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Article de revue

Du silence aux cris : faire l’histoire des contestations par le son

Pages 3 à 21

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  • Henry, M.
  • et Quièvre, A.
(2026). Du silence aux cris : faire l’histoire des contestations par le son. Le Mouvement Social, 294(1), 3-21. https://doi.org/10.3917/lms1.294.0003.

  • Henry, Marion.
  • et al.
« Du silence aux cris : faire l’histoire des contestations par le son ». Le Mouvement Social, 2026/1 294, 2026. p.3-21. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2026-1-page-3?lang=fr.

  • HENRY, Marion
  • et QUIÈVRE, Adrien,
2026. Du silence aux cris : faire l’histoire des contestations par le son. Le Mouvement Social, 2026/1 294, p.3-21. DOI : 10.3917/lms1.294.0003. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2026-1-page-3?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/lms1.294.0003


Notes

  • [1]
    « Musique en politique », Le Mouvement social, n° 208, 2004.
  • [2]
    Christophe Prochasson, « Musique et politique : nouvelles approches », Le Mouvement social, n° 208, 2004, p. 3‑5.
  • [3]
    « “Sound studies”, une nouvelle discipline ? », entretien avec Jonathan Sterne, par Maxime Boidy, Le Magazine, 24 septembre 2015, https://philharmoniedeparis.fr/fr/magazine/sound-studies-une-nouvelle-discipline.
  • [4]
    Alain Corbin, Les cloches de la terre. Paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au xix e  siècle, Paris, Albin Michel, 1994.
  • [5]
    Notamment Raymond Murray Schafer, The Tuning of the World, New York, Knopf, 1977/Le paysage sonore, Paris, Jean-Claude Lattès, 1979 ; Richard Leppert, The Sight of Sound. Music, Representation, and the History of the Body, Berkeley, University of California Press, 1995.
  • [6]
    Voir notamment les deux ouvrages de référence : Emily Thompson, The Soundscape of Modernity. Architectural Acoustics and the Culture of Listening in America, 1900-1933, Cambridge, Mas., MIT Press, 2002 et Jonathan Sterne, The Audible Past. Cultural Origins of Sound Reproduction, Durham, Duke University Press, 2003. En témoignent également les nombreux textes réunis au sein des ouvrages : Trevor Pinch et Karin Bijsterveld (dir.), The Oxford Handbook of Sound Studies, New York, Oxford University Press, 2011 et Jonathan Sterne (dir.), The Sound Studies Reader, New York, Routledge, 2012.
  • [7]
    Jean-Sébastien Noël, « L’histoire culturelle des circulations musicales au prisme des Sound Studies : réflexions théoriques et retours de terrain », Diogène, n° 258-259-260, 2017, p. 168-182. Voir également le dossier coordonné par Pascale Goetschel et Christophe Granger, « Sons et cultures sonores », Sociétés et représentations, n° 49, 2020 ; ainsi que le colloque « Le son et la musique au prisme des sound studies », coorganisé par le Centre de recherches sur les arts et le langage et le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, qui s’est tenu à l’EHESS du 24 au 26 janvier 2019.
  • [8]
    « Écouter la justice », Criminocorpus [en ligne], 2024, https://journals.openedition.org/criminocorpus/16006.
  • [9]
    Jean-Sébastien Noël, « L’histoire culturelle… », art. cité.
  • [10]
    Edward P. Thompson, « “Rough Music” : le charivari anglais », Annales. Économies, sociétés, civilisations, vol. 27, n° 2, 1972, p. 285-312 ; Natalie Zemon Davis, Society and Culture in Early Modern France, Stanford, Stanford California Press, 1975 ; Jacques Le Goff et Jean-Claude Schmitt (dir.), Le charivari, Paris, Mouton, 1981.
  • [11]
    Didier Lett et Nicolas Offenstadt (dir.), Haro ! Noël ! Oyé ! Pratiques du cri au Moyen Âge, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2003 ; Arlette Farge, Essai pour une histoire des voix au dix-huitième siècle, Montrouge, Bayard, 2009, p. 135-149 ; Daniel Bender, Duane J. Corpis et Daniel J. Walkowitz, « Sound politics: critically listening to the past », Radical History Review, n° 121, 2015 ; « Des mots et des gestes. Le corps et la voix dans l’univers de la révolte (xive-xviiie siècles) », Histoire, économie et société, n° 38, 2019.
  • [12]
    Brandon LaBelle, Sonic Agency. Sound and Emergent Forms of Resistance, Londres, Goldsmiths Press, 2018 ; Nimalan Yoganathan, « Soundscapes of resistance: amplifying social justice activism and aural counterpublics through field recording-based sound practices », Organised Sound, n° 26, 2021, p. 201-210 ; John Vilanova, « Noise-making, occupy wall street, and the politics of amplification », Resonance, vol. 2, n° 2, 2021, p. 264-280 ; Justin Eckstein, Sound Tactics. Auditory Power in Political Protests, University Park, The Pennsylvania State University Press, 2025. Voir également le dossier « Sons et esthétiques dans la protestation sociale. Mouvements post-altermondialistes », Filigrane, n° 28, 2023.
  • [13]
    Noëlle Gérôme, « Chronique sonore de l’occupation musicale d’un territoire : deux mois de grève aux usines Dassault de la région bordelaise (décembre 1966-février 1967) », Ethnologie française, vol. 9, n° 1, 1999, p. 49-56 ; Rémy Cazals, « La voix et le geste dans une grève de la Belle Époque », in Philippe Bourdin, Jean-Claude Caron et Mathias Bernard (dir.), La voix et le geste, une approche culturelle de la violence socio-politique, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2005, p. 203-216 ; Emmanuel Fureix, « Le charivari politique : un rite de surveillance civique dans les années 1830 », in Adeline Beaurepaire-Hernandez et Jérémy Guedj (dir.), L’entre-deux électoral. Une autre histoire de la représentation politique en France ( xix e - xx siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, p. 53-70 ; Adrien Quièvre, « Le corps et la voix dans les grèves des mineurs d’Anzin (1833-1880) », thèse de doctorat en histoire, Université de Lille, 2023. Notons que certains de ces travaux précèdent l’émergence des sound studies ou prennent pour objet la dimension sonore sans pour autant s’en revendiquer.
  • [14]
    Michel Pigenet et Danielle Tartakowsky (dir.), Histoire des mouvements sociaux en France, de 1814 à nos jours, Paris, La Découverte, 2012.
  • [15]
    L’ouvrage de Jonathan Sterne intitulé The Audible Past. Cultural Origins of Sound Reproduction, publié en 2004, a été traduit en français en 2015 : Jonathan Sterne, Une histoire de la modernité sonore, trad. M. Boidy, Paris, La Découverte, 2015 [2003].
  • [16]
    Voir à ce sujet les travaux de Jonathan Thomas sur le haut-parleur et sur le disque politique : Jonathan Thomas, « Le paradoxe du “haut-parleur” : violence sonore et pratiques politiques dans la France de l’entre-deux-guerres », in Céline Hervet (dir.), Penser le son, entendre l’inouï. Esthétique et politique de la modernité sonore, Paris, Classiques Garnier, 2023, p. 221-241 ; Id., Le disque politique en France (1929-1939), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2026, ainsi que le dossier coordonné par Jonathan Thomas, Jedediah Sklower et Alexandre Borrell, « Phonographies politiques », Le Temps des médias, n° 44, 2025.
  • [17]
    « “Sound studies”, une nouvelle discipline ? », art. cité.
  • [18]
    Sur les formes et les évolutions des pratiques contestataires depuis une perspective historique, voir notamment les ouvrages de : Charles Tilly, La France conteste, de 1600 à nos jours, Paris, Fayard, 1986 ; Jean Nicolas, La rébellion française. Mouvements populaires et conscience sociale (1661-1789), Paris, Éditions du Seuil, 2002, ainsi que les nombreux ouvrages de la collection « Contester » aux Presses de Sciences Po. Pour un aperçu des approches sociologiques de la contestation, voir les travaux de synthèse suivants : Donatella della Porta et Mario Diani, Social Movements. An Introduction, Oxford, Blackwell, 1999 ; Olivier Fillieule, Éric Agrikoliansky et Isabelle Sommier (dir.), Penser les mouvements sociaux. Conflits sociaux et contestations dans les sociétés contemporaines, Paris, La Découverte, 2010 ; Olivier Fillieule, Lilian Mathieu et Cécile Péchu (dir.), Dictionnaire des mouvements sociaux, 2e édition revue et augmentée, Paris, Presses de Sciences Po, 2020.
  • [19]
    James Scott, Weapons of the Weak. Everyday Forms of Peasant Resistance, New Haven, Yale University Press, 1985 ; Anna Johansson et Stellan Vinthagen, « Dimensions of everyday resistance: an analytical framework », Critical Sociology, vol. 42, n° 3, 2016, p. 417-435.
  • [20]
    James Scott, La domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, Paris, Amsterdam, 2009 [1990] ; Guillaume Marche, « Why infrapolitics matters », Revue française d’études américaines, n° 131, 2012, p. 3-18.
  • [21]
    James Scott, La domination…, op. cit.
  • [22]
    Asef Bayat, Life as Politics. How Ordinary People Change the Middle East, Redwood City, Stanford University Press, 2013, p. 33-55.
  • [23]
    Emmanuel Fureix, « La casserole comme objet politique : du charivari à la casserolade (xixe-xxie siècle) », Parlement[s]. Revue d’histoire politique, hors-série 18, p. 198-207.
  • [24]
    Xavier Rousseaux, « Commentaire : Des archives judiciaires aux archives de la régulation sociale : autour des usages sociaux de la justice », L’Atelier du Centre de recherches historiques, n° 05, 2009, https://journals.openedition.org/acrh/1719.
  • [25]
    Christophe Granger et Sarah Rey, Introduction à l’histoire des sensibilités, Paris, La Découverte, 2024, p. 40.
  • [26]
    Adrien Quièvre, « Entendre le travail à la mine aux xixe et xxe siècles », Revue du Nord, n° 435, 2020, p. 317.
  • [27]
    David Novak et Matt Sakakeeny (dir.), Keywords in Sound, Durham-Londres, Duke University Press, 2015, p. 1 : « Sound resides in this feedback loop of materiality and metaphor, infusing words with a diverse spectrum of meanings and interpretations ».
  • [28]
    Héloïse Hermant et Vincent Challet, « Des mots et des gestes. Le corps et la voix dans l’univers de la révolte (xive-xviiie siècles) », Histoire, économie et société, n° 38, 2019, p. 4‑14.
  • [29]
    Michael Sizer, « Murmur, clamor, and tumult », Radical History Review, vol. 121, 2015 p. 9‑31. Voir également Jean Nicolas sur le « lexique infra-rébellionnaire » : Jean Nicolas, La rébellion fran çaise…, op. cit., p. 28-29.
  • [30]
    Pascale Goetschel et Christophe Granger, « Saisir la dimension sonore des sociétés », Sociétés et représentations, n° 49, 2020, p. 9-23.
  • [31]
    Jean-Sébastien Noël et Sylvie Thénault, « Écouter la justice. Contribution à une histoire sonore des espaces et des acteurs des procédures judiciaires : présentation du dossier », Criminocorpus [en ligne], 2024, http://journals.openedition.org/criminocorpus/16222.
  • [32]
    Quentin Deluermoz, Emmanuel Fureix, Hervé Mazurel et M’hamed Oualdi, « Écrire l’histoire des émotions : de l’objet à la catégorie d’analyse », Revue d’histoire du xix e  siècle, n° 47, 2013, p. 155-189.
  • [33]
    Yves Dorémieux et Camille Moreddu, « Une préhistoire des Popular Music Studies : fonder la folk music comme objet des sciences sociales dans les États-Unis des années 1930 », Volume !, n° 18, 2021, p. 13-31.
  • [34]
    Ariane Mak, « Enquêtes orales, enquêtes historiennes », Le Mouvement social, n° 274, 2021, p. 15. Voir également la récente parution en français d’une collection d’articles d’Alessandro Portelli : Alessandro Portelli, Prendre la parole. L’histoire orale entre récits, imaginaires et dialogues, Marseille, Agone, 2026.
  • [35]
    Quentin Deluermoz et Hervé Mazurel, « Pour une histoire du sensible », Socio, n° 16, 2022, http://journals.openedition.org/socio/12394.
  • [36]
    Didier Lett et Nicolas Offenstadt (dir.), Haro ! Noël ! Oyé !... , op. cit., p. 25.
  • [37]
    Notamment : Emmanuel Fureix, « Rites protestataires : un nouvel espace public et politique (1820-1848) ? », in Michel Pigenet et Danielle Tartakowsky (dir.), Histoire des mouvements sociaux…, op. cit., p. 46-57 et « Le charivari politique… », art. cité. Rémy Cazals, « La voix et le geste… », art. cité.
  • [38]
    Jean Nicolas, La rébellion française …, op. cit.
  • [39]
    Emmanuel Fureix, « Le charivari politique… », art. cité. Pour une approche complémentaire, sur la notion de parole « inarticulée » (inarticulacy), nous renvoyons à l’article de l’historienne britannique Hillary Taylor dans lequel elle invite à considérer l’absence récurrente de discours articulé dans les archives officielles comme la conséquence d’un processus social d’assujettissement imposé par les élites lors de certaines interactions, particulièrement dans des situations à enjeux importants comme les procès ou les interrogatoires. Hillary Taylor, « “Branded on the tongue”: rethinking plebeian inarticulacy in Early Modern England », Radical History Review, n° 121, 2015, p. 91-105.
  • [40]
    Michelle Perrot, Les ouvriers en grève. France 1871-1890. Tome 2, Paris, Mouton, 1977, p. 565.
  • [41]
    Il serait impossible d’en faire la liste ici tant pléthore de travaux d’histoire contemporaine s’intéressent – ne serait-ce qu’en passant – à la place du chant en contexte contestataire. On peut cependant citer quelques références pour la France concernant les manifestations : Michelle Perrot, Les ouvriers en grève…, op. cit. ; Danielle Tartakowsky, Les manifestations de rue en France, 1918-1968, Paris, Publications de la Sorbonne, 1997 ; Christophe Traïni, La musique en colère, Paris, Presses de Sciences Po, 2008 ; Danielle Tartakowsky, Les droites et la rue. Histoire d’une ambivalence, de 1880 à nos jours, Paris, La Découverte, 2013, p. 63 ; Jonathan Thomas, « Militer en chantant, sous l’œil de la police parisienne des années 1930 : une exploration du fonctionnement politique du chant », Transposition, n° 7, 2018, http://journals.openedition.org/transposition/1979.
  • [42]
    Sur la notion d’expérience, nous renvoyons aux travaux de l’historienne Joan W. Scott, Théorie critique de l’histoire. Identités, expériences, politiques, Paris, Fayard, 2009.
  • [43]
    Voir le colloque « “Chanter sur l’air de…” Moyen Âge-xxie siècle », qui s’est tenu à la Maison de la Recherche, Sorbonne-Université, les 11 et 12 janvier 2022.
  • [44]
    Michelle Perrot, Les ouvriers en grève…, op. cit., p. 564.
  • [45]
    Mélanie Traversier, « Histoire sociale et musicologie : un tournant historiographique », Revue d’histoire moderne et contemporaine, vol. 57, n° 2, 2010, p. 190-201.
  • [46]
    Fanny Gallot, En découdre. Comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société, Paris, La Découverte, 2015, p. 219.
  • [47]
    Philippe Gumplowicz, Les travaux d’Orphée. Deux siècles de pratique musicale amateur en France (1820-2000) : harmonies, chorales, fanfares, Paris, Aubier, 2001 ; Laurent Martino, « Sous le signe de la lyre : les ensembles à vent en Europe », thèse de doctorat en histoire, Université de Lorraine, 2016 ; Marion Henry, « “Every village would have a band”. A social and cultural history of brass bands in British coalfields, 1947-1984 », thèse de doctorat en histoire, Institut d’études politiques de Paris et University of Strathclyde, 2021.
  • [48]
    Jonathan Thomas, « Militer en chantant… », art. cité.
  • [49]
    Ibid.
  • [50]
    Nous pouvons renvoyer le lecteur vers le projet Objetspol, sur les objets politiques en France au xixe siècle, coordonné par Emmanuel Fureix (https://objetspol.inha.fr/s/objetspol/page/accueil) ; le projet de recherche européen Activate, autour des archives de l’engagement militant en Europe du xixe siècle à nos jours, porté par Caroline Moine (https://activate-horizon.eu/) ; ainsi que l’ANR MATOS, sur l’histoire des objets militants en France, coordonné par Paul Boulland (https://histoire-sociale.cnrs.fr/anr-matos/). En lien avec ce dernier, voir notamment Salomé Diné, « Faire l’histoire des objets militants sans les objets : les images de manifestation comme sources », Image du travail, travail des images, n° 18, 2025, http://journals.openedition.org/itti/5639.
  • [51]
    Alain Corbin, Les cloches de la terre…, op. cit. ; Philippe Hamon, « Le tocsin de la révolte : comment l’entendre ? (France, xive-début xixe siècle) », Histoire, économie et société, vol. 38, n° 1, 2019, p. 101‑117 ; Mauro Hernández, « A Rebato: popular uprisings and the striking of the bells in Eighteenth-Century Castile », Rural History, vol. 35, n° 1, 2024, p. 40-54.
  • [52]
    Ronda L. Sewald, « Forced listening: the contested use of loudspeakers for commercial and political messages in the public soundscape », American Quarterly, vol. 63, n° 3, 2011, p. 761-780 ; Jonathan Thomas, « Le paradoxe du “haut-parleur”… », art. cité.
  • [53]
    Michel Pigenet et Danielle Tartakowsky, Histoire des mouvements sociaux…, op. cit., p. 22.
  • [54]
    Sur ce point, on peut renvoyer aux travaux d’Alessandro Portelli sur la transmission de la mémoire des luttes des mineurs du comté de Harlan dans le Kentucky au cours du xxe siècle par des chansons contestataires, composées notamment par des femmes. Alessandro Portelli, They Say in Harlan County. An Oral History, New York, Oxford University Press, 2011.
  • [55]
    Nicolas Berjoan (dir.), Résister corps et âme. Individus et groupes sociaux face aux logiques du pouvoir, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2017, p. 9.
  • [56]
    Christophe Granger, « “Le passé est un immense corps” », in Id. (dir.), Histoire par corps, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2012, p. 15.
  • [57]
    Ibid., p. 17.
  • [58]
    Ibid.
  • [59]
    Noëlle Gérôme, « Chronique sonore… », art. cité.
  • [60]
    « Pouvoirs du son/sons du pouvoir. Esthétique et politique du sonore », colloque organisé à l’Université de Picardie Jules-Verne, 15-17 novembre 2017.
  • [61]
    Sur les bruits de l’intimité et la possibilité, pour l’historien, d’en saisir les manifestations les plus infimes, voir notamment Christophe Granger et Anne Monjaret, « Bruits et chuchotements », Socio-anthropologie, n° 41, 2020, https://journals.openedition.org/socio-anthropologie/6552.
  • [62]
    François Ploux, De bouche à oreille. Naissance et propagation des rumeurs dans la France du xix e  siècle, Paris, Aubier, 2003.
  • [63]
    Evan Kutzler, « Captive audiences: sound, silence, and listening in Civil War prisons », Journal of Social History, vol. 48, n° 2, 2014, p. 239-263 ; Anna Le Pennec, « “Sous un sourd silence”. Une histoire sonore de l’enfermement au féminin dans les maisons centrales du sud de la France, xixe-début xxe siècles », Socio-anthropologie, n° 41, 2020.
  • [64]
    Mark M. Smith, Listening to Nineteenth-Century America, Chapel Hill-Londres, The University of North Carolina Press, 2001, p. 67-92.
  • [65]
    « Dans le dos du pouvoir. Entretien avec James C. Scott », Vacarme, n° 42, 2008, p. 4-12. Sur la question du silence, voir notamment David Le Breton, Du silence, Paris, Métailié, 1997 ; Doug McAdman, Sydney Tarrow, Charles Tilly et al. (dir.), Silence and Voice in Contentious Politics, Cambridge, Cambridge University Press, 2011 ; Ana M. Ochoa Gautier, « Silence », in David Novak et Matt Sakakeeny (dir.), Keywords in Sound, Durham, Duke University Press, 2015, p. 183-192 ; Alain Corbin, Histoire du silence. De la Renaissance à nos jours, Paris, Albin Michel, 2016.
  • [66]
    Benjamin Tausig, Bangkok is Ringing. Sound, Protest and Constraint, New York, Oxford University Press, 2019.
  • [67]
    Pour un aperçu des travaux récents sur la question, voir l’introduction de l’ouvrage sous la direction d’Hélène Combes, David Garibay et Camille Goirand, Les lieux de la colère. Occuper l’espace pour contester, de Madrid à Sanaa, Paris, Karthala, 2016. Sur le rapport à l’espace dans les grèves, voir notamment Diarmaid Kelliher, « Disruption and control: contesting mobilities through the picket line », Annals of the American Association of Geographers, vol. 113, n° 9, 2023, p. 2252‑2268 et Théo Bernard, « Ouvriers et ouvrières en grève dans les crises des années 1930 », thèse de doctorat en histoire, Université Paris-Saclay, 2024. Sur le rôle de l’espace et de l’architecture dans les révoltes et révolutions depuis une perspective philosophique, voir notamment Ludger Schwarte, Philosophie de l’architecture, Paris, Zones, 2019 [éd. en allemand : 2009]. Enfin, dans une perspective d’art contemporain, on peut se référer à l’exposition sur l’architecture de la contestation du musée autrichien des arts appliqués (MAK) à Vienne en 2024 : « PROTEST/ARCHITEKTUR. Barrikaden, Camps, Sekundenkleber », https://www.mak.at/protestarchitektur.
  • [68]
    Anne-Claire Guilain, « Un silence retentissant à la marche des Bridgestone à Béthune, Xavier Bertrand présent », La Voix du Nord, 4 octobre 2020, https://www.lavoixdunord.fr/874410/article/2020-10-04/direct-la-marche-des-bridgestone-de-bethune-prete-s-elancer-ce-dimanche-matin.
  • [69]
    Ibid.
  • [70]
    Ibid.
  • [71]
    Ibid.
  • [72]
    Romain Castellesi, Savoir commencer une grève. Résistances ouvrières à la désindustrialisation dans la France contemporaine, Marseille, Agone, 2025.
  • [73]
    Ibid.
  • [74]
    Guy-Patrick Azémar (dir.), Ouvriers, ouvrières. Un continent morcelé et silencieux, Paris, Autrement, 1992.
  • [75]
    Alessandro Portelli, « Une vie passée à écouter », entretien avec Steven High, Le Mouvement social, n° 274, 2021, p. 215.
  • [76]
    Andrea F. Bohlman et Peter McMurray, « Tape: or, rewinding the phonographic regime », Twentieth Century Music, n° 14, 2017, p. 3-24.
  • [77]
    Ariane Mak, « Enquêtes orales… », art. cité.
  • [78]
    Hélène Fleckinger, « De la contribution des féministes aux expérimentations techniques, sociales et formelles de la “vidéo des premiers temps” (France, 1968-1981) », in Fabien Knittel et Pascal Raggi (dir.), Genre et techniques, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014, p. 253-266.


En 2004, Le Mouvement social consacrait un numéro thématique aux liens entre musique et politique. Celui-ci prenait acte des transformations profondes de la recherche musicologique amorcées dans les années 1980 avec l’émergence de la new musicology, soucieuse de dépasser l’étude strictement formelle des œuvres centrée sur la structure, la composition ou le langage, pour envisager la musique comme un fait social, culturel et politique, indissociable de son contexte historique. Les contributions réunies mettaient ainsi en lumière les rapports multiples et variables entre la production musicale européenne dite « savante » des xixe et xxe siècles et les contextes politiques de leur temps. Oscillant entre exigence esthétique et enjeux idéologiques, aspiration à l’autonomie artistique et instrumentalisations, idéaux universalistes et affirmations identitaires, la musique apparaissait, au fil des analyses, comme un espace de tensions profondes – à la fois révélatrice et actrice des transformations politiques, notamment dans les périodes de crise ou de conflit.
Dans l’éditorial du dossier, Christophe Prochasson soulignait que, parmi les pistes un temps envisagées pour étudier les « relations des œuvres musicales avec leur environnement politique », figurait celle « des usages sociaux de la musique, notamment tels qu’ils peuvent être saisis dans les mouvements sociaux ». Cette proposition ne manquait assurément pas d’intérêt, tant elle ouvrait des pistes de réflexion appelées à se développer largement dans les décennies suivantes…


Date de mise en ligne : 02/06/2026

https://doi.org/10.3917/lms1.294.0003

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