Subjectivité et médecine
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Citer cet article
- BASS, Henri-Pierre,
- Bass, Henri-Pierre.
- Bass, H.-P.
https://doi.org/10.3917/jdp.330.0022
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- Bass, H.-P.
- Bass, Henri-Pierre.
- BASS, Henri-Pierre,
https://doi.org/10.3917/jdp.330.0022
1À notre époque, où les diverses avancées dans les spécialités de traitement s’avèrent majeures, il apparaît que, depuis l’avènement de la médecine moderne, celle-ci ait quelque peu oublié la personne. Que la médecine ait besoin d’opérer un réductionnisme consistant à appréhender plus le corps comme une machine, évacuant de facto sa dimension subjective, n’élimine pas pour autant l’importance du sujet au cœur de sa pratique... d’où la complexité des demandes adressées aux différentes spécialités médicales et le recours de plus en plus prégnant à des psychologues ou à des psychiatres dans ces services.
2Nous partons dans ce dossier du témoignage de Claude Tapia qui, à la suite d’une hospitalisation, nous expose ses observations et réflexions, en insistant sur les transformations psychiques induites par les soins.
3Marie-José Del Volgo, dans sa rencontre avec les patients atteints de mucoviscidose, s’interroge sur les questions de société que cette pathologie soulève. Vaincre la mucoviscidose, la médecine en a aujourd’hui les moyens, mais cela pose aussi une question centrale : « Quel sens aurait cette victoire si elle ne donnait pas aux patients et à ceux qui les soignent le goût de retrouver la vie ? »
4Michelle Moreau Ricaud, à partir de son expérience des groupes Balint, nous rend sensibles aux vécus subjectifs des médecins aux prises avec l’angoisse de leurs patients. Elle montre ainsi que les liens interpersonnels de confiance et d’écoute médicale ont toute leur importance, associés aux traitements médicamenteux.
5Raphaël Minjard nous livre son expérience de psychologue clinicien en service de réanimation. Comment articuler ici savoir médical et approche psychodynamique ? Il s’agit d’une question de rencontre de sujets, là où toute subjectivité semblait abolie. Cette rencontre présuppose une reconnaissance mutuelle qui ne peut avoir lieu qu’au chevet du patient.
6Catherine Vanier, en s’appuyant sur une riche pratique auprès d’une équipe médicale prenant en charge les grands prématurés, nous transporte au cœur de la question de la subjectivation, notamment dans la création du couple mère-bébé.
7Dalila Cano et Jennifer Huet, pour leur part, témoignent de leur travail auprès de femmes atteintes de cancer du sein.
8Enfin, à partir de leur compréhension de la métapsychologie freudienne, Catherine et Alain Vanier soulignent combien le retour de l’approche analytique est assez naturel aujourd’hui dans la médecine, car il s’agit de réintégrer dans l’acte médical ce qui a été oublié. On se doit d’être à l’écoute des patients, mais aussi à l’écoute des médecins qui sont tous singuliers.
9À travers ces différents éclairages, ce dossier cherche à démontrer, s’il en était encore besoin, l’importance de l’approche psychologique au sein même de la médecine la plus scientifique.