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Compte rendu

Anne STEPHAN-CHLUSTIN, Artuswelt und Gralswelt im Bild. Studien zum Bildprogramm der illustrierten Parzival-Handschriften, Wiesbaden, Dr. L. Reichert Verlag, 2004 ; 1 vol., XI-298 p., ill. (Imagines Medii Aevi. Interdisziplinäre Beiträge zur Mittelalterforschung, 18). ISBN : 3-89500-357-3. Prix : €68,00.

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  • Bayard, F.
(2005). Anne STEPHAN-CHLUSTIN, Artuswelt und Gralswelt im Bild. Studien zum Bildprogramm der illustrierten Parzival-Handschriften, Wiesbaden, Dr. L. Reichert Verlag, 2004 ; 1 vol., XI-298 p., ill. (Imagines Medii Aevi. Interdisziplinäre Beiträge zur Mittelalterforschung, 18). ISBN : 3-89500-357-3. Prix : €68,00. Le Moyen Age, Tome CXI(2), VI-VI. https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2005-2-page-VI?lang=fr.

  • Bayard, Florence.
« Anne STEPHAN-CHLUSTIN, Artuswelt und Gralswelt im Bild. Studien zum Bildprogramm der illustrierten Parzival-Handschriften, Wiesbaden, Dr. L. Reichert Verlag, 2004 ; 1 vol., XI-298 p., ill. (Imagines Medii Aevi. Interdisziplinäre Beiträge zur Mittelalterforschung, 18). ISBN : 3-89500-357-3. Prix : €68,00. ». Le Moyen Age, 2005/2 Tome CXI, 2005. p.VI-VI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2005-2-page-VI?lang=fr.

  • BAYARD, Florence,
2005. Anne STEPHAN-CHLUSTIN, Artuswelt und Gralswelt im Bild. Studien zum Bildprogramm der illustrierten Parzival-Handschriften, Wiesbaden, Dr. L. Reichert Verlag, 2004 ; 1 vol., XI-298 p., ill. (Imagines Medii Aevi. Interdisziplinäre Beiträge zur Mittelalterforschung, 18). ISBN : 3-89500-357-3. Prix : €68,00. Le Moyen Age, 2005/2 Tome CXI, p.VI-VI. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2005-2-page-VI?lang=fr.

1 Quels sont les liens qui unissent le texte et l’image ? Voilà une question que l’on pose depuis quelques années maintenant, mais le sujet reste encore neuf et plein d’interrogations. A. Stephan-Chlustin contribue à répondre à cette question avec ce livre dans lequel elle observe la représentation iconographique du monde arthurien et du monde du Graal. Pour ce faire, elle consacre une étude détaillée, fondée sur les trois principes de Panofsky (description, analyse, interprétation), des six manuscrits illustrés du Parzival connus actuellement : le ms. G (Cgm 19) et le ms. Gk (Cgm 18) de Munich, les ms. m (Cod. Vindob. 2914, Vienne), n (Cpg. 339, Heidelberg) et o (ms. M66, Dresde) issus de l’atelier alsacien de Diebold Lauber et le ms Gx (Cod. AA91) de Berne. Chacun de ces trois groupes fait l’objet d’un chapitre où la même méthode est appliquée de façon systématique : il s’agit, d’une part, de détailler la technique de représentation, le style du dessin, le choix des couleurs, puis, d’autre part, d’expliquer comment les personnages, les animaux, l’architecture et le paysage sont figurés, d’analyser aussi la composition des images. L’A. s’intéresse ensuite aux relations texte/images, observant la fonction de l’image qui anticipe, rappelle, résume ou accompagne le texte. Elle évalue la connaissance, la réception et l’interprétation du texte qu’ont les rubricateurs et les illustrateurs, puis étudie le choix des thèmes, cherchant à donner un aperçu de la fonction des différents programmes iconographiques.

2 Chaque chapitre propose ainsi une monographie de chaque manuscrit, ce qui fait ressortir les spécificités de chaque version illustrée du Parzival. A.S.C. entreprend alors d’étudier dans un dernier chapitre le rapport existant entre ces différents programmes et met en lumière quatre types d’illustration : le bloc autonome d’images séparé du texte, l’alternance régulière entre texte et image pleine page, l’illustration placée en début de chapitre, et le mélange miniatures/pleines pages. Si elle parvient à dégager des concordances entre certains manuscrits dans la composition et les détails, elle ne peut conclure à aucune véritable tradition commune entre les différentes versions, les correspondances étant minimes.

3 Elle parvient cependant à la conclusion qu’entre les mss Cgm 19 et Cgm 18, datant du XIIIe siècle, et les mss m, n, o et AA91, du XVe siècle, une évolution apparaît clairement : la préférence, dans les images, va plus nettement aux scènes représentatives du monde courtois, quitte à transformer volontairement la matière narrative pour la rendre plus « courtoise ». Les événements s’écartant de cet art de vivre sont euphémisés, les aventures « exotiques », comportant des aspects cruels ou peu civilisés sont omis, ce qui tend à montrer que le programme iconographique cherche à traduire en images une vision positive d’un certain groupe social et de ses rituels, ce qui induit aussi une certaine mise en scène, une théâtralisation qui atténue le caractère épique du récit ainsi que les données éthiques ou religieuses liées au Graal.

4 L’image généralise le contenu du texte, elle devient une sorte de guide de bonne conduite (comment combattre ou saluer, par exemple). Il ne s’agit pas, selon A.S.C., d’illustrer le récit, mais la société qui y verra son reflet, l’étiquette à laquelle elle obéit, ce qui nous renseigne sur la réception du récit.

5 On constate avec l’A. une émancipation de l’iconographe au sein des livres où l’illustrateur devient artiste et peut exprimer un style plus personnel, l’image devenant un médium artistique plus autonome par rapport à l’écrit. Elle nous livre là une contribution à l’étude des rapports entre le texte et l’image qui intéressera un large public en raison de son interdisciplinarité.

6 Florence BAYARD