Concordance de l’occitan médiéval (COM 2), sous la dir. scient. de Peter T. RICKETTS, dir. techn. de Alan REED, coll. F.R.P. AKEHURST, John HATHAWAY et Cornelis VAN DER HORST, Turnhout, Brepols, 2005 ; 1 coffret contenant 1 vol., 135 p. et un CD-ROM (COM 2). ISBN : 2-503-51416-2. Prix : € 200,00 (particuliers) ou € 1 000 (institutions).
- Par Nadine Henrard
Page XXV
Citer cet article
- HENRARD, Nadine,
- Henrard, Nadine.
- Henrard, N.
https://doi.org/10.3917/rma.141.0125y
Citer cet article
- Henrard, N.
- Henrard, Nadine.
- HENRARD, Nadine,
https://doi.org/10.3917/rma.141.0125y
1 Paraît ici la deuxième partie de la Concordance de l’occitan médiéval, un projet conçu il y a plus d’une trentaine d’années et auquel P.T. Ricketts a donné une impulsion déterminante, avec l’équipe efficace rassemblée autour de lui. L’entreprise est ambitieuse puisque, rappelons-le, elle vise à encoder la totalité des productions littéraires écrites en occitan médiéval, depuis le premier texte attesté jusqu’aux œuvres de la fin du XVe siècle, de manière à permettre de retrouver dans son contexte n’importe quelle forme répertoriée. Au terme du programme, on disposera ainsi d’un outil de recherche exceptionnel, avec une gigantesque base de données d’environ sept millions de mots, témoins d’une langue alors au sommet de son prestige. La première tranche du projet (COM 1), parue en 2001, a couvert l’ensemble du corpus troubadouresque [1] ; COM 2 y ajoute les textes non lyriques en vers. La troisième phase fera la saisie des textes en prose. Si les financements suivent – et on le souhaite vraiment –, le travail devrait s’achever en 2010, avec la parution de la COM 4, qui intégrera l’apparat critique des éditions interprétatives des troubadours ; ainsi sera ramené à la surface un important stock de formes contenues dans les manuscrits qui, pour avoir été rejetées par les É. dans la varia lectio, courent le risque de passer inaperçues alors qu’elles constituent pour les études linguistiques un très précieux réservoir d’attestations de termes et de graphies. Les concepteurs précisent qu’à chaque étape de la parution de la Concordance, le CD-ROM sera cumulatif des versions précédentes, mais celui qui préférerait attendre la fin du projet pour se procurer l’ensemble en une seule fois se priverait aujourd’hui – et pour quelques années encore sans doute – d’un excellent instrument de travail, car c’est l’essentiel du corpus qui est déjà disponible.
2 La COM 2 se présente sous la forme d’un coffret contenant un CD-ROM où sont réunies une version mise à jour de la COM 1 et la COM 2 proprement dite, qui ajoute les textes non lyriques en vers. Le CD s’accompagne d’un volume bilingue constitué dans une première partie technique sur le mode d’utilisation du logiciel (en français puis en anglais) ; à sa suite, on trouve la Bibliographie, subdivisée en deux sections (Les troubadours, Textes narratifs en vers).
3 La COM 1 avait été conçue pour les utilisateurs de PC et c’est ainsi qu’elle fonctionnait de manière optimale, même s’il était possible de l’utiliser sur un Mac, moyennant quelques aménagements du système. A. Reed a cette fois œuvré pour que la COM 2 soit d’emblée compatible également avec les Mac, ce qui ne peut qu’améliorer les performances du logiciel sur ces appareils. Le livret décrit de manière très claire la procédure d’installation pour les deux types d’ordinateurs et guide aussi l’utilisateur pour une installation en réseau. Une aide en ligne a été prévue pour ceux qui rencontreraient d’éventuels problèmes.
4 Les possibilités offertes par le logiciel d’exploitation sont restées identiques Nous renvoyons pour plus de détails au compte rendu cité précédemment. Signalons toutefois que dans cette version cumulée, l’utilisateur a le choix de réaliser sa recherche isolément dans l’un ou l’autre des corpus (celui de la lyrique troubadouresque en cochant l’icône COM 1, celui des textes narratifs en sélectionnant COM 2), mais l’investigation peut aussi s’appliquer aux deux tranches réunies. Ces possibilités permettront d’explorer de manière plus précise les emplois lexicaux en fonction des genres.
5 La Bibliographie de la COM 1 a été revue et augmentée par rapport à la première version ; elle modifie des choix antérieurs ou se réfère à des éditions parues depuis 2001 ou peu avant cette date. Ainsi pour Ademar Jordan ou Arnaut de Brancaléon e.a., la publication de S. Guida [1] a remplacé les anciennes éditions données par Kolsen et Mahn ; pour Aicart, l’édition de Bertoni a cédé la place à celle qu’a fournie P. Gresti en 1999. Nouvelle référence aussi pour (P.C. 5,1) : la pièce d’Ademar de Rocaficha est mentionnée selon le texte établi par A. Varvaro dans son édition de Rigaut de Berbezilh [2] et non plus d’après Appel. Ces exemples, pris dans les quatre premières pages de la Bibliographie suffiront à montrer le degré de refonte. Les révisions touchent assez notablement la partie des poètes anonymes, dont plusieurs ont bénéficié des travaux récents de F. Carapezza, F. Gambino ou P. Ricketts, pour ne citer qu’eux. Comme en 2001, on a également saisi des éditions encore inédites, ainsi celle de M. De Conca pour les aubes (P.C. 461,3), (P.C. 461,113) et (P.C. 461 203).
6 Les textes encodés dans la COM 2 correspondent à ceux de la Deuxième liste du Répertoire d’I. Franck [3], auxquels se sont adjointes des œuvres découvertes depuis la parution du travail de Franck. Ce corpus hétéroclite groupe, outre les novas et les épaves du genre épique, les textes dramatiques et des pièces comme les sirventesensenhamens, les satires du Moine de Montaudon ou de Peire Cardenal, ou encore des saluts d’amour et des prières… Le titre choisi pour la deuxième tranche de la COM (Les textes narratifs en vers) s’ajuste donc mal à cet ensemble et les É. auraient été mieux inspirés en conservant le titre de Franck (Poésie non lyrique). Le classement bibliographique a été opéré sur la base des sigles créés par les concepteurs pour identifier chaque texte, ce qui bouleverse quelque peu l’ordre dans lequel les œuvres étaient citées dans le Répertoire. Ainsi le Jeu de sainte Agnès, siglé JSA, apparaît à cette place dans l’ordre alphabétique et non plus sous l’entrée Agnès ; l’entrée Danse Macabre de Franck est déplacée elle aussi selon l’abréviation LDM (Légende d’un tableau sur la Danse Macabre). On recherchera les références du Mystère de saints Pierre et Paul à l’entrée MPP et non plus à Pierre et Paul. Ceci ne pose toutefois pas de problème insurmontable, d’autant que la consultation de la bibliographie se fera généralement au départ des sigles eux-mêmes, au moment d’identifier les exemples résultant d’une recherche dans la base. Signalons que la siglaison de la COM n’est pas alignée sur celle du DOM et qu’elle utilise une logique propre (trois lettres significatives du titre, au besoin suivies d’un chiffre pour distinguer les versions). On pourra le regretter, mais on a affaire ici à des références très économiques commandées par le système et par un souci de lisibilité de l’affichage. Comme pour la COM 1, on a eu recours à des éditions toutes récentes (telles celles de Blandin de Cornouailles par S. Galano ou de Jaufre par C. Lee,), voire encore inédites comme celle du Jutgamen general que va republier M. Lazar. Certains choix pourraient peut-être être discutés, mais l’on a globalement agi avec discernement et priorité n’a pas été systématiquement donnée à la nouveauté : pour la Passion Didot, on a évidemment bien fait de préférer le texte de W. Shepard à l’édition qu’a commise A. MacDonald. Enfin, il n’est pas inutile de préciser que l’encodage a pris en compte les passages en prose que contiennent certains des textes (comme les titres de chapitre ou les didascalies pour les pièces de théâtre…).
7 On se réjouit donc que paraissent les deux dernières tranches de ce précieux outil de recherche.
8 Nadine HENRARD