Ouverture
- Par Thierry Fabre
Pages 8 à 9
Citer cet article
- FABRE, Thierry,
- Fabre, Thierry.
- Fabre, T.
https://doi.org/10.3917/lpm.hs01.0008
Citer cet article
- Fabre, T.
- Fabre, Thierry.
- FABRE, Thierry,
https://doi.org/10.3917/lpm.hs01.0008
1Bruno Etienne a été parmi les premiers membres fondateurs de la revue La pensée de midi, avec d’autres grands absents, comme Jean-Claude Izzo et Emile Temime. D’emblée, l’idée de créer, à partir de Marseille, une revue littéraire et de débats d’idées lui a semblé une exigence et une nécessité.
2La première fois que j’ai eu l’occasion de lui en parler, c’était à Pontevès, petit village provençal, non loin de celui de son frère, viticulteur, qui avait organisé une rencontre autour de la Provence et de la Méditerranée. Imaginer un trait d’union entre ces deux grands ensembles culturels, entre ces deux formes d’appartenance, terrestre et maritime, lui semblait répondre à un profond besoin en ce début des années 2000 où l’extrême droite dans notre région (Orange, Vitrolles, Marignane, Toulon) prônait l’alliance entre régionalisme et nationalisme. Face à la résurgence d’une idéologie maurrassienne, qui détourne et dévoie l’héritage provençal dans un repli identitaire, Bruno Etienne défendait avec toute sa force de conviction une ouverture vers le grand large et une fidélité à l’héritage andalou. Oui à l’héritage gréco-latin, à la majesté de la culture provençale, à condition qu’ils soient reliés à l’héritage judéo-arabe venu d’al-Andalus qui a donné toute la beauté de la poésie des troubadours.
3C’est sur cet axe que Bruno Etienne s’est investi dans La pensée de midi, et depuis il ne l’a plus quitté ! Dans chaque numéro ou presque il nous a apporté sa contribution et il était là, sans cesse, à chaque comité de rédaction, durant presque dix ans de publication de la revue. Les échanges étaient parfois vifs, souvent hauts en couleur, mais quelle joie d’avoir une personnalité telle que Bruno Etienne dans un comité de rédaction ! Il nous apportait de la vie, de sa vie faite d’intensité et de passion de comprendre, cette volonté aiguisée de débusquer les silences ou les compromis factices.
4Son apport à notre revue a été considérable, et c’est bien le moindre des hommages que nous voulons lui rendre en republiant ici, en un seul volume, l’ensemble des textes qu’il a écrits pour La pensée de midi durant ces dernières années.
5Ces textes sont rassemblés non selon l’ordre de leur parution, mais autour de quatre grandes parties : “Provence et Méditerranée” ; “Le savant et le politique” ; “France-Algérie, questions de mémoires” et “Islam(s)”.
Puisse ce numéro, “Bruno Etienne. Sur les chemins de la pensée de midi”, donner une idée de la richesse, de la générosité et de la profondeur d’un homme qui nous manque tant.