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Compte rendu

Le Conte du Papegau, éd. bil., trad. et notes par Hélène CHARPENTIER et Patricia VICTORIN, Paris, Champion, 2004 ; 1 vol., 303 p. (Champion Classiques, Série MoyenÂge, 11). ISBN : 2-7453-1026-7. Prix : € 12,00.

Page XLVI

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  • Laborderie, N.
(2006). Le Conte du Papegau, éd. bil., trad. et notes par Hélène CHARPENTIER et Patricia VICTORIN, Paris, Champion, 2004 ; 1 vol., 303 p. (Champion Classiques, Série MoyenÂge, 11). ISBN : 2-7453-1026-7. Prix : € 12,00. Le Moyen Age, Tome CXII(1), XLVI-XLVI. https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2006-1-page-XLVI?lang=fr.

  • Laborderie, Noëlle.
« Le Conte du Papegau, éd. bil., trad. et notes par Hélène CHARPENTIER et Patricia VICTORIN, Paris, Champion, 2004 ; 1 vol., 303 p. (Champion Classiques, Série MoyenÂge, 11). ISBN : 2-7453-1026-7. Prix : € 12,00. ». Le Moyen Age, 2006/1 Tome CXII, 2006. p.XLVI-XLVI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2006-1-page-XLVI?lang=fr.

  • LABORDERIE, Noëlle,
2006. Le Conte du Papegau, éd. bil., trad. et notes par Hélène CHARPENTIER et Patricia VICTORIN, Paris, Champion, 2004 ; 1 vol., 303 p. (Champion Classiques, Série MoyenÂge, 11). ISBN : 2-7453-1026-7. Prix : € 12,00. Le Moyen Age, 2006/1 Tome CXII, p.XLVI-XLVI. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2006-1-page-XLVI?lang=fr.

1 Sous un autre titre, cette édition fait suite avec bonheur à l’édition de F. Heuckenkamp, Le chevalier du papegau, Halle, 1896 ; à la traduction anglaise de Th. Vesce, The knight of the parrot, New York, 1986; et à la traduction de D. Régnier-Bolher, Le chevalier au papegau dans La légende arthurienne, le graal et la table ronde, sous la direction de D. Régnier-Bolher, Paris, 1989, p. 1079-1162.

2 Ce roman arthurien du XVe s. est contenu dans un seul manuscrit, B.N.F., fr. 2154 (début du XVe s.), et il n’a laissé aucune trace dans les imprimés du XVIe s. Le conte du papegau est le titre qui figure sur la première feuille du ms. et dans l’explicit. Le titre choisi par le premier éditeur et par les deux traducteurs évoque Le chevalier de la charrette et Le chevalier au lion de Chrétien de Troyes. Ce récit des « enfances » du roi Arthur, qui apparaît bien après le reste de la « geste » – comme il est fréquent – situe son action sur une année, de la Pentecôte où est couronné le roi Arthur à Camaalot à la Pentecôte suivante où il retrouve la cour à Windsor. La plus grande partie du conte relate les aventures et exploits du roi qui veut faire ses preuves comme tout nouveau chevalier. C’est l’une de ses aventures qui lui permet de prendre le nom de Chevalier du papegau. Le récit de son retour donne lieu à une dernière partie (73-82) tout à fait différente où le roi est à peu près passif. En effet, une navigation merveilleuse le jette sur une île inconnue où il découvre un vieux nain et son fils, un géant, qui ont été nourris par une licorne. Il les ramène ainsi que la licorne à Windsor où il fait baptiser et armer chevalier le géant.

3 Ce récit animé, riche en péripéties et en « merveilles », est émaillé de sentences disposées en triades (27,19; 35,11; 55,6; 69,13), de clins d’œil aux romans de Chrétien de Troyes : ainsi, le papegau est le prix d’un concours de beauté comme l’épervier d’Erec et Enide; ainsi Arthur, lié par un « don contraignant », doit soutenir un tournoi « au pis » comme Lancelot, mais punit ensuite la dame en la battant aussi rudement qu’on le voit dans les Fabliaux (Les Tresses) ; ailleurs, dans les dialogues de la Dame aux cheveux blonds avec le Chevalier du papegau, avec l’Amour, avec le papegau (20-22), apparaît la casuistique de l’amour courtois.

4 L’introduction de l’édition réexamine l’hypothèse du dérimage d’un récit en vers perdu pour la déclarer non pertinente faute de preuves et étudie ce que nous apprend ce conte « sur la réception de Chrétien de Troyes à la fin du Moyen Âge […], sur l’évolution des mentalités […] » et enfin sa place « dans le lignage des romans arthuriens tardifs ». Elle souligne le rôle à multiples facettes du papegau, instruit du passé et de l’avenir, héraut des exploits d’Arthur, chantre de l’amour, et en tous cas exempt de psittacisme.

5 La traduction, comme le dit P.V. dans l’introduction, tente « de restituer l’atmosphère légère du récit, aux dépens parfois d’une fidélité entière et totale à [la] syntaxe […] ». Il serait donc malvenu de dresser une liste de mots non traduits ou de regretter la coupure des phrases. Mais on peut signaler quelques inadvertances : glaive (5,81) « lance » et non « épée », espiel (10,51) non pas « épée » mais « lance » comme il est dit dans le glossaire et dans la traduction trois lignes plus loin (cf. l.60 après la première jouteilz mectent la main aux espees) ; livree a martire onteussement (17,88) non pas « mourir en martyre atrocement » mais « livrée à une mort douloureuse et honteuse », le mot martire a un sens plus large en ancien français; chassant (11,18-20) paraît être simultané de se tourna plutôt que de veist : il n’est pas question de cette position du roi précédemment, cf. 8,33 c’est le nain qui chassoit « faisait avancer » le palefroi qui porte le papegau; en l’absence du nain qui s’est enfui, le roi ici « se dirigea de ce côté […] en faisant avancer devant lui […]; il ne luy estoit mie advis que son espee touchast ne fust ne fer (10,70) » « il lui semblait que son épée ne touchait ni bois ni fer » et non « n’avait touché rien d’autre que du bois et du fer », c’est que l’écu fait partie du corps du chevalier-poisson (cf. 11,15).

6 Cette édition bilingue comble heureusement une lacune de l’édition de textes médiévaux tardifs; très documentée, elle éclaire la nature et l’environnement de ce conte tout à fait plaisant à lire.

7 Noelle LABORDERIE