Semifonte in Val d’Elsa e i centri di nuova fondazione dell’Italia medievale. Atti del convegno nazionale organizzato dal Comune di Barberino Val d’Elsa (Barberino Val d’Elsa, 12-13 ottobre 2002), sous la dir. de Paolo PIRILLO, Florence, Leo S. Olschki, 2004 ; 1 vol., XIX-349 p. (Biblioteca storica toscana, 46). ISBN : 88-222-5336-1. Prix : € 35,00.
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- DE LA RONCIÈRE, Charles M.,
- De La Roncière, Charles M..
- De La Roncière, C.-M.
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1 La destruction par Florence en 1202 de la villeneuve seigneuriale de Semifonte, récemment fondée par les comtes Alberti à 40 km au sud-ouest de la ville, reste un évènement discret pour le commun des mortels, mais elle est encore souvent évoquée dans l’histoire toscane comme symbole de l’appétit naissant du Pantagruel florentin. Avec l’accord et l’appui de la municipalité de Barberino Val d’Elsa, P. Pirillo, professeur à l’Université de Bologne, a organisé pour le huitième centenaire de l’évènement un colloque scientifique dont le présent ouvrage publie les actes. Sujet apparemment mince, mais colloque de vaste portée, grâce à l’ampleur de son horizon voulue par son organisateur, et soulignée par lui dans le titre même du recueil.
2 Une première partie esquisse en fond de tableau « le contexte italien ». Y sont successivement présentées pour les XIe -XIIIe s. les modifications d’habitat » et villeneuves de l’Italie du Centre (Romagne, Toscane) et du Nord, celles du Nord-Est, celles du Tyrol méridional et celles enfin de la Ligurie, sous les plumes respectives de F. Panero, D. Degrassi, G. Albertoni et P. Guglielmotti. La seconde partie cible l’objectif sur la Toscane et cale la chronologie sur la brève existence de Semifonte (1177-1202). A. Zorzi trace de la Toscane politique un tableau d’une impeccable précision érudite, laissant à E. Faini le soin de présenter plus rapidement Florence. Puis il incombe à D. Balestracci et à L. Fabbri d’évoquer tour à tour ce en quoi Sienne, puis Volterra ont pu être concernées par l’épisode, avant que F. Salvestrini ne resitue la guerre de Semifonte dans le cadre de la Valdelsa, vallée riche, populeuse et parcourue par la via francigena, où plusieurs puissantes familles seigneuriales (Guidi, Alberti) meublent l’échiquier politique de leurs tours, de leurs cavaliers… et de leurs villeneuves. Semifonte paraît au troisième acte. M.E. Cortese en resitue la fondation dans le contexte des autres villeneuves seigneuriales toscanes de l’époque, M.L Cecarelli Lemut en explique la genèse dans le cadre de la politique des comtes Alberti (desquels T. Lazzari présente l’implantation dans l’Apennin bolonais) tandis que P. Pirillo consacre enfin à la protoganiste, à Semifonte, la présentation longue, approfondie et neuve, les gesta en un mot, auxquels elle a droit, gesta dont l’écho survit localement à sa destruction (dans une confrérie par exemple, qui rassemble au XIVe s. encore les descendants de sa population dispersée dans les villages voisins). Le temps passant, l’histoire de la cité malheureuse vire au mythe, et L. de Angelis nous en rapporte les différents avatars, depuis l’époque granducale (XVIe -XVIIe s.) jusqu’en plein XIXe s. Les archéologues, D. Baroncelli, G.Cencetti, I. Moretti, nous entraînent pour finir sur le site désormais livré depuis huit siècles aux vignes et aux oliviers. Deux ou trois fermes, en englobant dans leurs bâtiments les vestiges de quelques tours, les ont sauvegardés. Des sources, des fontaines ont été mises au jour par les fouilleurs. On peut délimiter sur le terrain le plan des anciennes murailles. De belles églises romanes sont toujours en place dans les alentours. Une chapelle commémorative, modèle réduit du Dôme de Florence, s’élève en son centre depuis la fin du XVIe s. Il flotte partout un souvenir d’ancêtres.
3 De cet ensemble cohérent et charpenté de contributions de qualité, l’ample conclusion de J.Cl. Maire Vigueur rassemble les enseignements essentiels pour la Toscane et pour l’Italie : importance partout des fondations seigneuriales liées au « second incastellamento » (formule récurrente dans l’ouvrage) des XIIIe -XIVe s. Rôle clé des grandes voies de communication, où les nouvelles fondations s’implantent aux points stratégiques. Pluralité des motivations guidant les promoteurs : contrôler les territoires et les trafics, rassembler des hommes, si possible riches, se défendre, structurer les seigneuries, construire du monumental et du prestigieux, susciter une sphère et une atmosphère urbaines, tenir tête aux cités. De tout cela rassemblé témoigne en petit, dans la Toscane des Alberti et dans leurs domaines, l’exemple de Semifonte, exemple bref, c’est vrai, mais conforme au destin « fluide » de beaucoup de ces initiatives.
4 Charles M. DE LA RONCIÈRE