Kathy Lynne Roper PEARSON, Conflicting loyalties in early medieval Bavaria. A view of socio-political interaction, 680-900, Aldershot, Ashgate, 1999; 1 vol. in-8°, XV-247 p. Prix : GBP45.
- Par Philippe Depreux
Page XVIII
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Notes
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[17]
Cf. notamment Early medieval Europe, t.6, 1997.
-
[18]
Late Merovingian France. History and Hagiography, 640-720, Manchester, 1996.
-
[19]
Cf. F. LOSEK, Notitia Arnonis und Breves Notitiae. Die Salzburger Güterverzeichnisse aus der Zeit um 800: Sprachlich-historische Einleitung, Text und Übersetzung, Mitteilungen der Gesellschaft für Salzburger Landeskunde, t.130, 1990, p.5-192, à la p. 112 (K.P. ignore cette édition de référence).
-
[20]
Die Hofkapelle der deutschen Könige, t.1, Stuttgart, 1959, p. 183 n.128.
1 Cet ouvrage est conçu de manière symétrique. Il est ouvert par un chapitre sur « la Bavière avant le règne du duc Théodo » qui fait office d’introduction et sert à brosser un tableau de la Bavière à la charnière du VIIe et du VIIIe siècle. Puis le VIIIe et le IXe siècle sont évoqués de manière similaire : d’abord l’A. propose une trame événementielle, placée sous le thème de la formation d’une « territoriality » dont on cherche à cerner le sens précis, alors même que certaines formulations contribuent à en rendre la teneur sibylline (ainsi, p.214 : « Charlemagne’s support of the church was another factor in his strong territoriality »); ensuite, un chapitre est à chaque fois consacré aux élites foncières. Eu égard à l’importance des transactions foncières dans l’approche retenue (comme en témoignent par exemple les tableaux en annexe, où les chartes des principaux cartulaires font l’objet d’une analyse quantitative d’après leur nature), il est dommage que l’A. n’ait pas eu connaissance de certains travaux de son compatriote C.Hammer, spécialiste de l’histoire bavaroise [17]. Quant à la conclusion de ce livre oscillant sans cesse entre un travail de compilation et une approche fondée sur les sources, elle s’avère d’autant plus fade que le titre de l’ouvrage était particulièrement alléchant.
2 Plusieurs négligences irritent le lecteur. Les publications évoquées dans les notes infrapaginales ne sont pas toutes répertoriées dans la bibliographie. Par exemple, on y cherche en vain le recueil de sources édité par P.Fouracre et R. Gerberding [18], auquel il est fait référence p.30 n.3 : « Fouracre and Gerberding, 1996 ». Certaines citations latines sont erronées. Ainsi, p. 90, il faut corriger superdictam hominem, qui n’a aucun sens, par supradictorum hominum [19]. Une formulation concernant Adalram de Salzbourg s’avère particulièrement malheureuse. L’A. écrit que le successeur d’Arn sur le siège de Salzbourg « servit initialement comme archidiacre à la cour de Louis le Pieux » (p. 164) en se fondant sur H.Wolfram (qui n’affirme rien de tel) et sur un acte relatant en fait comment Adalram, archidiacre de Salzbourg, fut envoyé par son archevêque à la cour de Louis le Pieux pour obtenir la confirmation d’un privilège! Contrairement à ce que laisse entendre l’A., Adalram ne fit pas partie du palais impérial. Il s’agit d’ailleurs d’un personnage que J.Fleckenstein avait retenu comme exemple de prélat n’ayant pas fait carrière à la cour [20]. Reste un trait fort gênant : la faiblesse de l’analyse critique des sources. Il est en effet troublant que l’A. utilise la Loi des Bavarois pour étudier la société d’« avant Théodo » (p.17 s.), alors même qu’il reconnaît que ce texte date du milieu du VIIIe siècle (p.11). De même, la Vita Corbiniani d’Arbéo de Freising († 783) est utilisée comme source concernant l’époque de Théodo (p. 45s.) sans un mot pour évoquer les risques inhérents à l’analyse d’un texte tardif. Quant à l’appréciation selon laquelle la Conversio Bagoariorum et Carantanorum est un texte du « début » du IXe siècle (p.31), elle est tout simplement erronée.
3 Si l’on en croit la préface, le livre de K.L.R.P. a pour objet d’offrir au public anglophone une synthèse des travaux allemands relatifs à l’histoire de la Bavière au haut Moyen Âge. De fait, la bibliographie en langue allemande citée en fin de volume est abondante, mais il manque certains titres importants publiés dans les dernières années (on conçoit par exemple difficilement qu’il soit désormais possible de s’intéresser à Tassilon en ignorant la thèse de M. Becher, publiée en 1993) – sans parler de la bibliographie française (alors que l’A. accorde à juste titre une place non négligeable aux liens familiaux, la thèse d’État de R. Le Jan, publiée en 1995, lui semble également inconnue). Bref, si l’on peut glaner quelque idée à la lecture de cet ouvrage, il ne dispense aucunement de la fréquentation des classiques de l’histoire bavaroise, dus à W. Störmer ou à J.Jahn pour n’en citer que deux.
Philippe DEPREUX