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Compte rendu

Lexiques scientifiques et techniques. Constitution et approche historique, sous la dir. d’Olivier BERTRAND, Hiltrud GERNER et Béatrice STUMPF, Palaiseau, Éd. de l’École polytechnique, 2007 ; 1 vol. in-8°, 270 p. (Langues et Cultures). ISBN : 978-2-7302-1397-4. Prix : € 29,00.

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  • Silvi, C.
(2008). Lexiques scientifiques et techniques. Constitution et approche historique, sous la dir. d’Olivier BERTRAND, Hiltrud GERNER et Béatrice STUMPF, Palaiseau, Éd. de l’École polytechnique, 2007 ; 1 vol. in-8°, 270 p. (Langues et Cultures). ISBN : 978-2-7302-1397-4. Prix : € 29,00. Le Moyen Age, Tome CXIV(2), LIV-LIV. https://doi.org/10.3917/rma.142.0369zzb.

  • Silvi, Christine.
« Lexiques scientifiques et techniques. Constitution et approche historique, sous la dir. d’Olivier BERTRAND, Hiltrud GERNER et Béatrice STUMPF, Palaiseau, Éd. de l’École polytechnique, 2007 ; 1 vol. in-8°, 270 p. (Langues et Cultures). ISBN : 978-2-7302-1397-4. Prix : € 29,00. ». Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, 2008. p.LIV-LIV. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-LIV?lang=fr.

  • SILVI, Christine,
2008. Lexiques scientifiques et techniques. Constitution et approche historique, sous la dir. d’Olivier BERTRAND, Hiltrud GERNER et Béatrice STUMPF, Palaiseau, Éd. de l’École polytechnique, 2007 ; 1 vol. in-8°, 270 p. (Langues et Cultures). ISBN : 978-2-7302-1397-4. Prix : € 29,00. Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, p.LIV-LIV. DOI : 10.3917/rma.142.0369zzb. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-LIV?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369zzb


1 Réunissant dix sept contributions centrées sur la constitution des lexiques scientifiques et techniques entre 1300 et 1600, ce recueil est, disons-le d’emblée, d’une lecture extrêmement stimulante tant par les analyses lexicologiques qu’il propose que par les pistes de réflexion et de travail, et elles sont nombreuses, qu’il ouvre. En dépit d’une répartition qui semble parfois des plus aléatoires – pourquoi, par exemple, avoir séparé l’étude d’A. Smets sur les mots indiquant la maladie dans les traités de fauconnerie des autres travaux consacrés au domaine médical alors que l’un des objectifs de l’A. était justement de comparer l’emploi de ces termes en médecine humaine et en médecine vétérinaire ? –, les articles abordent sous des angles variés et par là même complémentaires quelques-uns des grands domaines attendus dans toute étude des lexiques de spécialité (médecine, botanique, mathématique, astronomie…), mais aussi, et la chose est suffisamment rare pour mériter d’être signalée et saluée, des lexiques plus marginaux comme ceux de la comptabilité ou de l’art équestre.

2 Comme le prouve le très utile et très riche index (près de 500 lexèmes y sont répertoriés), les mots étudiés sont très nombreux, sans être pour autant pléthoriques ; beaucoup le sont sur une large période, ce qui permet de saisir l’émergence du lexique savant considéré et d’en suivre la lente élaboration et la diffusion, de repérer les innovations durables et celles sans lendemain, les formes concurrentes et les glissements terminologiques. L’article de S. Bazin-Tacchella, qui analyse l’évolution des désignations des intestins et des os dans les traductions de la Chirurgia Magna de Chauliac et qui les compare à la nomenclature actuelle, est à cet égard exemplaire, tout comme celui de T. Städtler, sur la néologie chez Oresme, tout en nuances, la distinction entre néologismes occasionnels et prospectifs ne manquant pas de pertinence. La présentation des corpus sélectionnés, préalable indispensable à toute étude de ce type, est en général très soignée. Quant aux pratiques linguistiques permettant la naissance d’une langue savante et en assurant la pérennité, elles sont réévaluées en fonction des corpus retenus : c’est ainsi que S. Dörr érige l’emprunt en méthode de constitution du lexique astronomique, ou que les néologismes d’essence chrétienne sont considérés par O. Bertrand comme primordiaux dans l’émergence du vocabulaire français de la science politique.

3 Cet ouvrage a également le mérite de faire le point sur quelques-uns des grands chantiers en cours, mais aussi d’en annoncer d’autres. On pense bien évidemment au DMF - bientôt le 3 ! - pour lequel R. Martin, dans un souci constant d’amélioration, suggère un nouveau balisage des domaines, d’ordre connotatif cette fois, les indicateurs retenus visant une communauté effective et non plus un champ sémantique. Autre réflexion sur le traitement des mots scientifiques et techniques, celle menée par I. Vedrenne-Fajolles qui, à partir d’un corpus (pseudo-)hippocratique et de sa confrontation avec les données fournies par les grands outils lexicographiques (dont le Lexique de la langue scientifique, bien sûr), forcément lacunaires, conclut à la nécessité d’approfondir la recherche et propose, pour ce faire, la constitution de fiches signalétiques très complètes, certes élaborées d’abord pour le lexique médical, mais aisément transposables à toute langue de spécialité. Enfin, je signalerai la future base de données pour l’étude du langage mathématique médiéval, le Lexicon Algorismi, projet manifestement en très bonne voie si l’on se réfère aux images d’écran (malheureusement bien peu lisibles et donc difficilement exploitables) reproduites dans l’article de S. Toniato. Certains écueils n’ont cependant pas toujours été évités : la tentation des premières attestations notamment, à laquelle les auteurs succombent parfois un peu trop vite et dont certaines sont plus que douteuses (la date de 1507 par exemple, avancée pour le sens pharmaceutique de propriété qui, selon É. Buchi, se rencontre pour la première fois dans le titre d’une édition enrichie, celle de Rouen, de la traduction donnée par Corbechon du De proprietatibus rerum de Barthélemi l’Anglais, ne tient pas au regard des travaux de H. Meyer sur l’encyclopédie en vernaculaire, aucune édition ne datant de 1507, celle de Rouen étant d’ailleurs postérieure de cinq ans). Néanmoins, l’apport théorique et méthodologique est considérable, si bien que ce recueil constitue un véritable outil, et un outil de choix, tant pour le lexicologue que pour le lexicographe. Parce que l’étude des lexiques spécialisés ne saurait être dissociée de celle des savoirs, ce qu’illustrent avec brio la contribution de J. Ducos et celles de P. Selosse, l’enjeu n’était pas seulement linguistique, il était aussi épistémologique : le pari était osé, il a été gagné.

4 Christine SILVI


Date de mise en ligne : 14/11/2008

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369zzb