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Article de revue

Introduction historique du paiement à la pièce au salariat

Pages 72 à 80

Citer cet article


  • Beauvisage, J.
(2025). Introduction historique du paiement à la pièce au salariat. La Pensée, 422(2), 72-80. https://doi.org/10.3917/lp.422.0072.

  • Beauvisage, Jérôme.
« Introduction historique du paiement à la pièce au salariat ». La Pensée, 2025/2 n° 422, 2025. p.72-80. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-2-page-72?lang=fr.

  • BEAUVISAGE, Jérôme,
2025. Introduction historique du paiement à la pièce au salariat. La Pensée, 2025/2 n° 422, p.72-80. DOI : 10.3917/lp.422.0072. URL : https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2025-2-page-72?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/lp.422.0072


Notes

  • [1]
    Karl Marx, Le Capital, livre 1, chap. VI, achat et vente de la force de travail, trad. Joseph Roy, Paris, éd. Maurice Lachâtre, 1875, p. 75. Dans la traduction de Roy on parle plutôt de « laboratoire secret de la production ».
  • [2]
    Une innombrable littérature existe sur la production de la plus-value (ou survaleur), pour ma part j’ai abondamment puisé dans l’ouvrage très accessible d’Isabelle Garo, Marx, une critique de la philosophie, Paris, Points Seuil, 2000, p. 171-177.
  • [3]
    Karl Marx, Le Capital, trad. Joseph Roy, Paris, éd. Maurice Lachâtre et Cie, 1872, p. 100.
  • [4]
    Le texte de loi d’Édouard III trouva son prétexte immédiat dans la grande peste qui décima la population, la difficulté de se procurer des ouvriers à des prix raisonnables pour les « employeurs ». En conséquence la loi se chargea de dicter des salaires raisonnables ainsi que de fixer la limite de la journée de travail.
  • [5]
    Mathieu Arnoux, « Relation salariale et temps de travail dans l’industrie médiévale », Le Moyen Âge, tome CXV, 2009, p. 558.
  • [6]
    Jacques Le Goff, « Au Moyen Âge : temps de l’église et temps du marchand », Annales. Économies, sociétés, civilisations, 15e année, n° 3, 1960, p. 417-433. Toujours du même auteur : « Le temps du travail dans la “crise” du xive siècle : du temps médiéval au temps moderne », Le Moyen Âge, tome LXIX, 1963, p. 597-613.
  • [7]
    Pour les chrétiens, le temps n’appartient qu’à Dieu. Ainsi, l’usure est un péché, car c’est vendre le temps, donc l’usurier vend ce qui ne lui appartient pas. Comme l’écrit Jacques Le Goff, cette question est essentielle, car, « refuser un bénéfice sur le temps […] c’est ruiner toute possibilité de développement du crédit. »
  • [8]
    Jacques Le Goff, « Au Moyen Âge… », op. cit, p. 425.
  • [9]
    Jacques Le Goff, Pour un autre Moyen Âge. Temps, travail et culture en Occident, Paris, Gallimard, 1977, p. 56 et suivantes.
  • [10]
    Edward Palmer Thompson, « Time, Work-Discipline, and Industrial Capitalism », Oxford, Past & Present, n° 38, 1967. Rééd. in Temps discipline du travail et capitalisme industriel, Paris, Éditions de la Fabrique, 2004.
  • [11]
    Gerhard Dohrn-van Rossum, Histoire de l’heure. L’horlogerie et l’organisation moderne du temps, Paris, éd. de la MHS, 1997, 466 p.
  • [12]
    Corinne Maitte et Didier Terrier, Les Temps du travail. Normes, pratiques, évolutions (xive-xixe siècle), Rennes, PUR, 2014.
  • [13]
    Mathieu Arnoux, Relation salariale…, op. cit., p. 564.
  • [14]
    Sur le travail au Moyen Âge, voir : Patrice Beck, Philippe Bernardi, Laurent Feller (dir.), Rémunérer le travail au Moyen Age. Pour une histoire sociale du salariat, Paris, Picard, 2014, 528 p.
  • [15]
    Michel Pigenet, « Les modes de rémunération et d’embauche des ouvriers en Europe occidentale, évolutions et enjeux (années 1830-années 1930) », Fabien Salesse, Joëlle Alazard et Xavier Vigna, La Casquette et le marteau. Nouveaux regards sur le travail en Europe occidentale (1830-1930), Paris, éd. Bréal, 2021, 224 p.
  • [16]
    En réaction patronale à la grève de l’été 1888 des terrassiers qui fut un échec pour le tarif (tarif horaire).
  • [17]
    Michel Pigenet, Les Modes de rémunération, op. cit.
  • [18]
    Alain Dewerpe, Histoire du travail, Paris, PUF, coll. « Que sais-je », 2001, p. 102-118.
  • [19]
    Éric Geerkens, « L’application du système Bedaux dans l’industrie belge des années 30 », dans Le Travail à l’époque contemporaine. Actes du 127e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002, Paris, Éditions du CTHS, 2005, p. 111-125.
  • [20]
    Ibid., Geerkens, p. 112.
  • [21]
    Michel Pigenet, Les Modes de rémunération, op. cit.
  • [22]
    Sur cette question : Jérôme Gautié, « Débats et politiques du salaire minimum. La voie française en perspective internationale, des années 1890 à nos jours », dans Michel Margairaz & Michel Pigenet, Le Prix du travail. France et espaces coloniaux, xixe-xxe siècle, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2019, p. 37-48.
  • [23]
    Claude Didry, « Salaire à la pièce (xixe -xxe siècle). Du marchandage au salariat. », dans Michel Margairaz & Michel Pigenet, Le Prix du travail. France et espaces coloniaux, xixe-xxe siècle, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2019, p. 21-22.
  • [24]
    Claude Didry, « Salaire à la pièce… », op. cit. p. 23-24.

Tel le poète guidant Dante aux Enfers, Karl Marx nous introduit dans l’« antre secret de la production » où se loge le secret le mieux gardé du capitalisme : la production de la plus-value. En effet, la question redoutable posée à Marx est la suivante : comment peut-on produire plus de richesse en payant cependant toute marchandise à sa valeur ? Logiquement, la valeur des marchandises produites devrait rester égale à la somme des dépenses engagées dans leur production. Or dans le processus de production capitaliste, le produit final gagne en valeur, il y a donc là un mystère ! Marx va faire preuve ici de grande originalité et se démarquer des économistes classiques, comme Adam Smith ou David Ricardo. En effet, pour ces derniers, le salaire représente le prix du travail. Or, Marx s’élève contre cette trompeuse apparence. Car, derrière le travail se trouve en réalité « la force de travail employé ». Or, cette marchandise possède des caractéristiques sans pareilles, sources de plus-value. Comme toute marchandise, elle présente à la fois une valeur d’usage et une valeur d’échange. Sa valeur d’échange est le prix de sa reproduction. En tant que force vivante, le salaire doit permettre aux travailleurs de vivre et de travailler jour après jour, et cela dans des conditions qui sont définies à chaque époque comme acceptables. Mais il ne faut pas oublier que cette force de travail présente aussi une valeur d’usage qui est sa mise en œuvre concrète par le producteur. Car le capitaliste n’achète pas une quantité de travail donnée, mais une quantité de force de travail, c’est-à-dire l’usage de cette force de travail pendant une durée déterminé…


Date de mise en ligne : 12/06/2025

https://doi.org/10.3917/lp.422.0072

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