Working with water in medievaI Europe. Technology and resource-use, éd. Paolo SQUATRITI, Leyde-Boston-Cologne, Brill, 2000 ; 1 vol. in-8°, XX-446 p. (Technology and Change in History, 3)
- Par Pierre Toubert
Page XLVII
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Notes
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[29]
Le Moyen Âge, t. 106, 2000, p. 403-405.
1 On devait à P. Squatriti un excellent volume sur les usages techniques et sociaux de l’eau dans l’Italie médiévale, dont nous avons rendu compte ici-même [29]. Dans la ligne d’intérêt et le style d’approche suggérés par les Studies in Ancient Technology de R.J. Forbes, il a pris l’initiative de réunir en un très substantiel ouvrage une série de contributions sur les usages de l’eau dans les divers espaces géographiques de l’Europe médiévale. Le titre même de l’ouvrage indique clairement que, dans tous les cas, l’accent est mis sur les technologies visant, soit à tirer parti de l’eau en tant que forme motrice, soit à pallier ses déficits chroniques plus ou moins marqués grâce à l’irrigation, soit à remédier à ses apports excessifs par des travaux de drainage, d’endiguement, etc. Cette observation préliminaire me paraît essentielle à l’évaluation de l’ouvrage. Les cas d’études, en effet, qui y sont analysés se réfèrent par prédilection à des régions et à des civilisations agraires d’autre part caractérisées par des bilans hydrologiques excédentaires ou déficitaires. Il s’agit toujours, au demeurant, de contributions de grande qualité pour lesquelles P.S. a su choisir d’excellents spécialistes. L’étude de C. Rynne (Waterpower in Medieval Ireland) constitue en fait un apport bien documenté à l’histoire du moulin à eau en Irlande. Il permet à l’A. de faire la synthèse de nombreuses études qu’il a consacrées au moulin à roue horizontale, ce pays offrant d’autre part le plus ancien exemple de moulin à roue mû par le flux des marées. La contribution suivante due à R. Holt est consacrée à l’espace anglais et envisage, de manière très synthétique, l’ensemble des « water-related technologies », y compris les douves castrales, viviers, dispositifs d’approvisionnement en eau des villes et des monastères, systèmes d’épuration urbains, etc. À la suite, W. TeBrake donne ici une brève et excellente synthèse sur les systèmes de drainage dans le Rijnland (Pays-Bas). K. Grewe pour l’Allemagne et P. Benoît et J. Rouillard pour la France, forts de leurs travaux antérieurs, ont de leur côté dressé des tableaux complets et bien informés de l’ensemble des technologies médiévales fondées sur l’énergie hydraulique, dans les contextes économiques et sociaux les plus variés. L’É. lui-même, avec la collaboration de R. Magnusson, a eu le mérite de présenter, pour l’Italie, un état de la question qui ne soit pas un résumé de son livre de 1998, bien que – le cas de Rome mis à part – il n’y ait pas eu de publication notable sur le sujet depuis cette date. Enfin, Th. Glick et H. Kirchner ont fourni au volume une des contributions les plus utiles sur les systèmes hydrauliques et les technologies de l’eau dans al-Andalus. On y trouvera en effet une synthèse bienvenue des travaux, très nombreux et souvent difficiles d’accès, publiés tant par Th. Glick que par M. Barceló et ses élèves sur les systèmes d’irrigation andalous et sur les perspectives ouvertes par une archéologie méthodique des « espaces hydrauliques ».
2 Enfin, une dernière contribution à caractère thématique, tout-à-fait bienvenue, due à R. Hoffmann est consacrée à la pêche au Moyen Âge. L’A. y examine en une synthèse qui couvre tout l’espace européen les lieux et les techniques de la pêche et le « management » médiéval des écosystèmes aquatiques. L’accent est décidément mis sur la pêche dans les eaux intérieures, la pêche maritime étant exclue du projet.
3 L’ouvrage comporte une longue et riche bibliographie cumulative, unique pour les huit contributions et un index des noms propres et de plusieurs notabilia utiles (aqueducs, bains, canaux, etc.). L’ouvrage enrichit ainsi de la meilleure manière la série de volumes consacrés à Technology and Change in History, publiée par Brill depuis 1997 et qui compte déjà quelques réussites parmi lesquelles on rangera volontiers le volume édité par P.S.
Pierre TOUBERT