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Érémitisme et solitude dans la première Vie des Pères

Pages 43 à 61

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  • Tudor, A.-P.
(2006). Érémitisme et solitude dans la première Vie des Pères. Le Moyen Age, Tome CXII(1), 43-61. https://doi.org/10.3917/rma.121.0043.

  • Tudor, Adrian P..
« Érémitisme et solitude dans la première Vie des Pères ». Le Moyen Age, 2006/1 Tome CXII, 2006. p.43-61. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2006-1-page-43?lang=fr.

  • TUDOR, Adrian P.,
2006. Érémitisme et solitude dans la première Vie des Pères. Le Moyen Age, 2006/1 Tome CXII, p.43-61. DOI : 10.3917/rma.121.0043. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2006-1-page-43?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.121.0043


Notes

  • [1]
    Cette étude a été présentée lors d’un colloque sur Les figures médiévales de la solitude organisé par le Collège de France (Fondation de Treilles, juin 2001). La Vie des Pères, éd. F. LECOY, rééd., t. 1, Paris, 1987, Prologue, p. 3, v. 51-68. Nous reprenons les titres donnés par G. Paris dans une note rajoutée à l’étude « classique » de la Vie des Pères d’E. SCHWAN, La Vie des anciens pères, Romania, t. 13,1884, p. 233-263 :1 Fornication imitée 2 Juitel 3 Sarrasine 4 Renieur 5 Copeaux 6 Thaïs 7 Miserere 8 Jardinier 9 Haleine 10 Fou 11 Impératrice 12 Meurtrier 13 Sacristine 14 Ave Maria 15 Queue 16 Crapaud 17 Image de Pierre 18 Baril 19 Abbesse grosse 20 Noël 21 Vision d’enfer 22 Malaquin 23 Vision de diables 24 Ermite accusé 25 Brûlure 26 Crucifix 27 Païen 28 Goliard (29 Gueule du diable) 30 Colombe 31 Sénéchal 32 Prévôt d’Aquilée 33 S. Paulin 33 Nièce 35 Ivresse 36 Rachat 37 Usurier 38 Feuille de chou 39 Demi-ami 40 Inceste 41 Image du diable 42 Merlot Deux études fondamentales : G. BORNÄS, Trois contes de la Vie des Pères, Lund, 1968 et J. CHAURAND, Fou – Dixième conte de la Vie des Pères, Genève, 1971. Voir également notre Tales of Vice and Virtue : The Old French Vie des Pères, Amsterdam–New York, 2005 et M. ZINK, Poésie et conversion au Moyen Âge, Paris, 2003, ch.8, La Vie des Pères et l’aventure du salut, p. 203-250.
  • [2]
    A. DUVAL, La Vie des Anciens Pères par un anonyme, Histoire littéraire de la France, t. 19, Paris, 1838, p. 857-858.
  • [3]
    D. LECOQ nous a récemment rappelé la lignée des moines blancs, notion sûrement importante pour notre auteur : « [Les « Pères du Désert » furent] imités dans leur quête de solitude par les moines irlandais au VIe siècle, les ermites du Xe et du XIe siècles, les prémontrés, les chartreux, les cisterciens au XIIe siècl », Place et fonction du désert dans la représentation du monde au Moyen Âge, Revue des Sciences humaines, t. 258,2000, p. 15-16.
  • [4]
    J.Ch. PAYEN, L’érémitisme dans le Moniage Guillaume : une solution aristocratique à la conversion chevaleresque, Les Chansons de geste du cycle de Guillaume d’Orange, éd. Ph. MÉNARD et J.Ch. PAYEN, t. 3, Paris, 1983, p. 193.
  • [5]
    T. 2, p. 23, v. 10751-10771. Cf. Prévôt d’Aquilée, t. 2, p. 133,135-136, v. 14128-14151,14040-14047. Il y a une certaine ironie dans le propos de Malaquin, ironie dont nous voyons le revers de la médaille dans le Prévôt d’Aquilée, puisque c’est un saint ermite, et non pas un juif ou un païen, qui dit : Legierement se puet garder / qui se fet clorre et enmurer (t. 2, p. 135, v. 14142-14143).
  • [6]
    « Dans les hagiographies du XIIIe siècle, la montagne, dans sa sauvagerie, devient le lieu de prédilection des ermites », LECOQ, Place et fonction du désert, p. 27.
  • [7]
    Dans Sénéchal, l’action se déroule « jadis » seulement, selon nous pour que l’ermite puisse intervenir tout à la fin du récit. Merlot se déroule également jadis », mais c’est là un espace temporel différent : il s’agit en effet de l’époque légendaire arthurienne.
  • [8]
    Cf. Image de pierre, t. 1, p. 276-277, v. 8543,8546 : l’ermite habite loig de Rome, en Puglia. L’ermite dans Ermite accusé termine sa vie dans une gastine (t 1, p. 184, v. 5659-6560).
  • [9]
    « On voit […] que ni la forêt ni le désert ne sont des sauvageries intégrales, ni des solitudes absolues. Ils sont les lieux de l’extrême marge où l’homme peut s’aventurer et y rencontrer d’autres hommes […] Il y a aussi dans la vie érémitique, dans l’expérience du désert, des degrés. L’ermite reste en contact avec la culture, ce qui permet d’ailleurs à l’Église d’accepter pour que l’on tienne pour un “saint homme” », J. LE GOFF, Le désert-forêt dans l’Occident médiéval, L’Imaginaire médiévale, Paris, 1985, p. 72.
  • [10]
    En uz et en costume avoient / tuit cil pere qu’i s’en aloient / au chief de l’an a une iglise / qui pres d’iluec estoit assise, / ou un de lor patrons avoit / qui chascun jor les confessoit (Fornication imitée, t. 1, p. 13, v. 313-318); et tuit li frere ki le sorent / tuit ensemble grant joie en orent (t 1, p. 13, v. 325-326) ; En hermitaige honestement / ot demoré longuement; / freres ot en sa conpaignie, / bone gens de sainte vie. / Ensemble chascun jor estoient / et de parler se deduisoit; / le jor plus de ligier passoient / quant de parole se peissoient (Sarrasine, t. 1, p. 28, v. 791-800); A toz ces freres congié prist (t 1, p. 29, v. 807); Ilueques trova maint hermite / qui menoient vië afflicte / par jeüner et par veillier / por lor chars fresles esveillier (Païen, t. 2, p. 56-57, v. 11802-11805) ; etc.
  • [11]
    Cf. Fornication imitée, t. 1, p. 12,13, v. 313-318,342-343; Sarrasine, t. 1, p. 28, 37, v. 801-805,807,1075-1080 ; Miserere, t.1, p.96, v. 2895-2898; Fou, t. 1, p. 146, v. 4457; Païen, t.2, p.57-58, v.11802-11805 ; Colombe, t.2, p.73, v.12266-12268 ; Nièce, t. 2,153-154, v. 14661-14664. Y aurait-t-il une légère critique dans Miserere de l’ermite qui ne rend visite au néophyte qu’une fois tous les six mois ? (t. 1, p. 97,98, v. 2927-2929,2971-2972). Rappelons le commentaire succinct et fort utile d’H. Leyser : « Personal solitude was not, for the new hermits, as it was for the traditional hermit, an essential characteristic of their lives but something not all found either desirable or necessary. What did matter was that the communities, founded in “forests and deserts” should be cut off and isolated from the world », Hermits and the New Monasticism, Londres, 1984, p. 20.
  • [12]
    Cf. Saint Paulin, Malaquin. L’ermite dans Abbesse grosse, ami des bêtes sauvages, paraît être complètement isolé, mais nous ne savons pas où est situé son ermitage. L. Leloir fait remarquer que « l’image des bêtes est […] ambivalente chez les Pères du Désert, car ils aiment […] présenter les moines en amitié parfaite avec les bêtes, et précisément avec celles qui, par nature, sont les plus féroces et les plus dangereuses », Le Diable chez les Pères du Désert et dans les écrits du Moyen Age, Typus, Symbol, Allegorie bei den östlichen Vätern und ihren Parallelen im Mittelalter, éd. M. SCHMIDT, coll. C.Fr. GEYER, Ratisbonne, 1982, p. 222.
  • [13]
    Cf. Miserere, t. 1, p. 92, v. 2794,2800 ; Ermite accusé, t. 1, p. 177, v. 5416-5431, 5440-5441 ; Malaquin, t. 2, p. 22, v. 10727 ; Colombe, t. 2, p. 74, v. 12276-12281. Comme le fait remarquer M. de Combarieu au sujet des ermites épiques, « la retraite n’exclut pas le service des hommes », « Ermitages » épiques (de Guillaume et de quelques autres), Les Chansons de geste du cycle de Guillaume d’Orange, t. 3, Les moniages-Guibourc. Hommage à Jean Frappier, sous la dir. de Ph. MÉNARD et de J.Ch. PAYEN, Paris, 1983, p. 158.
  • [14]
    Voir Fornication imitée et Brûlure.
  • [15]
    Cf. Fornication imitée, t. 1, p. 6, v. 88-102; Nièce, t. 2, p. 152, v. 14614-14616.
  • [16]
    Les terres des ermites dans la première Vie des Pères sont rarement stériles. Voilà peut-être encore un reflet de la réalité : ces ermites-ci arrivent facilement à cultiver tout ce dont ils ont besoin. Le test, c’est de ne pas trop en profiter.
  • [17]
    « L’érémitisme est le choix des vocations tardives », COMBARIEU, « Ermitages » épiques, p. 164; Ilueques pres ot un reclus, / qui bien avoit . C. anz et plus. / Ausi com uns oisiaz en cage / demoroit en son hermitaige, / c’onques ne s’en estoit meüz. / Si fu febles, vielz et mossuz / qu’a peine por piez se tenoit, / mes Damedeus le sostenoit / qui par tot garde ces amis (Sénéchal, t. 2, p. 103, v. 13160-13168).
  • [18]
    G. CONSTABLE, Eremitical forms of monstic life, Instituzioni monastiche e instituzioni canonicali in Occidente, 1123-1215. Atti della settima Settimana internazionale di studio (Mendola, 28 agosto-3 settembre 1977), Milan, 1980, p. 239-264; réimp. ID., Monks, Hermits and Crusaders in Medieval Europe, Aldershot, 1988, p. 241.
  • [19]
    P. BRETEL, Les Ermites et les moines dans la littérature française du Moyen Âge (1150-1250), Paris, 1995, p. 75.
  • [20]
    CONSTABLE, Eremitical forms of monastic life, p.256-258; A. VAUCHEZ, La Spiritualité du Moyen Âge occidental (VIIIe -XIIe siècles), Paris, 1975, p. 91. Cf. ZINK, Poésie et conversion, p. 205-250.
  • [21]
    Sarrasine, t. 1, p. 34, v. 1074-1077.
  • [22]
    Pour la figure du roi ermite, voir l’article d’A. SALY, Roi Hermite, Roi Ascète, Essais sur la perfection : le héros et le saint, PRIS-MA, t. 32,2000, p. 289-302.
  • [23]
    Cela dit, P. Bretel considère la tentation des ermites comme une revendication de la vie monastique : « Loin […] d’intervenir comme un argument déterminant dans la perspective d’une critique du monachisme, le motif de la tentation du moine (et même celui de sa chute, du moins quand elle n’est qu’éphémère) apparaît au contraire comme une manière de glorifier l’idéal monastique, en montrant les difficultés et les dangers qu’il comporte, Les Ermites et les moines, p. 246. Bretel cite les Vitae Patrum d’Henri d’Arci (v. 5292-5293) pour soutenir son argument : Kar chascun, quant vient primes en religiun / Soffre les assaus del deble et temptatiun (HENRI D’ARCI, Vitae Patrum. A Thirteenth-Century Anglo-Norman Rhymed Translation of the Verba Seniorum, éd. B.A. O’CONNOR, Washington, 1949, p. 153-154).
  • [24]
    C. NOLIN-BENJAMIN, La fonction charnière de l’ermite dans la quête de l’identité, Romance Quarterly, t. 39,1992, p. 387.
  • [25]
    Miserere, t. 1, p. 92, v. 2792-2800.
  • [26]
    Un exemple très clair de l’utilité du topos de l’ermite se trouve dans Usurier : un pénitent se voit obligé de passer trois jours dans un coffre rempli de serpents et d’autre vermines parce que l’ermite l’oubli : A l’ermite sovent avint / d’une costume qu’il maintint / que .ii. jors ou .iii. jeünoit / que de riens ne li sovenoit, / fors prier Deu soulement. / Cis cas li avenoit sovent. / Il versilla tant et pria / que .iii. jors entiers s’oblia, / que celui ne li sovint (Usurier, t. 2, p. 206, v. 16276-16284).
  • [27]
    NOLIN-BENJAMIN, La fonction charnière de l’ermite, p. 395-396.
  • [28]
    EPHRAÏM D’EDESSE (?), Vita Sanctae Mariae, Meretricis, Patrologie latine, éd. J.P. MIGNE, t. 73, col. 651-660 ; F. TUBACH, Index Exemplorum, Helsinki, 1981, #2561. B. Ward parle brièvement de la légende patristique dans Harlots of the Desert. A Study of Repentance in Early Monastic Sources, Kalamazoo, 1987, p. 85-101.
  • [29]
    Li saint hermite, li prodome, / cui lor bone vie renome, / les biens terrïens orent vil / et lor cors mistrent a eisil / por la mort d’enfer qu’il douterent, / ensi a force s’amaterent. / Tant servirent Deu de cuer fin / qu’il sont en la joie sanz fin / ou il ne pueent riens douter (t. 2, p. 151, v. 14590-14598).
  • [30]
    T. 2, p. 153-154,161, v. 14661-14664,14897.
  • [31]
    COMBARIEU, « Ermitages » épiques, p. 164.
  • [32]
    T. 2, p. 154, v. 14676-14679.
  • [33]
    T. 2, p. 154, v. 14682-14687.
  • [34]
    T. 2, p. 155, v. 14714-14717.
  • [35]
    Cette notion est illustrée par un conte entier (Ivresse) et par les paroles, dans Nièce, de l’oncle « client » : Bele amie, ançoiz mengerons, / emprés mengier nos coucherons, / quar bien savez qu’un ventre vuit / n’a grant solaz ne grant desduit. / Li bons vins, li bons viande / le solaz de la char demande (t 2, p. 164, v. 14992-14997).
  • [36]
    T. 2, p. 156, v. 14728-14729.
  • [37]
    T. 2, p. 157, v. 14758-14761. Pour d’autres exemples des louanges faites aux cisterciens, voir Vision de diables et Goliard.
  • [38]
    Voir par exemple Brûlure et Nièce.
  • [39]
    COMBARIEU, « Ermitages » épiques, p. 171.
  • [40]
    li fers fu depeciez / qui a force fu arrachiez (t 2, p. 161, v. 14906-14907).
  • [41]
    Meurtrier, t. 1, p. 219, v. 6768-6795.
  • [42]
    Par exemple, dans Thaïs, les murs qui entourent la pénitente ne symbolisent pas une punition mais plutôt une protection contre le monde.
  • [43]
    Cette incompatibilité est évidente dans Sarrasine : l’ermite se voit séduit non pas par des questions spirituelles mais par les actions quotidiennes – laver, chercher de l’eau – d’une femme.
  • [44]
    T. 2, p. 124, v. 13782.
  • [45]
    PAYEN, Le Motif du repentir, p. 556. À partir de ce moment l’auteur répète cette notion : cf. t.2, p.134,135,136, v. 14086,14112-14113,14124-14125,14136-14141, 14147-14151.
  • [46]
    PAYEN, Le Motif du repentir, p. 556.
  • [47]
    « Que le péché le plus troublant soit la luxure, que le plus grave soit le désespoir, que bien des clercs soient menacés par l’ivrognerie et bien des ascètes le soient par l’orgueil, tout cela va de soi », ibid., p. 533.
  • [48]
    Cf. par exemple L’Ermite et le jongleur, éd. L. KARL, La légende de l’ermite et le jongleur, Revue des Langues romanes, t. 63,1925, p. 110-141 (ménestrel); HENRI D’ARCI, Vitae Patrum, v. 4644-4689 (berger); NICOLE BOZON, La Vie de saint Panuce, éd. A.T. BAKER, Romania, t. 38,1909, p. 418-424 (ménestrel, seigneur); Le Poème moral, éd. A. BAYOT, Bruxelles, 1929, strophes 573-634 (ménestrel, seigneur, marchand) ; La Vie de saint Grégoire le Grand, éd. O. SANDQVIST, Lund, 1989 (Le pape Grégoire). Pour de plus amples détails, voir BRETEL, Les Ermites et les moines, p. 56 n. 115 et B.J. LEVY, L’Ironie des métiers ou le récit chiasmique. À propos du conte pieux de l’Ermite et du jongleur, Reinardus, t. 5,1992, p. 85-107.
  • [49]
    Par exemple, dans Haleine, Colombe et Meurtrier. Dans Fornication imitée l’un des compagnons déclare : De pechié somes perigal, / conpaignon de bien et de mal. / Mes lessons le mal ester, / ne pensons pas a desperer […] Aions en Jhesucrist fience ; / et soions en esperance / de la sainte misericorde, / et si li requerons acorde / des meffez ke fez avons / par penitence ke prendrons / et per sainte confession : einsint avrons remission (t. 1, p 11-12, v. 265-268,283-290). Dans Fou les trois clercs continuent d’être compagnons même s’ils vont habiter des lieux différents (t. 1, p. 156,157,158,159,174, v. 4766,4793,4828, 4876,5353). Qui plus est, ils meurent au même moment. Voici un exemple intéressant de l’érémitisme qui est à la fois collectif et solitaire.
  • [50]
    T. 2, p. 127, v. 13867-13869.
  • [51]
    T. 2, p. 133,134, v. 14057,14060-14061,14099-14105.
  • [52]
    Cil doient corone avoir / qui pürent fere lor talent / el monde, et il n’en font noient (t. 2, p. 136, v. 14147-14149)
  • [53]
    VAUCHEZ, La Spiritualité du Moyen Âge occidental, p. 95.
  • [54]
    CONSTABLE, Eremitical forms of monastic life, p. 249.
  • [55]
    Tout comme la vie en groupe : par exemple, on ne veut pas faire partie des communautés juives ou hérétiques, ni de ces gens qui attendent le retour d’Arthur (Renieur, t. 1, p. 41,42, v. 1198-1200,1229).
  • [56]
    « Un ermite est un pèlerin qui s’est plus ou moins fixé. Mais il s’agit toujours de la même institution de pénitence », É. DELARUELLE, Les ermites et la spiritualité populaire, L’Eremitismo in Occidente nei secoli XI et XII. Atti della Settimana di Studio, Mendola, 1962, Milan, 1965, p. 225.
  • [57]
    En un hermitaige se mist / por planter et por aluchier / toz biens, et toz mals arrachier / de lui, tant qu’il poïst renestre / et avec les bons poïst estre (Noël, t. 1, p. 326, v. 10065-10069).
  • [58]
    P. BRETEL, Des « péchés réservés » : droit canonique et pratique littéraire, Et c’est la fin pour quoy sommes ensemble. Hommage à Jean Dufournet, professeur à la Sorbonne Nouvelle : Littérature, Histoire et Langue du Moyen Âge. Études recueillies par J.Cl. AUBAILLY et AL., t. 1, Paris, 1993, p. 279
  • [59]
    Melx aim le clostre et le covent / q’onor qui passe comme vent (Goliard, t. 2, p. 70, v. 12173).
  • [60]
    Cl. H. Lawrence note qu’au XIIe siècle the Rule contended in men’s minds with those other traditions derived from the literature of the desert and the current understanding of apostolic life », Medieval Monasticism. Forms of Religious Life in Western Europe in the Middle Ages, London-New York, 1989, p. 156-157.
  • [61]
    VAUCHEZ, La Spiritualité du Moyen Âge occidental, p. 95.
  • [62]
    Pour la Règle, voir Miserere, t. 1, p. 96, v. 2895-2898 et Fou, t. 1, p. 147, v. 4483-4492. Les offices et la messe font partie de la vie de l’ermite dans la première moitié d’Haleine. Les ermites dans Fou disent la collation.
  • [63]
    C. SANTSCHI, Art. Érémitisme, Dictionnaire encyclopédique du Moyen Âge, éd. A. VAUCHEZ et C. VINCENT, t. 1, Cambridge-Paris-Rome, 1997, p. 536. P. Gehrke a noté que les ermites « met a need for non-canonical spiritual counsel in situations where the clergy were inaccessible or unacceptable », Saints and Scribes : Medieval Hagiography in its Manuscript Context, Berkeley, 1993, p. 99.
  • [64]
    Folx est qui vet querant son pis ; / bien le quiert cil qui desert / que s’ame por son pechié pert. / De jor en jor alons chaçant / les biens del monde et porchaçant / la mort d’enfer qui nos aguete / tant q’a danpnation nos mete (Inceste, t. 2, p. 229, v. 16963-16969). Mais le monde en soi n’est pas forcément méchant : pensons au rôle du diable dans des contes tels que Thaïs et Ivresse.
Français

Les pères du désert ne forment pas la matière principale de la Vie des Pères. Le texte est résolument contemporain, profondément ancrée dans le XIIIe siècle. L’érémitisme représente un idéal symbolique, la solitude un outil littéraire. Donc, même si les ermites figurent souvent au cœur de la narration, leur rôle dans la vie spirituelle des protagonistes ne reste, pour la plupart, que fonctionnel. L’auteur cherche à prêcher la confession et à souligner l’importance de la charité. Son texte parle d’un monde contemporain peuplé de personnages reconnaissables ; cet auteur « humaniste » cherche à concilier le bonheur dans le siècle et le salut spirituel : pour lui, les personnages les plus importants, les plus heureux, ne sont pas les ermites, anachorètes et reclus mais plutôt ceux qui arrivent à accomplir cette quête à la fois contradictoire et réalisable.

Mots clés

  • conte pieux
  • récit bref
  • ermite
  • confession
  • repentir

Mots-clés éditeurs : confession, conte pieux, ermite, récit bref, repentir


English

Hermits and Solitude in the first Vie des Pères.

The desert fathers are not the main subject matter of the Old French Vie des Pères. Notwithstanding its clear links with the patristic tradition, the text is resolutely contemporary, firmly rooted in the thirteenth century. Eremitism represents a symbolic ideal and solitude a literary tool. Even if hermits are often found at the centre of a narrative, their role in the spiritual life of the protagonists, or even as protagonists, is functional. The anonymous author seeks to preach confession and underline the importance of charitable works. His text tells of a contemporary world inhabited by recognisable characters; this “humanist” author seeks to reconcile happiness in the world with spiritual salvation. For him, the most important and content characters are not hermits, anchorites and recluses but rather those people who manage to accomplish what is a contradictory and yet achievable quest.

Key-words

  • pious tale
  • short narrative
  • old French literature
  • hermit
  • confession
  • repentance

Mots-clés éditeurs : confession, hermit, old French literature, pious tale, repentance, short narrative

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