Flic ou Voyou ? L’engagement : être dans ou « hors » la Loi
Pages 32 à 36
Citer cet article
- GIANNINI, Alexandra,
- Giannini, Alexandra.
- Giannini, A.
https://doi.org/10.3917/jdp.372.0032
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- Giannini, A.
- Giannini, Alexandra.
- GIANNINI, Alexandra,
https://doi.org/10.3917/jdp.372.0032
Notes
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[1]
Petit clin d’œil au film Flic ou Voyou de Georges Lautner, sorti en 1979.
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[2]
Le terme « police » désigne de manière générale l’activité consistant à assurer la sécurité des personnes, des biens et à maintenir l’ordre public en faisant appliquer la loi. Il faut entendre par le terme « loi », les règles et normes formelles d’un code établi dans un pays. Les forces de police (communément appelées « la police ») sont les agents (militaires ou civils) qui exercent cette fonction (Wikipedia). 3 forces de sécurité effectuent les missions de sécurité intérieure : la gendarmerie nationale (= force armée rattachée à l’État), la police nationale (= force civile rattachée à l’État) et les polices municipales.
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[3]
Pointeurs signifiant les agresseurs sexuels.
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[4]
Étymologiquement, le mot délinquance vient du latin deliquentia signifiant « faute, délit, crime péché » (www.toupie.org/Dictionnaire/Delinquance.htm). La délinquance se définit en termes de transgressions et recouvre les infractions répertoriées dans le Code pénal pouvant donner lieu à une condamnation.
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[5]
qicpaas étant un questionnaire d’investigation clinique pour auteurs d’agression sexuelle.
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[6]
Les mots repris en italique sont le discours de M. A.
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[7]
Le code de déontologie de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale (2014) : À l’occasion de la création du code de la sécurité intérieure, le Gouvernement français crée un code de déontologie commun à la Police et à la Gendarmerie, toutes deux soumises au ministère de l’Intérieur depuis 2009. L’article 1 devient l’article R434-2 : « Placées sous l’autorité du ministre de l’Intérieur pour l’accomplissement des missions de sécurité intérieure, et agissant dans le respect des règles du code de procédure pénale en matière judiciaire, la police nationale et la gendarmerie nationale ont pour mission d’assurer la défense des institutions et des intérêts nationaux, le respect des lois, le maintien de la paix et de l’ordre public, la protection des personnes et des biens. » (Wikipedia)
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[8]
Expression utilisée dans la culture policière.
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[9]
Un indicateur ou informateur est, dans le domaine de la police et du renseignement, un auxiliaire qui fournit des informations aux services, soit « bénévolement », soit en échange d’une certaine impunité (poursuite de son propre trafic, élimination d’un concurrent…), d’un gain financier, d’un assouplissement de leur régime carcéral (meilleur cantinement, rapprochement géographique avec leur famille) ou d’un service (obtention de titres de séjour). L’anonymat ou la confidentialité sont utilisés pour protéger la source (l’informateur) des représailles de la part des personnes dénoncées ou de leurs complices. Depuis la loi du 9 mars 2004 sur la sécurité (dite « loi Perben II »), les indics peuvent être rétribués (paiement en espèces, net d’impôts, par le ministère de l’Intérieur pour les policiers). Avant, ils pouvaient recevoir jusqu’à 10 % de la valeur de la saisie (drogue, argent), cette pratique pouvant aboutir à la mise en examen de policiers pour association de malfaiteurs (Wikipédia).
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[10]
Tuyauter est donner des tuyaux, des renseignements confidentiels à quelqu’un (www.larousse.fr).
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[11]
Les opérations de surveillance et d’infiltration peuvent être utilisées en vertu de l’article 706-73 du code de procédure pénale. Ces procédures ont été légalisées dans le cadre de la répression du trafic de stupéfiants, notamment par la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance. L’article 706-81 […] L’infiltration consiste, pour un officier ou un agent de police judiciaire spécialement habilité dans des conditions fixées par décret et agissant sous la responsabilité d’un officier de police judiciaire chargé de coordonner l’opération, à surveiller des personnes suspectées de commettre un crime ou un délit en se faisant passer, auprès de ces personnes, comme un de leurs coauteurs, complices ou receleurs. L’officier ou l’agent de police judiciaire est à cette fin autorisé à faire usage d’une identité d’emprunt et à commettre si nécessaire les actes mentionnés à l’article 706-82 (acquérir, détenir, transporter, livrer ou délivrer des substances, biens, produits, documents ou informations tirés de la commission des infractions ou servant à la commission de ces infractions…). À peine de nullité, ces actes ne peuvent constituer une incitation à commettre des infractions.
À travers la présentation d’une vignette clinique est questionné l’engagement du policier et du délinquant dans leur rapport à la loi. Alors que, pour le premier, la loi est sacrée, le second la dénie, considérant qu’il obtient davantage de bénéfices à l’enfreindre. D’autre part, quel risque, pour le policier, d’une perte identitaire lorsqu’il doit incarner un « hors-la-loi » pour une opération d’infiltration ? Comment appréhende-t-il ce conflit entre son engagement à faire respecter la loi et la possibilité d’y contrevenir au nom du devoir ?
L’engagement s’appréhende a priori selon un rapport à la loi différent si l’on choisit d’exercer le métier de policier ou celui de délinquant, la délinquance pouvant être « une vie choisie » (Cusson, 2005). Pourtant, de part et d’autre, on s’engage à travers un contrat, contractuel, symbolique ou moral et qui, dans la finalité, peut mener à la mort. Qu’est-ce qui fait qu’on s’engage à respecter la loi, à la faire respecter, à la défendre ou la nier, la défier ou la transgresser ? Le policier comme le délinquant répondent à des codes, des règles, des normes, des valeurs, une culture.
Dans notre société prime l’individualisme. La réussite se conçoit en termes de richesse, de confort et de divertissement, et une perte du sens de l’autorité s’observe. Que signifie l’engagement dans le métier de policier : Est-ce une « vraie » vocation ou choisit-on ce métier comme un autre ? Lors des entretiens de recrutement, parmi les motivations des candidats, se retrouvent l’aide et la protection, voire le sauvetage…
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