GRÉGOIRE LE GRAND, Homélies sur l’Évangile , 1. Homélies I-XX , éd., introd. et notes par Raymond ÉTAIX †, Charles MOREL † et Bruno JUDIC, Paris, Cerf, 2005; 1 vol. in-8°, 482 p. (Sources Chrétiennes, 485). ISBN : 2-204-07691-0. Prix : € 41,00.
- Par Pierre Toubert
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- TOUBERT, Pierre,
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1 Comme c’est assez souvent le cas dans la collection des Sources Chrétiennes, le présent volume est le fruit d’une collaboration ou plutôt, en l’espèce, d’un relais assuré par plusieurs érudits. Au point de départ se situe l’action d’un maître qui enseigna à l’Institut Catholique de Lyon de 1938 à 1956 puis à la Faculté de Théologie de Strasbourg de 1965 à 1983, le chanoine A. Chavasse, récemment disparu (1909-2005). C’est à un de ses élèves les plus « ouvrageux », le P. R. Étaix, que le professeur de Strasbourg confia le soin de procurer une édition critique des quarante Homélies sur l’Évangile de Grégoire le Grand. La tâche était difficile, compte tenu de l’extrême richesse de la tradition manuscrite de ces Homélies. Le P. Etaix († 2004), profond connaisseur de l’homilétique latine, s’acquitta à merveille du travail qui aboutit à l’édition critique qu’il donna en 1999 au C.C.L. (t. 141). C’est naturellement cette édition critique qui est ici reprise, accompagnée d’une traduction du P. Ch. Morel († 2002), auquel on doit d’autre part l’édition dans la même collection (327 et 360) des Homélies sur Ézéchiel de Grégoire le Grand. C’est à Br. Judic, professeur à l’Université de Tours, qu’il est revenu de parachever l’entreprise en dotant le présent volume d’une substantielle introduction (p. 9-90) et d’un appareil de notes fort efficace. Br. J., qui lui a consacré ses thèses de doctorat, est un excellent connaisseur de Grégoire le Grand et de la fortune de ses œuvres tout au long du Moyen Âge. Il était donc tout désigné, après avoir collaboré à l’édition de la Regula pastoralis, pour parfaire le travail des PP. Étaix et Morel. L’introduction met comme il se doit l’accent sur « la parole de prédicateur » de son auteur et sur l’influence exercée par les Homélies sur l’Évangile, attestée dès la fin du VIe siècle par la compilation grégorienne connue sous le nom de Lettre apologétique à Jean de Ravenne et très marquée aux VIIIe -IXe siècles chez Bède et les protagonistes de la « carolingienne », d’Alcuin à Hincmar de Reims. Quelques pages originales (p. 83-88) sont consacrées à la longue survie de nos Homélies après le IXe siècle et jusque dans les recueils d’exempla du XIIIe siècle. L’annotation est efficace, avons-nous dit : entendons par là que, sans devenir jamais envahissante, elle éclaire avec bonheur les points sur lesquels il s’imposait de renvoyer à une bibliographie particulière où sont présents les travaux les plus récents. J’en donnerai à titre d’exemple – et de modèle d’efficacité – l’annotation des p.19-21 sur le contexte historique et sur la « peste justinienne » où sont citées les publications étrangères les plus pertinentes et décisives, parfois difficiles à se procurer et ignorées de ceux de nos médiévistes qui n’hésitent pas à mettre en doute la réalité même de cette série récurrente de pandémies pesteuses qui constitue la toile de fond de l’époque.
2 Ce volume édite les vingt premières homélies, toutes datables entre novembre 590 et la Noël 591. On attend avec confiance la publication du second volume de cette excellente entreprise. Les vingt dernières homélies y seront accompagnées de la série d’index cumulatifs qui s’impose.
3 Pierre TOUBERT