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Compte rendu

Boris BOVE, Dominer la ville. Prévôts des marchands et échevins parisiens de 1260 à 1350, Paris, Éd. du CTHS, 2004; 1 vol., 720 p. (CTHS – Histoire). ISBN : 2-7355-0523-5. Prix : €36,00.

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  • Dubois, H.
(2005). Boris BOVE, Dominer la ville. Prévôts des marchands et échevins parisiens de 1260 à 1350, Paris, Éd. du CTHS, 2004; 1 vol., 720 p. (CTHS – Histoire). ISBN : 2-7355-0523-5. Prix : €36,00. Le Moyen Age, Tome CXI(2), XXVII-XXVII. https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2005-2-page-XXVII?lang=fr.

  • Dubois, Henri.
« Boris BOVE, Dominer la ville. Prévôts des marchands et échevins parisiens de 1260 à 1350, Paris, Éd. du CTHS, 2004; 1 vol., 720 p. (CTHS – Histoire). ISBN : 2-7355-0523-5. Prix : €36,00. ». Le Moyen Age, 2005/2 Tome CXI, 2005. p.XXVII-XXVII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2005-2-page-XXVII?lang=fr.

  • DUBOIS, Henri,
2005. Boris BOVE, Dominer la ville. Prévôts des marchands et échevins parisiens de 1260 à 1350, Paris, Éd. du CTHS, 2004; 1 vol., 720 p. (CTHS – Histoire). ISBN : 2-7355-0523-5. Prix : €36,00. Le Moyen Age, 2005/2 Tome CXI, p.XXVII-XXVII. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2005-2-page-XXVII?lang=fr.

1 Malgré le triste état des archives médiévales de Paris, d’où émergent heureusement les sept Livres de la taille et une œuvre littéraire, le Tournoiement des Dames de Pierre Gencien, l’A. a courageusement repris, après A. Terroine, l’étude de la frange supérieure de la population parisienne, le très petit groupe des prévôts des marchands, échevins et clercs du parloir, avant le début de la crise politique du milieu du XIVe siècle. Il a, pour ce faire, réuni quelque 8000 entrées dans sa base de données. Une première partie recense les éléments de la puissance matérielle du groupe, infime minorité des très riches des rôles d’impôt, marchands animateurs du commerce de luxe de la capitale, changeurs, riches d’immeubles, de rentes, de tenures à cens et de fiefs sis principalement en ville. Autre source de puissance, le gouvernement municipal à propos duquel est donnée une utile mise au point sur la création de l’échevinage et les liens entre le groupe échevinal et le roi. Les activités non municipales viennent conforter cette puissance, et tout particulièrement le service du roi, sous ses différentes formes civiles. La conclusion vient qu’il s’agit bien d’un « patriciat », détenant une partie du pouvoir économique et politique dans l’énorme ville que devient Paris, mais ne pouvant prétendre au contrôle effectif de la capitale, n’intervenant que sur le commerce du luxe, n’ayant qu’une emprise territoriale limitée et borné dans ses prétentions par la présence du roi et des grands corps de l’État, donc « un patriciat inachevé ». La démarche résolument anthropologique de la deuxième partie, fondée sur une conception de la culture en termes de différenciation, vise à déterminer par quels moyens, conscients ou inconscients, le groupe municipal se distingue du reste de la bourgeoisie parisienne. Parmi ces spécificités figure un système onomastique à deux noms avec patronyme d’apparition précoce et révélant un fort sentiment lignager. L’usage des armoiries apparaît déjà mûr vers 1270 dans le Tournoiement et se perfectionne au point d’aller jusqu’à l’identification des individus. La maison caractéristique du groupe ne se laisse pas aisément apercevoir, mais une intéressante tentative peut reconstituer le destin d’une « grande maison » sur une génération. À cette maison correspond un groupe familial important, accru de nombreux domestiques, et cimenté par l’expectative de l’héritage. La « culture », envisagée ici comme savoirs, de cette élite, se révèle sous deux aspects : le salut et le divertissement, ce qui amène à traiter des rapports de la bourgeoisie au sacré, à savoir des parcours ecclésiastiques et de la dévotion personnelle. Le groupe montre peu de goût pour la culture savante, et les carrières ecclésiastiques y sont médiocres. Son soin de l’au-delà favorise certaines églises parisiennes et deux monastères ruraux, et ne manque pas d’ériger des chapelles. La culture profane de ces bourgeois, révélée par leur production de documents administratifs et un certain nombre d’œuvres littéraires, indique une prédilection pour l’épopée et l’amour courtois. Les échevins sont ensuite situés dans la bourgeoisie à travers leur titulature active et passive, honorifique ou professionnelle. Sans véritable zonage, ils tendent à un certain regroupement topographique. L’existence d’un groupe de parenté des échevins est mise en évidence à travers le graphique de leurs liens. Malgré leur proximité culturelle avec la noblesse, ils ne nouent avec elle que peu d’alliances, ne joutent pas avec elle, recherchent peu l’anoblissement et le Tournoiement des Dames s’adresse à un public bourgeois. Le groupe échevinal se différencie donc bien comme bourgeois. Il est apparemment fier de l’être.

2 L’ouvrage de B. Bove se recommande par la pertinence de sa problématique, ses techniques heuristiques, la finesse de ses analyses. Il apporte beaucoup à notre connaissance du Paris médiéval et à notre compréhension de la crise du milieu du XIVe siècle qui vit bouleverser l’équilibre antérieur entre le pouvoir royal, l’échevinage et la noblesse.

3 Henri DUBOIS