Article de revue

Le symbolique

Une approche lacanienne pour les sciences sociales

Pages 174 à 191

Citer cet article


  • Beckouche, P.
(2003). Le symbolique Une approche lacanienne pour les sciences sociales. Le Débat, 126(4), 174-191. https://doi.org/10.3917/deba.126.0174.

  • Beckouche, Pierre.
« Le symbolique : Une approche lacanienne pour les sciences sociales ». Le Débat, 2003/4 n° 126, 2003. p.174-191. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-debat-2003-4-page-174?lang=fr.

  • BECKOUCHE, Pierre,
2003. Le symbolique Une approche lacanienne pour les sciences sociales. Le Débat, 2003/4 n° 126, p.174-191. DOI : 10.3917/deba.126.0174. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-debat-2003-4-page-174?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/deba.126.0174


Notes

  • [1]
    Je résume ici les aspects théoriques de mon ouvrage sur l’État-nation (Le Royaume des frères, Paris, Grasset, 2001).
  • [2]
    La veine fut découverte, au croisement de la sociologie et de la psychologie, par Marcel Mauss qui ouvrit la voie à la formalisation du registre symbolique, puis au structuralisme de Claude Lévi-Strauss. Voir Camille Tarot, De Durkheim à Mauss, l’invention du symbolique, Paris, La Découverte / M.A.U.S.S., 1999.
  • [3]
    Sur la remise en cause depuis une trentaine d’années des trois grandes institutions, l’entreprise, l’État et la famille, voir France : les révolutions invisibles, Paris, Calmann-Lévy, 1998, notamment les contributions de Daniel Cohen, Olivier Mongin et Irène Théry.
  • [4]
    Antoine Garapon, « Une société de victimes », dans France : les révolutions…, op. cit.
  • [5]
    Jean Leca, « Gouvernance et institutions publiques. L’État entre sociétés nationales et globalisation », dans J.-B. De Foucauld (éd.), La France en prospectives, Paris, Odile Jacob, 1996.
  • [6]
    « État et médiation : l’intérêt général et le processus de délibération », Repères prospectifs, n° 33, mai 1996, DAEI, ministère de l’Équipement, du Logement et des Transports.
  • [7]
    Gilles Lipovetsky, Le Crépuscule du devoir. L’éthique indolore des nouveaux temps démocratiques, Paris, Gallimard, 1992.
  • [8]
    Claude Lefort, Essais sur le politique (xixe-xxe siècle), Paris, Éd. du Seuil, 1986, p. 121, je souligne.
  • [9]
    Ibid., p. 114.
  • [10]
    Ibid., p. 265. Il prolonge en cela François Furet pour qui la révolution n’est intelligible qu’à condition de scruter le « changement symbolique du statut de l’État ».
  • [11]
    Dans Université de tous les savoirs, 3, Qu’est-ce que la société ? (sous la dir. d’Yves Michaud), Paris, Odile Jacob, 2000 (conférence de mai).
  • [12]
    Furet fustige les pseudo-ruptures : bourgeoisie au lieu de l’aristocratie, réforme au lieu de l’absolutisme, liberté et lumières au lieu de la société d’ordres.
  • [13]
    Marcel Gauchet : « On n’échappe pas à la philosophie de l’histoire. Réponse à Emmanuel Terray », Le Genre humain (« Le religieux dans le politique »), printemps 1991, p. 136.
  • [14]
    Marcel Gauchet, Le Désenchantement du monde. Une histoire politique du religieux, Paris, Gallimard, 1985.
  • [15]
    Daniel Sibony, Les Trois Monothéismes. Juifs, chrétiens, musulmans entre leurs sources et leurs destins, Paris, Éd. du Seuil, 1992, p. 120.
  • [16]
    Yehouda Schwartz, « Le royaume de Dieu et la terre pour le judaïsme », dans L’Homme et la terre, Paris, Point Hors Ligne, 1991, p. 39.
  • [17]
    Luc Ferry, L’Homme-Dieu ou le sens de la vie, Paris, Grasset, 1996, p. 231.
  • [18]
    Je m’appuie ici sur Alain Juranville, Lacan et la philosophie, Paris, P.U.F., 1996 ; Gérard Pommier, Libido illimited. Freud apolitique ?, Paris, Point Hors Ligne, 1990 ; Dany-Robert Dufour, Folie et démocratie. Essai sur la forme unaire, Paris, Gallimard, 1996 ; Alain Vanier, Lacan, Paris, Les Belles Lettres, 1998.
  • [19]
    Notamment la mère, non comme femme du père œdipien, mais comme place où s’accomplirait le manque, place illusoire de la jouissance absolue.
  • [20]
    Lacan appelle métaphore paternelle cette opération d’inscription dans la chaîne de signifiants.
  • [21]
    Pierre Legendre, Les Enfants du texte. Étude sur la fonction parentale des États, Paris, Fayard, 1992, pp. 52 et 229.
  • [22]
    Au bout de cette réflexion se trouve l’aphorisme de Lacan : il n’y a pas d’inconscient collectif, le collectif est une invention de l’inconscient.
  • [23]
    Charles Melman, « Les quatre composantes de l’identité », Bulletin de l’Association freudienne, n° 43, juin 1991.
  • [24]
    À ces deux familles se rapportent, approximativement, les deux conceptions politiques de la nation, droit du sang et droit du sol. Les principales positions sur ces questions sont présentées dans Gil Delannoi et Pierre-André Taguieff (sous la dir. de), Théories du nationalisme. Nation, nationalité, ethnicité, Paris, Kimé, 1991 ; et dans « La nation », La Pensée politique, Paris, Hautes Études, Gallimard, Éd. du Seuil, 1995.
  • [25]
    Une telle opposition est sans doute l’effet de la distinction, si prégnante dans la philosophie occidentale, entre conscience et raison.
  • [26]
    Traduction publiée par Odile Jacob en 1997.
  • [27]
    Will Kymlicka et Sylvie Mesure (sous la dir. de), Comprendre, « Les identités culturelles », Paris, P.U.F., 2000.
  • [28]
    Distinction qu’a parfaitement repérée Olivier Roy en ce qui concerne l’islam. Voir « Le néo-fondamentalisme islamique ou l’imaginaire de l’oummah », numéro de la revue Esprit consacré au « choc des cultures à l’heure de la mondialisation », avril 1996.
  • [29]
    À cet égard, la promotion systématique des droits de l’homme comme solution politique générique, qui a atteint le statut d’un quasi-catéchisme et qui se prolonge par la valorisation du droit des peuples à l’autodétermination, fait parfois plus de tort que de bien.
  • [30]
    L’influence qui guérit, Paris, Odile Jacob, 1994. Une société qui assume la symbolisation, avec ce que cela comporte de désagréablement « castrant » (une justice rigoureuse, une limitation active apportée à la toute-puissance des individus…), en fait beaucoup plus pour la cohabitation des différentes cultures qui la composent que les appels à un bon dosage entre communautarisme et intégration ou que les discours sur le respect d’autrui – préconisations qui dominent dans les politiques publiques actuelles.
  • [31]
    Je reprends une analyse proposée par Alain DidierWeil à propos du sacré romain. Sacer, dit-il à la suite de Benveniste, est sacré par essence, sanctus est sacré par l’action des hommes.
  • [32]
    Charles Melman, Clinique psychanalytique et lien social, Bibliothèque du Bulletin freudien, Association freudienne de Belgique, Bruxelles, 1991, p. 32.

Le Débat a prêté une attention constante et sans exclusive aux discussions de fond qui traversent les sciences sociales. Nous sommes heureux de publier, dans cet esprit, le plaidoyer de Pierre Beckouche en faveur d’un bon usage de Lacan. Plus de vingt ans après la mort de celui-ci, au-delà des disputes de chapelle, y a-t-il une inspiration féconde à tirer de son enseignement et laquelle ? Le débat est ouvert.
Les sciences sociales abordent souvent mal la question identitaire. Elles deviennent facilement normatives, critiquant les revendications à une identité – ethnique, religieuse, nationale – qu’elles jugent archaïque et survalorisée ou construite de toutes pièces. Ou alors elles se contentent de relever la puissance de l’appartenance des personnes à quelque chose qui les dépasse, mais sans l’expliquer vraiment. Pensons aux débats sur la construction européenne : les analyses tournent, au choix, à la promotion de l’Europe contre un attachement national présenté comme archaïque ; ou, au contraire, à la défense du sentiment national qui fonderait la république ; ou encore elles se bornent à constater un attachement à ce qu’on appelle indifféremment l’« imaginaire des peuples » ou les « symboles » (monnaie, drapeau, langue, droit de légiférer « chez nous » sur la chasse ou la pêche), sans que l’on sache très bien si ces symboles sont dérisoires ou fondamentaux. Nous parvenons mal à éclaircir ce champ du rapport social qu’on peut décrire ainsi : ce à quoi l’on tient et qui nous tient ; le champ, tout à la fois, des querelles sur la feta d’origine contrôlée et des valeurs pour lesquelles on pourrait aller jusqu’au sacrifice ultime…


Date de mise en ligne : 01/01/2011

https://doi.org/10.3917/deba.126.0174

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