualisation des dialogues, les coutumes et le savoir-vivre, les enquêtes, les méconnaissances et les reconnaissances, l’incognito jouant un rôle spécifique et essentiel dans le Tristan en prose. Après cette analyse des demandes d’identité, est examiné le déchiffrage du nom (les anthroponymes comme marqueurs de relations et de positions dans la société arthurienne, les toponymes balisant à la fois le temps et l’espace) : c’est peut-être là la partie la plus nouvelle de l’ouvrage. Dans une dernière partie, l’A. réfléchit au pouvoir des noms, qui agissent sur le monde. On trouvera dans ce livre des remarques particulièrement éclairantes sur le passage de la périphrase au nom propre, sur le déchiffrage du nom, les jeux sur les formules, les arborescences lignagères, l’archaïsme onomastique du Tristan en prose (par rapport aux pratiques contemporaines), les fausses étymologies, la réticence du Tristan en prose à user de l’antiphrase dans le nom (p. 382), le problème du libre arbitre (en relation avec le déterminisme du nom p. 404), les gloses aventureuses (p. 427 s). Des commentaires intéressants sur le nom de l’abbaye de Gaunes (p. 366), l’Île Saint-Samson (p. 360), la « sensibilité de Ségurades aux questions onomastiques » (p. 407), le Castel Marin (p. 456 s.) sont proposés. Des bilans très clairs rythment l’ouvrage.

2 D’une lecture stimulante, ce livre ne peut manquer, vu l’ampleur du sujet, de laisser quelques points dans l’ombre. On aurait par exemple aimé trouver plus d’informations, dans le développement consacré à la famille, sur les ancêtres de Tristan, dont les noms ne sont pas sans poser de problèmes. Certains points auraient pu être approfondis, en particulier le passage d’un nom d’une œuvre à l’autre. Par ailleurs, l’étude de F.P. suggérant travailler le pouvoir suggestif du nom, certains noms pourraient être étudiés de plus près : par exemple, celui du géant Taulas (p. 432-435) me paraît inviter à une exploration plus approfondie de son sémantisme, qui renvoie au rapt mais peut-être aussi à l’animalité : Taulas (que l’on trouve dans Jaufré) évoque l’ancien provençal « porcherie », et donc l’animalité, ce qui explique peut-être le bon accueil que lui font les bergers. Néanmoins les microanalyses de ce type auraient risqué de morceler inutilement l’étude, sans compter qu’elles restent très aventureuses : néanmoins, il est certain qu’une telle étude engage à ce type de réflexion.

3 On notera enfin que cet ouvrage prend en compte essentiellement l’édition dirigée par P. Ménard chez Droz et donnant la version du manuscrit de Vienne 2542. L’édition, aujourd’hui complète, de la version I, parue chez Champion, n’était pas disponible quand ce travail fut entrepris. Une comparaison de l’onomastique dans les deux versions, ou entre plusieurs manuscrits d’une même version serait intéressante. Le nom, quand il ne s’inscrit pas dans une tradition immédiatement reconnaissable par le copiste lecteur, est en effet sujet à des modifications plus importantes peut-être que les autres mots. Une étude serait à faire sur la façon dont les noms rares, inédits, nouveaux, ont été traités dans plusieurs manuscrits : on pourrait ainsi voir comment à partir du non-sens les copistes réussissent ou non à retrouver la cohérence première ou bien en reconstruisent une autre. Le nom propre est certainement un champ privilégié pour étudier la variance, non seulement entre manuscrits, mais aussi à l’intérieur d’un manuscrit donné : rappelons par exemple que le manuscrit de Vienne 2542 hésite entre Helain, Helayn, et Elayn, ou bien encore entre Habé et Habel, les variations semblant d’autant plus fréquentes que le personnage n’est pas de premier plan.

4 Christine FERLAMPIN-ACHER


Date de mise en ligne : 14/11/2008

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369g