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Compte rendu

Frédéric DUVAL, La traduction du Romuleon. Étude sur la diffusion de l’histoire romaine en langue vernaculaire à la fin du Moyen Âge, Genève, Droz, 2001; 1 vol. in-8°, 480 p. (Publications romanes et françaises, 228). ISBN: 2-600-00480-7. Prix : FRF 408.

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  • Brucker, C.
(2001). Frédéric DUVAL, La traduction du Romuleon. Étude sur la diffusion de l’histoire romaine en langue vernaculaire à la fin du Moyen Âge, Genève, Droz, 2001; 1 vol. in-8°, 480 p. (Publications romanes et françaises, 228). ISBN: 2-600-00480-7. Prix : FRF 408. Le Moyen Age, Tome CVII(3), VII-VII. https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2001-3-page-VII?lang=fr.

  • Brucker, Charles.
« Frédéric DUVAL, La traduction du Romuleon. Étude sur la diffusion de l’histoire romaine en langue vernaculaire à la fin du Moyen Âge, Genève, Droz, 2001; 1 vol. in-8°, 480 p. (Publications romanes et françaises, 228). ISBN: 2-600-00480-7. Prix : FRF 408. ». Le Moyen Age, 2001/3-4 Tome CVII, 2001. p.VII-VII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2001-3-page-VII?lang=fr.

  • BRUCKER, Charles,
2001. Frédéric DUVAL, La traduction du Romuleon. Étude sur la diffusion de l’histoire romaine en langue vernaculaire à la fin du Moyen Âge, Genève, Droz, 2001; 1 vol. in-8°, 480 p. (Publications romanes et françaises, 228). ISBN: 2-600-00480-7. Prix : FRF 408. Le Moyen Age, 2001/3-4 Tome CVII, p.VII-VII. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2001-3-page-VII?lang=fr.

Notes

  • [9]
    T. 106, 2000, p. 617-620 (Ch. BRUCKER).

1 Cet ouvrage est l’indispensable complément de l’édition de la traduction du Romuleon par Sébastien Mamerot procurée par le même A. En effet, certaines questions que l’on s’était posées au cours de la lecture de l’excellente édition, dont il a été rendu compte dans cette revue même  [9], reçoivent une réponse dans ce nouvel ouvrage. C’est le sous-titre qui renseigne sur le véritable objectif du livre. Sans doute Sébastien Mamerot en est-il le centre, mais, en fait, l’A. nous présente ici, avec une méthode rigoureuse, l’essentiel du cheminement de la culture antique en langue vernaculaire, et particulièrement dans le domaine de l’histoire romaine, au XVesiècle.

2 La démarche de Fr.Duval est telle que son livre couvre le rayonnement complet de l’œuvre de Sébastien Mamerot. En effet, l’A. part du texte latin de Benvenuto da Imola, en passant par les traductions italiennes, et en arrive à la vie et aux œuvres de Mamerot. En bon historien de la langue et de l’histoire des idées, Fr.D. présente un chapitre extrêmement bien documenté sur Louis de Laval, le commanditaire de la traduction de Mamerot. Nécessairement, l’A. est amené à évoquer et à étudier la diffusion de la culture antique à travers une analyse de l’histoire romaine au milieu du XVesiècle. Ensuite, le lecteur se voit offrir – originalité et non des moindres de cet ouvrage–en plus de 30 p., une description détaillée des illustrations du manuscrit de base A (B.N.F. fr. 364); il faut savoir gré à Fr.D. de ces analyses, car les ouvrages traitant du rapport du texte à l’image quand il s’agit des traductions du XIVe et du XVesiècle sont encore trop rares. Enfin, c’est un long examen du texte de la traduction française qui clôt l’ouvrage : méthode de traduction, aspects stylistiques, tendance à la moralisation, esprit critique; cette dernière partie comporte une synthèse de tous les aspects de la « polynomie synonymique» : style et rhétorique y tiennent leur place. Une bibliographie fort bien organisée et parfaitement à jour suit une conclusion générale qui rappelle la nécessité de donner « une seconde chance» à des auteurs tels que Mamerot ou Miélot condamnés «par quelque érudit du passé».

3 Les originalités de cet ouvrage sont nombreuses, et, faute de place, nous nous contenterons ici de rendre compte de quelques-unes seulement.

4 D’abord, de quelque côté qu’il se tourne, le lecteur est conduit à apprécier la richesse de la documentation, une documentation inédite, source d’une recherche authentique. Il en est ainsi du chapitre concernant le texte du Romuleon latin de Benvenuto da Imola. Jamais encore une vue synthétique aussi riche n’avait été fournie sur la vie et, surtout, les œuvres de cet auteur italien. Les activités intellectuelles de Benvenuto se situent dans une période où l’on s’intéresse tout particulièrement à l’historiographie. Ce mouvement est entamé vers 1340 à l’instigation de Pétrarque. Une nouvelle conception de l’histoire se manifeste: on a tendance à rejeter les chroniqueurs médiévaux au profit des modèles antiques. C’est dans ce cadre que se placent deux ouvrages historiographiques de Benvenuto, le Liber augustalis et le Romuleon. Le même souci de documentation exemplaire concerne l’analyse des sources du Romuleon (p.31-46). La langue même de Benvenuto fait l’objet d’un examen fort intéressant.

5 Tout aussi originale, ensuite, l’étude des traductions italiennes qui témoignent du succès de l’œuvre historique de Benvenuto. Dans tous ces chapitres, comme dans celui qui a pour objet l’examen de la traduction française, le lecteur a le plaisir de trouver des tableaux synoptiques plaçant face à face le texte latin et ses sources (p.99), le texte latin et le texte en langue vernaculaire (p. 362). La diffusion des traductions françaises du Romuleon achève de donner une idée exacte de l’importance de la traduction française du Romuleon par Mamerot, comparée à celle de Miélot. Grâce aux nombreuses analyses de langue et de style de la traduction de Mamerot, le lecteur peut se faire une idée précise de l’apport de ce traducteur.

6 C’est pour la première fois que nous disposons d’une étude aussi analytique et aussi synthétique à la fois d’une traduction française d’un texte latin d’origine proprement médiévale. C’est pour la première fois aussi que les historiens, les philologues et les littéraires se voient mettre à leur disposition des analyses extrêmement fines des contextes historique et littéraire qui ne mettent que davantage en lumière l’intérêt de l’édition du Romuleon procurée par Fr.D. Autant de raisons pour saluer les mérites de cet ouvrage.
Charles BRUCKER