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Compte rendu

Gautier de Coinci. Miracles, Music, and Manuscripts, éd. Kathy M. KRAUSE et Alison STONES, Turnhout, Brepols, 2006 ; 1 vol., XX-487 p. (Medieval Texts and Cultures of Northern Europe). ISBN : 978-2-503-52060-3. Prix : € 80,00.

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Citer cet article


  • Bretel, P.
(2008). Gautier de Coinci. Miracles, Music, and Manuscripts, éd. Kathy M. KRAUSE et Alison STONES, Turnhout, Brepols, 2006 ; 1 vol., XX-487 p. (Medieval Texts and Cultures of Northern Europe). ISBN : 978-2-503-52060-3. Prix : € 80,00. Le Moyen Age, Tome CXIV(2), IX-IX. https://doi.org/10.3917/rma.142.0369i.

  • Bretel, Paul.
« Gautier de Coinci. Miracles, Music, and Manuscripts, éd. Kathy M. KRAUSE et Alison STONES, Turnhout, Brepols, 2006 ; 1 vol., XX-487 p. (Medieval Texts and Cultures of Northern Europe). ISBN : 978-2-503-52060-3. Prix : € 80,00. ». Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, 2008. p.IX-IX. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-IX?lang=fr.

  • BRETEL, Paul,
2008. Gautier de Coinci. Miracles, Music, and Manuscripts, éd. Kathy M. KRAUSE et Alison STONES, Turnhout, Brepols, 2006 ; 1 vol., XX-487 p. (Medieval Texts and Cultures of Northern Europe). ISBN : 978-2-503-52060-3. Prix : € 80,00. Le Moyen Age, 2008/2 Tome CXIV, p.IX-IX. DOI : 10.3917/rma.142.0369i. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2008-2-page-IX?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369i


1 L’introduction du recueil rappelle les acquis des recherches antérieures sur Gautier de Coinci, dégage l’originalité d’une œuvre qui combine les récits de miracles et les chansons pieuses, et met en perspective les Miracles de Notre Dame des points de vue historique, religieux et artistique (A. Butterfield).

2 L’ouvrage se divise ensuite en quatre parties bien équilibrées, suivies de six appendices portant essentiellement sur la tradition manuscrite et sur l’étude des groupes de manuscrits présentant des traits communs. Le lecteur trouvera aussi en fin de volume une très riche bibliographie.

3 Les trois contributions de la première partie (Manuscripts) étudient successivement le contenu des manuscrits comportant les Miracles de Notre Dame pour montrer la connexion entre l’œuvre du prieur de Vic-sur-Aisne et cinq poèmes mariaux (O. Collet) ; pour identifier, dans le texte aussi bien que dans l’iconographie, la figure du poète, qui apparaît fondée sur trois modèles principaux : saint Ildefonse, David le Psalmiste et le ménestrel (K.A. Duys) ; pour dégager le contexte artistique de certains mss enluminés, avec en particulier une très intéressante analyse d’enluminures illustrant le miracle I.20, Abbesse Grosse, texte qui a retenu l’attention de plusieurs auteurs (A. Stones).

4 La seconde partie (Words and Music) comprend cinq contributions dont deux sur la figure de « l’annominatio », véritable « marque de fabrique » de Gautier de Coinci (même si elle se retrouve dans d’autres recueils du XIIIe siècle, et en particulier chez Rutebeuf) : la première étude (P. Kunskmann) est une approche rigoureuse du trope dans sa mise en œuvre lexicale et syntaxique, tandis que la seconde (R. et A. Clark), plus stylistique et littéraire, dégage excellemment les fonctions d’un procédé qui « permet de fondre la signification de termes particuliers ou d’expressions en de vastes unités sonores qu’abolissent l’espace et le temps au profit d’une contemplation mystique ». Les trois autres articles de cette partie traitent très savamment de Gautier de Coinci comme compositeur (F. Billet), de l’interprétation musicale du Cycle de sainte Léocade (C. Chamiyé Couderc) et de l’histoire primitive du répons Gaude, Maria Virgo (B. Haggh).

5 Les quatre contributions regroupées ensuite sous la rubrique Figures and Types s’intéressent successivement : a) aux miracles d’accouchement, dont R. Blumenfeld-Kosinski propose une typologie avant d’étudier leur place dans les collections mariales (et de s’intéresser plus particulièrement à Abbesse Grosse) ; b) à « l’histoire poétique du péché » (« Le miracle se nourrit du pêché », p. 215), dont Y. Foehr-Janssens montre qu’elle repose sur l’intervention paradoxale au regard de la justice des hommes de Notre Dame en faveur de ceux qui se sont dévoyés ; c) au regard porté sur les femmes, innocentes ou coupables, dans plusieurs miracles, dont la très intéressante version de Impératrice de Rome (K.M. Krause) ; d) à la représentation de la vierge et à la fonction des « images » de Notre Dame dans le ms. de Soissons qui appartint à la famille royale (N. Black).

6 Le premier article de la dernière partie voit dans l’utilisation du symbole du lys et de la prière O beata intemerata, dans des contextes où l’on s’attendait à trouver la rose et l’Ave Maria, la célébration de « la crucifixion comme l’aboutissement du cycle de l’incarnation » et « l’anticipation de la dévotion à la passion, qui deviendra populaire » à la fin du siècle suivant. Les deux dernières contributions (A. Tudor et B.J. Lévy) situent les Miracles de Notre Dame d’une part par rapport à la 1re Vies des pères, avec laquelle ils ont en commun un certain nombre d’histoires miraculeuses (dont, toujours Abbesse grosse), de l’autre par rapport aux fabliaux avec lesquels ils ont en commun de nombreuses thématiques et situations, utilisées certes à des fins différentes mais qui autorisent l’A. à se demander paraphrasant J. Ribard : « Et si les miracles de Gautier n’étaient pas des contes pieux ? »

7 Remarquablement présenté et organisé ce recueil constitue, par la richesse et la diversité de ses études, une contribution fondamentale à la connaissance globale d’une œuvre majeure.

8 Paul BRETEL


Date de mise en ligne : 14/11/2008

https://doi.org/10.3917/rma.142.0369i