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Compte rendu

Philippe ARAGUAS, Brique et architecture dans l’Espagne médiévale (XIIe -XVe siècle), Madrid, Casa de Velázquez, 2003; 1 vol. in-8°, XX-562 p. (Bibliothèque de la Casa de Velázquez, 25). ISBN : 84-95555-53-0. Prix : € 56,00.

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  • Bernardi, P.
(2006). Philippe ARAGUAS, Brique et architecture dans l’Espagne médiévale (XIIe -XVe siècle), Madrid, Casa de Velázquez, 2003; 1 vol. in-8°, XX-562 p. (Bibliothèque de la Casa de Velázquez, 25). ISBN : 84-95555-53-0. Prix : € 56,00. Le Moyen Age, Tome CXII(1), II-II. https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2006-1-page-II?lang=fr.

  • Bernardi, Philippe.
« Philippe ARAGUAS, Brique et architecture dans l’Espagne médiévale (XIIe -XVe siècle), Madrid, Casa de Velázquez, 2003; 1 vol. in-8°, XX-562 p. (Bibliothèque de la Casa de Velázquez, 25). ISBN : 84-95555-53-0. Prix : € 56,00. ». Le Moyen Age, 2006/1 Tome CXII, 2006. p.II-II. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2006-1-page-II?lang=fr.

  • BERNARDI, Philippe,
2006. Philippe ARAGUAS, Brique et architecture dans l’Espagne médiévale (XIIe -XVe siècle), Madrid, Casa de Velázquez, 2003; 1 vol. in-8°, XX-562 p. (Bibliothèque de la Casa de Velázquez, 25). ISBN : 84-95555-53-0. Prix : € 56,00. Le Moyen Age, 2006/1 Tome CXII, p.II-II. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2006-1-page-II?lang=fr.

1 C’est, comme le laisse clairement entendre le titre de l’ouvrage, sous l’angle de l’emploi d’un matériau que Ph. Araguas nous propose, dans ce volume, d’aborder l’histoire de l’architecture médiévale espagnole. Au-delà de l’intérêt que peut présenter une étude précise sur l’emploi de la brique dans une production scientifique encore dominée par les travaux sur les techniques de construction en pierre, cette approche revêt, dans le cas de l’Espagne, un caractère particulier en raison d’une assimilation fréquente entre usage de la brique et architecture mudéjare. Cet ouvrage, loin de se cantonner, comme on aurait pu le craindre, dans un exposé technique sur les divers usages de la terre cuite, envisage en effet, de manière plus ambitieuse, l’importance prise par ce matériau dans le processus de la création architecturale, n’hésitant pas, ce faisant, à revenir sur les définitions de l’art mudéjar proposées jusque-là. L’A. se livre, dans ce volume issu de sa thèse d’État, à une tentative d’explication globale de l’emploi de la brique dans l’histoire de l’architecture espagnole. La technique y est envisagée sur un temps long allant de la fin du XIe siècle à la fin du XVe siècle et sur tout l’espace de l’Espagne actuelle, à partir de l’analyse d’un corpus de près de 550 monuments. Mais le caractère global de l’étude repose avant tout sur la diversité des disciplines convoquées pour dresser de cette pratique constructive un tableau nuancé.

2 La réflexion engagée repose pour une bonne part sur le traitement statistique des données recueillies au cours d’un dépouillement minutieux de la documentation écrite et d’une large « étude de terrain ». Ce traitement prend notamment la forme d’une cinquantaine de cartes, présentées en annexe, qui synthétisent les informations et mettent, par exemple, clairement en évidence la faiblesse du recours à la brique aux époques émirale et califale ou la lente conquête de l’Espagne par ce matériau, aux XIVe et XVe siècles. Le texte s’organise en cinq parties abondamment illustrées et suivies d’un volumineux (150 p.) ensemble d’annexes et de planches en couleur. L’étude s’ouvre sur une présentation du matériau évoquant tour à tour la fabrication, les formes et les dimensions données aux briques depuis l’époque romaine puis les problèmes de poids et de résistance, accordant une place particulière aux raisonnements techniques des hommes du Moyen Âge et revenant sur le « mythe de la légèreté ». La mise en œuvre est envisagée dans un second temps et adopte un découpage en fonction des différentes parties de l’édifice : maçonneries murales; arcs et voûtes; décor de brique. La troisième partie propose une rapide approche de l’emploi de la brique en fonction des grandes catégories stylistiques définies par l’histoire de l’art ; partant des architectures préromane et hispano-musulmane pour s’intéresser aux « roman de brique » et « roman mudéjar », puis au « gothique de brique ». Cette vision synthétique est reprise, complétée et affinée par une présentation par province (quatrième partie), beaucoup plus volumineuse et détaillée, qui donne la pleine mesure du remarquable dossier documentaire réuni. La cinquième partie porte sur les raisons de l’adoption de la brique par les hommes du Moyen Âge. L’A., après examen des conditions du milieu (facteurs géologiques, humains et économiques) – qu’il désigne comme des « choix passifs » –, en vient à formuler une série d’hypothèses relatives à des choix plus « actifs », fruits, en quelque sorte, de la volonté des commanditaires. Plus qu’une explication, c’est, on le voit, un faisceau de causes que l’A. s’applique à dégager, et qui l’amènent à s’interroger, par exemple, sur l’éventuelle influence de l’esthétique cistercienne sur l’adoption du « roman de brique », et sur la séduction exercée par les palais nasrides (dont l’Alhambra de Grenade) sur les princes chrétiens des XIVe et XVe siècles. Dressant des parallèles avec les situations observées hors d’Espagne, il pose la question d’un lien entre le développement de l’architecture de brique et l’essor des villes aux XIIe et XIIIe siècles…

3 L’ouvrage de Ph. A., original par son objet autant que par la démarche adoptée, contribue à dresser de la construction une image nuancée où la brique trouve droit de cité aux côtés de la pierre de taille, du bois ou du plâtre, même dans les réalisations monumentales. Il témoigne, enfin, de la richesse de l’architecture médiévale espagnole, encore largement méconnue en France malgré la vitalité dont fait montre la recherche dans ce domaine.

4 Philippe BERNARDI