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Compte rendu

Wilhelm BAUM, Äthiopien und der Westen im Mittelalter. Die Selbstbehaltung der christlicher Kultur am oberen Nil zwischen dem islamischen Orient und dem europäischen Kolonialismus, Klagenfurt, Kitab, 2001 ; 1 vol. in-8o, 280 p., pl. (Einführungen in den orientalischen Christentum, 2).

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  • Richard, J.
(2002). Wilhelm BAUM, Äthiopien und der Westen im Mittelalter. Die Selbstbehaltung der christlicher Kultur am oberen Nil zwischen dem islamischen Orient und dem europäischen Kolonialismus, Klagenfurt, Kitab, 2001 ; 1 vol. in-8o, 280 p., pl. (Einführungen in den orientalischen Christentum, 2). Le Moyen Age, Tome CVIII(3), LXI-LXI. https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2002-3-page-LXI?lang=fr.

  • Richard, Jean.
« Wilhelm BAUM, Äthiopien und der Westen im Mittelalter. Die Selbstbehaltung der christlicher Kultur am oberen Nil zwischen dem islamischen Orient und dem europäischen Kolonialismus, Klagenfurt, Kitab, 2001 ; 1 vol. in-8o, 280 p., pl. (Einführungen in den orientalischen Christentum, 2). ». Le Moyen Age, 2002/3-4 Tome CVIII, 2002. p.LXI-LXI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2002-3-page-LXI?lang=fr.

  • RICHARD, Jean,
2002. Wilhelm BAUM, Äthiopien und der Westen im Mittelalter. Die Selbstbehaltung der christlicher Kultur am oberen Nil zwischen dem islamischen Orient und dem europäischen Kolonialismus, Klagenfurt, Kitab, 2001 ; 1 vol. in-8o, 280 p., pl. (Einführungen in den orientalischen Christentum, 2). Le Moyen Age, 2002/3-4 Tome CVIII, p.LXI-LXI. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2002-3-page-LXI?lang=fr.

1 S’il fallait exprimer un regret à propos de cet ouvrage, ce serait que son titre ne traduise pas toute la richesse du livre. Celui-ci répond exactement à l’objet de la collection où il figure : c’est une introduction à la connaissance de l’Éthiopie chrétienne et de son histoire, où sont mises en œuvre les sources de toute origine, y compris la numismatique, si instructive pour la brève époque où les rois d’Axoum frappaient monnaie à la façon des souverains perses, grecs et romains : la substitution de la croix au croissant lunaire atteste la conversion du roi Ezzana, vers 330.

2 L’A. a pris en effet l’histoire de cette contrée dès les origines de ce royaume d’Axoum qui a étendu sa domination sur l’Arabie méridionale et a été par là en contact avec Byzance, ce qui a probablement fait de la Syrie byzantine (mais par l’Église syriaque) l’instrument de la christianisation ; le surgissement de l’Islam a limité les contacts de l’Éthiopie et du monde chrétien à l’Égypte et aux sanctuaires de Palestine visités par les pèlerins. Cependant l’Arménie n’a pas été absente des perspectives éthiopiennes.

3 Le terme même d’Éthiopie est adopté quand les rois d’Axoum ont soumis Méroé ; mais ni les Byzantins ni les Occidentaux n’ont exactement saisi les réalités géographiques d’une contrée qui pour eux fait partie des Indes : la légende du Prêtre Jean flotte ainsi sur l’Asie comme sur l’Afrique. Aux rois d’Axoum succède la dynastie Zagwe, dont la grande figure est celle de ce Lalibela qui voulut faire de sa capitale, dénommée Roha d’après le nom arabe d'Édesse, une réplique de la Syrie et de ses sanctuaires. Mais ce sont les successeurs des Zagwe, lesquels se réclament de l’ascendance de Salomon, qui noueront des contacts avec l’Occident, même si on relève des indices de tels contacts au XIIe siècle.

4 W.B. a scruté les registres pontificaux (le nom de l’Éthiopie y apparaît en 1245), les manuscrits conservés en Éthiopie, les récits des voyageurs, les écrits des géographes, non sans une certaine prédilection pour la cartographie où apparaissent des noms qu’on ne connaît pas d’ailleurs. Des Occidentaux ont résidé en Ethiopie, mais les contacts ont été très difficiles ; on ignore qui a mandaté les envoyés qui apparaissent ici ou là, ni si les messages qui répondent à ces démarches difficilement saisissables sont parvenus à leurs destinataires. La liste en paraît complète, et la bibliographie est copieuse ; notons cependant que l’on s’étonne de ne pas voir citer Carmelo Trasselli à propos de Pietro Rombulo, qui fut l’un des informateurs de l’Occident.

5 On a cru en Europe que l’Union des Églises était chose faite lors du concile de Florence ; un couvent éthiopien apparaît à Rome. Mais les incompréhensions et les ignorances subsistent : le pape Paul III croit pouvoir nommer le médecin portugais Bermudez patriarche d’Éthiopie ; le négus ne voit en lui qu’un patriarche des Portugais et reste dans l’obédience du patriarcat copte d’Alexandrie...

6 C’est le bouleversement causé par la conquête turque de l’Égypte, la menace d’une domination ottomane en mer Rouge et le soutien du sultan à l’iman d’Adal qui tente la conquête et l’islamisation forcée de l’Éthiopie, qui suscitent finalement une intervention directe des Portugais, lesquels depuis près d’un siècle cherchaient à prendre contact avec le « Prêtre Jean » pour réaliser une alliance avec lui en vue d’une croisade. Cette intervention, qui a sauvé la chrétienté éthiopienne, ne rentre pas dans un projet « colonial ».

7 L’A. été fidèle à un parti chronologique qui l’expose à des redites et à des retours en arrière ; mais il parvient ainsi à donner, règne par règne, un tableau complet de ce que l’on sait de l’Éthiopie, de son monachisme que traversent des réformes successives, de sa vie religieuse et de sa littérature. Une chronologie et une liste bibliographique (à défaut de notes infrapaginales) facilitent la consultation du livre. Signalons toutefois qu’Étienne de Lusignan, qui rapporte une légende relative à Saladin, vivait au XVIe et non XIIe siècle, et qu’Oderico Rinaldi, qui compila les Annales ecclesiastici, ne saurait être regardé comme un chroniqueur.
Jean RICHARD