Paolo PIRILLO, Forme e strutture del popolameno nel contado fiorentino, t. 1, Gli insediamenti nell’organizzazione dei populi (prima metà del XIV secolo), Florence, Leo S. Olschki, 2005 ; 2 vol. in-8°, X-727 p. (Cultura e Memoria, 27). ISBN : 88-222-5380-9. Prix : € 68,00.
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- DE LA RONCIÈRE, Charles M.,
- De La Roncière, Charles M..
- De La Roncière, C.-M.
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1 Expert chevronné en matière de géographie historique, P. Pirillo rassemble ses sources dans les archives en liaison étroite avec les archéologues de terrain. On lui doit de nombreuses publications d’histoire locale pensées et rédigées en collaboration avec leurs équipes. La richesse en la matière des registres notariés, où tant de transactions foncières sont consignées, lui a suggéré l’idée de constituer sur cette base des « Archives historiques de l’habitat (insediamento) en territoire florentin », où seraient enregistrées par tranches chronologiques tous les témoignages documentaires concernant cet habitat, des cartes accompagnant chaque tranche. De ce projet de longue haleine, mis en route il y a 20 ans, les deux tomes du présent ouvrage publient les premiers résultats, qu’ils ciblent sur la première moitié du XIVe s. Les structures fortifiées dudit territoire auront droit à un ouvrage particulier, sur une tranche chronologique un peu plus étendue (1300-1375). Viendra enfin à la lumière le résultat de l’enquête, monumentale à tous égards, menée sur le cadastre de 1427, joyau des archives florentines.
2 Une entreprise de ce genre exige des soutiens institutionnels et financiers, et de rigoureuses règles de dépouillement et de classement, sur lesquels l’A. s’explique, mais d’abord un travail acharné, puisque sont réunies dans ces 727 pages les informations extraites de plus de 400 registres notariés, eux-mêmes complétés par une dizaine de sources annexes, avant tout les chartes (pergamene) rédigées pendant ces mêmes 50 ans. Les notices qui condensent ces informations sont regroupées par pivieri (circonscriptions baptismales), et, dans ce cadre, distribuées et classées chronologiquement villages par villages (popoli), puis toponymes par toponymes (luoghi detti). Très brèves et réduites à l’essentiel : ces notices sont ciblées sur l’habitat. Au village de Careggi (piviere Santo Stefano in Pane) pour prendre un exemple, on repère 25 lieux-dits, ou sont dispersés 76 points habités, avec chacun sa notice. La première de celles ci est ainsi libellée « Bonzolino (lieu-dit); 1337, gennaio, un podere con una casa ». Confins, propriétaires, objet du contrat en ont été éliminés : l’attestation et la localisation de l’habitat sont seules nécessaires pour établir la carte. Cette simplification conduit à une incertitude : plusieurs mentions de poderi anonymes égrenées au même lieu-dit, au fil du demi-siècle, peuvent s’appliquer à autant d’exploitations distinctes comme à autant de fois la même ; la référence sera donc nécessairement le lieu-dit, déclaré habité ou pas, de manière binaire, sans référence à la densité. D’autre part, la distribution inégale du notariat rural avantage certains villages et en pénalise d’autres : 76 notices pour Careggi, pas une seule pour des popoli de montagne. On touche ici du doigt les aléas du travail des médiévistes.
3 Un inventaire comme celui ci n’en offre pas moins en contrepartie, avec d’inévitables blancs, un matériau inespéré pour une foule d’enquêtes : nature, situation et dispersion de l’habitat, diffusion de l’appoderamento, comptage et site des moulins, des fours, des pressoirs, des maisons de maître, etc. En évoquant toutes ces perspectives, l’A. pense aux historiens, aux archéologues, aux étudiants, au travail desquels s’ouvrira un domaine de recherche magnifique. Mais il espère aussi y intéresser tous les responsables locaux et régionaux, qui, dans leurs missions concernant les routes, l’urbanisme, le patrimoine, l’aménagement du territoire etc. trouveront matière à réflexion face à l’affleurement contemporain de ces vagues de constructions anciennes successives, et intégreront ces données dans leurs décisions. Espoir raisonnable, car 80 pages d’index, en offrant plusieurs types d’entrée, donnent à ce superbe répertoire toute sa portée heuristique, en attendant la cartographie promise.
4 Charles M. DE LA RONCIÈRE