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Compte rendu

Elizabeth A. ANDERSEN, The Voices of Mechthild of Magdeburg, Oxford-Berne-Berlin-Bruxelles-Francfort-New York-Vienne, Lang, 2000 ; 1 vol. in-8°, 255 p. ISBN : 3-906765-60-1. Prix: BEF 1560.

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  • Bayard, F.
(2001). Elizabeth A. ANDERSEN, The Voices of Mechthild of Magdeburg, Oxford-Berne-Berlin-Bruxelles-Francfort-New York-Vienne, Lang, 2000 ; 1 vol. in-8°, 255 p. ISBN : 3-906765-60-1. Prix: BEF 1560. Le Moyen Age, Tome CVII(3), II-II. https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2001-3-page-II?lang=fr.

  • Bayard, Florence.
« Elizabeth A. ANDERSEN, The Voices of Mechthild of Magdeburg, Oxford-Berne-Berlin-Bruxelles-Francfort-New York-Vienne, Lang, 2000 ; 1 vol. in-8°, 255 p. ISBN : 3-906765-60-1. Prix: BEF 1560. ». Le Moyen Age, 2001/3-4 Tome CVII, 2001. p.II-II. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2001-3-page-II?lang=fr.

  • BAYARD, Florence,
2001. Elizabeth A. ANDERSEN, The Voices of Mechthild of Magdeburg, Oxford-Berne-Berlin-Bruxelles-Francfort-New York-Vienne, Lang, 2000 ; 1 vol. in-8°, 255 p. ISBN : 3-906765-60-1. Prix: BEF 1560. Le Moyen Age, 2001/3-4 Tome CVII, p.II-II. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2001-3-page-II?lang=fr.

1 Le titre exprime d’emblée la complexité de l’auteur que E.A.A. se propose de présenter puisqu’il s’agit d’entendre les voix de Mechthild de Magdebourg (ca 1207-ca 1282), et ce essentiellement à travers son œuvre, Das Fließende Licht der Gottheit [La lumière ruisselante de la Déité]. Quatre chapitres nous guident dans cette exploration. Le premier est une introduction générale qui replace Mechthild de Magdebourg dans son contexte social, culturel et historique. C’est l’occasion d’évoquer le paysage religieux dans lequel elle évoluait et le mouvement des béguines. Le deuxième chapitre présente Mechthild de Magdebourg comme l’auteur d’un livre dont l’unité n’est pas évidente au premier abord, puisqu’il se compose de notes accompagnées de poèmes et de proses rythmées, et dans lequel Mechthild de Magdebourg insiste souvent sur la source divine de ses écrits, effacement et modestie qui relèvent de la tradition, mais aussi sur le fait que tout ce qu’elle dit se fonde sur sa propre expérience. Un troisième chapitre est consacré aux influences exercées par les textes qui entraient dans l’éducation des femmes religieuses aux XIIe et XIIIe siècles, surtout les Psaumes et le Cantique des cantiques. Des premiers, Mechthild de Magdebourg reprend un fond prophétique qui enseigne, admoneste et encourage et, du second, une inspiration mystico-extatique. Elle apparaît ainsi à la fois comme mystique et prophète et E.A.A réussit à la sortir du cliché dépréciatif de la Nonnenmystik puisque, à côté de la mystique de l’amour, se dégage une métaphysique selon laquelle Dieu est Être et qu’il faut devenir cet Être, identification qui mit Mechthild de Magdebourg en péril et explique que, à la fin de sa vie, elle se soit réfugiée dans un couvent cistercien à Helfta afin de se mettre à l’abri des calomnies et des persécutions. N’oublions pas, en effet, que des femmes, comme Marguerite Porete (†1310), connurent le supplice du feu pour leurs propos et leurs écrits. Un quatrième chapitre, enfin, analyse la représentation complexe du temps dans une sélection représentative des récits de visions offerts dans le FLdG, d’où il ressort que le salut s’inscrit dans un temps linéaire et l’éternité dans un temps circulaire. Ainsi, E.A.A nous remet en mémoire l’importance de la spiritualité féminine au Moyen Âge et particulièrement de cette femme dont les textes rédigés en langue vernaculaire transmirent des pensées qui, jusque-là, étaient l’apanage des clercs et qui participèrent donc à une laïcisation, ce qui leur valut la menace d’être mis au feu. Elle met en lumière une religieuse qui représente le deuxième sommet de la théologie charismatique au Moyen Âge après Hildegarde de Bingen.
Florence BAYARD