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Compte rendu

Ludger KÖRNTGEN, Königsherrschaft und Gottes Gnade. Zu Kontext und Funktion sakraler Vorstellungen in Historiographie und Bildzeugnissen der ottonischfrühsalischen Zeit, Berlin, Akademie Verlag, 2001 ; 1 vol. in-8°, 540 p. (Orbis mediaevalis. Vorstellungswelten des Mittelalters, 2). ISBN : 3-05-003403-3 Prix : €64,80.

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  • Depreux, P.
(2005). Ludger KÖRNTGEN, Königsherrschaft und Gottes Gnade. Zu Kontext und Funktion sakraler Vorstellungen in Historiographie und Bildzeugnissen der ottonischfrühsalischen Zeit, Berlin, Akademie Verlag, 2001 ; 1 vol. in-8°, 540 p. (Orbis mediaevalis. Vorstellungswelten des Mittelalters, 2). ISBN : 3-05-003403-3 Prix : €64,80. Le Moyen Age, Tome CXI(2), XXIX-XXIX. https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2005-2-page-XXIX?lang=fr.

  • Depreux, Philippe.
« Ludger KÖRNTGEN, Königsherrschaft und Gottes Gnade. Zu Kontext und Funktion sakraler Vorstellungen in Historiographie und Bildzeugnissen der ottonischfrühsalischen Zeit, Berlin, Akademie Verlag, 2001 ; 1 vol. in-8°, 540 p. (Orbis mediaevalis. Vorstellungswelten des Mittelalters, 2). ISBN : 3-05-003403-3 Prix : €64,80. ». Le Moyen Age, 2005/2 Tome CXI, 2005. p.XXIX-XXIX. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2005-2-page-XXIX?lang=fr.

  • DEPREUX, Philippe,
2005. Ludger KÖRNTGEN, Königsherrschaft und Gottes Gnade. Zu Kontext und Funktion sakraler Vorstellungen in Historiographie und Bildzeugnissen der ottonischfrühsalischen Zeit, Berlin, Akademie Verlag, 2001 ; 1 vol. in-8°, 540 p. (Orbis mediaevalis. Vorstellungswelten des Mittelalters, 2). ISBN : 3-05-003403-3 Prix : €64,80. Le Moyen Age, 2005/2 Tome CXI, p.XXIX-XXIX. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2005-2-page-XXIX?lang=fr.

1 Le pouvoir, au Moyen Âge, tire sans conteste sa justification de la volonté divine : Non est potestas nisi a Deo (Rm 13,1). Est-ce à dire pour autant que le roi, établi par Dieu, exerce un pouvoir de nature sacrée ? Dans la thèse d’habilitation qu’il a soutenue en 1997/1998 devant l’Université de Tübingen, L.K. entreprend de vérifier la pertinence de l’idée, essentiellement construite a posteriori, selon laquelle il existe une « sacralité » de la royauté ottonienne et salienne, alors qu’il est désormais établi que la Querelle des Investitures n’est pas le produit d’un affrontement entre le Sacerdoce et l’Empire qui aurait d’emblée été conçu comme un combat idéologique programmé en tant que tel, mais qu’elle résulte d’une sorte de surenchère dans le retentissement accordé à divers incidents de portée restreinte et qui, additionnés les uns aux autres, constituèrent véritablement matière à controverse. Une telle étude semble d’autant plus nécessaire que les travaux récents sur la memoria montrent qu’il n’existe pas de différence qualitative entre le souvenir des membres de l’aristocratie et celui des rois et de leurs parents (on observe seulement une différence quantitative, quant au nombre des établissements chargés de ce service liturgique) et tendent ainsi à ébranler le concept même d’une « sacralité » de la royauté – une idée d’autant plus difficile à appréhender qu’il n’existe pas, pour l’époque ottonienne et salienne, de miroir du prince. C’est donc essentiellement vers l’historiographie contemporaine et l’iconographie qu’il convient de se tourner pour étudier cette question. Aussi l’A. propose-t-il une relecture de quelques textes fondamentaux et des représentations iconographiques du roi aux Xe et XIe siècles. En ce domaine, force est de reconnaître que l’interprétation des sources recèle une bonne part de subjectivité – ce qui conduit inévitablement l’A. à accorder une place importante (voire prépondérante) à la discussion des diverses théories émises sur tel ou tel détail. Il s’ensuit un ouvrage d’une grande érudition et truffé d’observations judicieuses (tel ce rappel à la prudence quand il s’agit de donner sens au déclin des représentations du souverain au tournant des XIe et XIIe siècles : c’est non pas ce genre iconographique, mais la production de manuscrits correspondant aux canons de l’époque ottonienne qui, dans son ensemble, est en crise). Toutefois, le lecteur peine à suivre l’argumentation au fil de ces quelque 450 pages de texte dense (complétées par 44 illustrations en noir et blanc) : jargon, style abscons et propos circulaire (pour ne pas dire répétition, dans les « réflexions méthodologiques » ouvrant les deux volets de cette étude, de ce qui a déjà été dit en introduction) sont autant d’obstacles à surmonter pour apprécier vraiment ce livre. On émettra également quelques réserves, d’ordre méthodologique et heuristique : il est, certes, dommage que l’étude des textes et celle des images soient menées séparément; surtout, on regrettera que l’A. n’ait retenu qu’un nombre restreint de grands classiques (aussi disparates que le sont, par exemple, l’Antapodosis de Liutprand de Crémone, les Vies de la reine Mathilde ou la Chronique de Thietmar de Mersebourg), au lieu de se livrer à un examen portant sur un choix plus grand de documents – voire sur l’ensemble des sources narratives produites entre le milieu du Xe et le milieu du XIe siècle. Il y avait là, à n’en point douter, également matière à un beau livre.

2 Philippe DEPREUX