La négation dans la devinette en arabe marocain
Pages 45 à 66
Citer cet article
- ISSAIENE, Fatima Zahra,
- Issaiene, Fatima Zahra.
- Issaiene, F.-Z.
https://doi.org/10.3917/ling.561.0045
Citer cet article
- Issaiene, F.-Z.
- Issaiene, Fatima Zahra.
- ISSAIENE, Fatima Zahra,
https://doi.org/10.3917/ling.561.0045
Notes
-
[1]
wqiyya « once » est une ancienne mesure de poids valant un seizième de livre. Elle est utilisée ici pour marquer une petite quantité de clous.
1La littérature orale est un art collectif qui véhicule la mémoire d’un peuple mais également ses idéaux, ses règles de vie en communauté. Ces données orales sont ainsi représentatives des valeurs morales, religieuses, politiques et sociales de la communauté linguistique en question. Au Maroc, cet art s’exprime par des genres variés tels que : les proverbes, les devinettes et les contes. Avant l’invasion des mass-médias, pendant les veillées, ces composantes de la tradition orale étaient le passe-temps favori des petits et des grands.
2Mes recherches sont consacrées à l’étude des devinettes dite ḥәžžya en arabe marocain. L’énoncé de cette dernière, peut être constitué d’une phrase simple nominale, verbale ou d’une phrase complexe, négative, affirmative ou interrogative. Ces énoncés contiennent fréquemment des figures de style telles que la métaphore (ʕәndi ġar mʕammәr b lbiḍ « j’ai un gouffre plein d’œufs » où ġar « gouffre » remplace « bouche » et biḍ « œuf » évoque les dents, la personnification (ismha bsin ma hiya sәtta ma hiya skkin, lbnat tnaš w lwlad sttin « Son nom commence par un <s>, ce n’est ni six ni couteau. Elle a douze filles et soixante fils », la réponse ne réfère pas à une personne mais à l’horloge), la métonymie (myat sәn w sәn w mayakulš mәskin « Cent dents et une dent et il ne mange pas le pauvre » l’énoncé se concentre sur une partie de l’objet considérée comme représentative de celui-ci, la réponse est ici la carde à laine). La beauté de la devinette dépend aussi de sa structure rythmique qui se manifeste par des rimes, des assonances et des allitérations. Pour la plupart des devinettes présentées ici, j’ai pris le parti au niveau de la segmentation d’aller à la ligne afin de restituer les vers, de façon à reproduire le rythme de la diction, puisqu’à la fin de chaque vers il y a une pause brève.
3Les devinettes marocaines abordent de très nombreux thèmes et leur recueil représente une source ethnolinguistique importante permettant d’obtenir un panorama de la vie quotidienne traditionnelle, des activités agricoles ou pastorales pratiquées par les générations antérieures ainsi que l’importance des rites religieux.
4J’ai choisi, dans cet article, d’étudier plus particulièrement les énoncés qui font intervenir la négation grammaticale. J’ai donc, pour cette analyse, extrait de mon corpus des devinettes qui contiennent le morphème de négation. Mon corpus compte 770 devinettes recueillies dans plusieurs villes du Maroc notamment : Marrakech, Fès, Tanger et Oujda. L’observation du corpus montre une large diffusion des devinettes sur le territoire national puisque rares sont les devinettes propres à une seule région ; il est possible de citer les devinettes portant sur l’activité minière collectées à Jәrada – ex cité minière productrice de charbon située au Nord-Est du Maroc – qui sont restées locales. En voici un exemple :
| 1. | ḥaži-t-k | ʕla | d-daxəl | mafqud | |
| raconter-p1.acc-p2 | sur | def-entrant | perdu | ||
| w | l-xarəž | məwlud | |||
| et | def-sortant | né |
5« Je te raconte sur : celui qui y rentre est perdu et celui qui en sort est né »
6Solution : l-mina « la mine ».
7L’arabe marocain (AM) ou əd-darija est une langue sémitique de la famille des langues chamito-sémitiques. Elle représente la langue qu’on utilise dans la vie quotidienne, en famille et entre amis. L’AM regroupe des variétés régionales dont les différences sont d’ordre phonétique/phonologique et lexical.
8L’AM possède, pour nier, un morphème de négation ma et sa variante la qui peuvent tous deux se présenter sous une forme continue ou discontinue. Nizha Chatar-Moumni indique que « ma- dérive probablement de l’arabe classique qui marque la négation syntaxique par le morphème : laa, lam, lan, maa ou laysa en fonction des modalités temporelles et aspectuelles qui déterminent le verbe et du type de phrase » (Chatar-Moumni, 2013 : 225). Le deuxième élément de la forme discontinue est šay « chose » qui peut se réaliser sous une forme réduite ši ou š.
9La négation peut déterminer un noyau syntaxique verbal ou non verbal. Dans les assertions, la variante discontinue ma…ši détermine un prédicat verbal alors que la variante continue maši précède le prédicat non verbal qu’elle détermine. Enfin, il existe aussi toute une série de contextes où le morphème de négation se réduit au seul ma (Caubet, 1996 : 85 et Chatar-Moumni, 2008 : 89). Il sera analysé également les différents cas d’utilisation de la variante la.
10L’AM possède également un morphème propositionnel lla « non » qui est utilisé pour exprimer une négation absolue, et apparait alors seul en réponse à une question, comme dans le dialogue suivant : waš klit ? « As-tu mangé ? » lla « non ».
11Au niveau pragmatique, selon Henning Nølke (1984), la négation peut être descriptive ou polémique. La négation descriptive « sert tout simplement à décrire un état du monde. Elle n’implique aucune idée de l’existence d’une présomption contraire » (Nølke, 1984 : 224) alors que la négation polémique « sert à s’opposer à une pensée susceptible d’être soutenue par un être discursif » (Nølke, 1984 : 223). Il faut noter que la négation métalinguistique qui « permet à un locuteur non de nier le contenu d’une unité mais d’émettre une objection sur la forme d’une unité-par opposition à un usage non marqué de la négation » (Chatar-Moumni, 2008 : 91) fait partie de la négation polémique. Ainsi, pour exprimer son admiration devant la très bonne cuisine de quelqu’un, un locuteur peut dire : maši ṭaybt bdʕt « Elle n’a pas cuisiné, elle a innové ».
12Dans mon corpus, le morphème de négation a toujours pour valeur pragmatique d’être descriptive.
1. le morphème de négation ma et ses variantes
1. 1. La négation non verbale
13La forme maši sert à nier des prédicats non verbaux : nom, pronom, adjectif, adverbe, ou participe, dans le cas d’une assertion négative.
| 2. | y-bda | b-l-mim | ||||
| p3m.inac.commencer | avec-def-m | |||||
| w-l-min | ʕand-u | tlata | dyal | l-wadn-in | ||
| et-def-m | chez-p3m | trois | de | def-oreille-pl | ||
| xayəb | maši | zwin | ||||
| laid | neg | beau | ||||
| ma | t-walli | bin-na | w | bin-u | l-mʕəzza | |
| neg | p3f.inac-revenir | entre-p4 | et | entre-p3m | def-tendresse | |
| ḥətta | l-waqt | l-ḥəzza | ||||
| jusqu’à | def-heure | def-besoin |
14« Il commence par la lettre <m> et le <m> à trois oreilles, il est laid ; il n’est pas beau. La tendresse ne revient entre lui et nous que dans le moment du besoin. »
15Solution : l-mžmər « le kanoun » ou « brasero portatif, à trois pieds et trois cornes, façonné en terre (cuite ou simplement séchée) sur quoi on fait la cuisine […] » (de Premare, 1993 : 666)
16Le poseur de la devinette donne la première lettre de l’objet à deviner puis cite une caractéristique matérielle de cet objet à savoir tlata dial l-wadnin « trois oreilles » qui sont les parties destinées à maintenir les récipients. À force d’être utilisé, cet ustensile noircit. C’est pour cela que l’emploi de l’adjectif « laid » n’est pas suffisant, on insiste sur son aspect peu esthétique en niant l’antonyme « beau ». Afin de trouver la solution, un dernier indice est donné : l’usage de cet objet est fréquent et sa fonction est spécifique.
1. 2. La négation verbale
17La négation se réalise sous la forme discontinue ma… š/ši quand elle détermine un prédicat verbal. Harrel rapporte à cet effet que : « normal verbal negation consists of prefixing ma- to a verb form and suffixing -š instead of -š some Moroccans say -ši… » (cité par Sabia, 1982 : 91).
18Nizha Chatar-Moumni précise que le morphème šay’ « chose » « subit un affaiblissement sémantique et perd son sens plein de chose » il subit également « un affaiblissement phonétique et se réduit à un élément toujours conjoint -š/-ši pour donner en AM, le synthème par composition à signifiant discontinu ma…š ou la…š, et le synthème par composition continu maši » (Chatar-Moumni, 2008 :84).
| 3. | y-həz | mən | l-xšəb | qənṭar | ||
| p3m.inac-porter | de | def-bois | quintal | |||
| w | ma | y-həz-š | wqiyya [1] | mən | l‑məṣmar | |
| et | neg | P3m.inac-porter-neg | once | de | def-clou |
19« Il porte un quintal de bois et ne porte pas une once de clous »
20Solution : l-ma « l’eau »
21Dans ces deux phrases coordonnées, on observe la répétition du verbe haz « porter » à l’inaccompli. Dans la première phrase, le poseur de la devinette évoque le fait que les bateaux sont portés par l’eau malgré leur poids alors que dans la seconde, le verbe déterminé par la négation sous sa forme discontinue ma…š indique que les objets en fer, eux, bien que plus légers, ne flottent pas. La devinette joue sur le rapport antonymique : il peut/il ne peut pas, procédé extrêmement fréquent pour mettre sur la piste de la solution.
| 4. | rḥiyya | fug | rḥiyya | |
| petit moulin | sur | petit moulin | ||
| w | rḥiyya | ma | t-ṭḥan-ši | |
| et | petit moulin | neg | p3f.inac-moudre-neg | |
| raṣ-ha | raṣ | lәfʕa | ||
| tête-p3f | tête | vipère | ||
| w | lәfʕa | ma | t-ldaġ-ši | |
| et | vipère | neg | p3f.inac-mordre-neg |
22« Petit moulin sur petit moulin et ce petit moulin ne moud pas, sa tête est celle d’une vipère et la vipère ne mord pas. »
23Solution : l-fəkrun « la tortue »
24Dans cet exemple on retrouve la négation ma…ši qui détermine les verbes « moudre » et « mordre » à l’inaccompli. C’est un procédé très fréquent dans la devinette que d’expliquer tout ce que ne peut pas faire l’entité à trouver malgré son physique qui le rapproche d’une autre entité qui elle peut faire toutes ces actions. Ici, le corps de l’animal recherché est comparé au moulin domestique, objet encore très utilisé au Maroc, qui comporte deux meules et dont la meule supérieure est mise en mouvement manuellement. Les meules sont généralement en pierre, ainsi le moulin est rigide comme la carapace de la tortue. Quant à la deuxième proposition qui compare l’animal à la vipère, elle fait référence au fait que ces deux animaux appartiennent à la famille des reptiles, la différence l’un mord et l’autre non. La négation dans cette devinette a un sens absolu et équivaut à « pas du tout » ou « absolument pas ». On retrouve ce sens dans la conversation courante, ainsi, si je dis : had lmašina txallәṭ ma tṭḥanši « cet appareil mixe, il ne moud pas » cela signifie qu’il ne moud pas du tout ou absolument pas puisqu’il n’est pas adapté à cette fonction. Pour exprimer que l’objet ne moud rien, il est nécessaire de supprimer le deuxième élément de la négation en le remplaçant par walu « rien » soit ma tṭḥan walu « il ne moud rien ». Dans la devinette ma t-ṭḥan-ši a bien le sens de « il ne moud pas du tout » ou « il ne moud absolument pas » car ce n’est pas un moulin. Quant au verbe ldaġ « mordre », il n’est utilisé que pour les animaux venimeux (surtout serpent et scorpion), la tortue n’est pas venimeuse donc elle ne mord pas du tout, elle ne mord absolument pas.
25Bien qu’aucune devinette de mon corpus ne peut illustrer cette possibilité, il est utile de rappeler que la variante maši peut nier un prédicat verbal en AM mais uniquement dans un contexte spécifique qui est celui de la négation polémique de type métalinguistique.
1. 3. La valeur de la négation modifiée par l’emploi de certains morphèmes
26La négation ma peut aussi être étroitement liée à des morphèmes de classes syntaxiques différentes (nom, adverbe, pronom spécifique etc.). Ces derniers viennent ajouter une quantité à la négation, de manière à restreindre sa portée ou pour lui apporter une valeur temporelle.
Le pronom indéfini : ḥədd « personne »
27Une seule devinette sur les 770 de mon corpus contient la négation ma en lien avec ḥədd « personne ». Nizha Chatar-Moumni précise que « pour le trait [+ humain], ma- s’est associée à ḥədd de l’arabe classique ʔaḥadun « un », le plus petit numéral quantifieur, pour signifier « pas un » c’est-à‑dire une quantité zéro » (Chatar-Moumni, 2013 : 227). Il est intéressant de signaler que ḥədd « personne » ne peut être employé dans une phrase affirmative.
| 5. | t-badi | b-ṛ-ṛa | |||
| p3f.inac-commencer | avec-def-r | ||||
| w-ṛ-ṛa | la | xərž-t | blmərra | ||
| et-def-r | si | sortir-p3f.acc | définitivement | ||
| w ila | dəxl-t | ||||
| et si | entrer-p1.acc | ||||
| ma | šaf-ha | ḥədd | bəṛṛa | ||
| neg | regarder.P3m.acc-p3f | personne | dehors |
28« Elle commence par la lettre <r> et cette lettre <r> si elle sort, elle sort définitivement, si elle entre personne ne l’apercevra dehors ».
29Solution : ṛ-ṛuḥ « l’âme »
30L’indication de la première lettre aide à restreindre les champs de la réponse, puis la suite de la devinette évoque la mort. En effet si l’âme sort d’un corps elle ne peut le réintégrer. Comme on l’a déjà fait remarquer l’astuce de la devinette est basée sur le mécanisme des oppositions. L’inverse de la mort c’est la naissance.
Le connecteur ḥətta « jusqu’à »
31Les propositions que ḥətta « jusqu’à » introduit peuvent avoir différentes valeurs : temps, but, limite spatiale. ḥətta peut introduire une proposition négative, comme dans l’exemple suivant :
| 6. | y-bda | b l-ḥa | ||||
| p3m.inac-commencer | par-def-ḥ |
| w | l-ḥa | |||||
| et | def-ḥ | |||||
| ktər | mən | bba-h | w | mən | žədd-u | |
| plus | de | père-p3m | et | de | grand père-p3m | |
| w | xəlla-w-l-u | l-həmm | ḥətta | ma | gədd-u | |
| et | laisser-P6.acc à-p3m | def-souci | jusqu’à | neg | pouvoir- p6.acc |
32« Il commence par la lettre <ḥ> et le <ḥ> est plus grand que son père et son grand-père, ces derniers lui ont laissé des soucis autant qu’ils ont pu. »
33Solution : l-ḥmar « l’âne »
34Si la proposition principale est négative et que la proposition subordonnée est introduite par le subordonnant ḥətta, ce dernier permet d’exprimer une négation restrictive comme on peut l’observer dans l’exemple suivant :
| 7. | y-tsəmma | b-l-ba | |
| p3m.inac-se nommer | avec-def-b | ||
| w | l-ba | ||
| et | def-b |
| dayər | f-s-sma | krakab | |||
| faisant | dans-def-ciel | rond.pl | |||
| ma | y-nzəl | ||||
| neg | p3m.inac- descendre | ||||
| ḥətta | y-xali | xu-h | rakəb | ||
| jusqu’à | p3m.inac-laisser | frère-p3m | installé |
35« Il se nomme avec la lettre <b> et le <b> fait des ronds dans le ciel, il ne tombe de l’arbre que lorsqu’il laisse son frère s’installer »
36Solution l-bakur « les figues bifères »
37Le figuier bifère est une espèce de figuier très connu au Maroc. Cette plante a deux récoltes, une première généralement au mois de juillet, pour une durée de trois semaines à un mois, et une deuxième à la mi-août.
L’adverbe temporel ʕəmmər « jamais »
38Mon corpus compte neuf devinettes qui contiennent la négation en coexistence avec ʕəmmər « jamais ». « À l’origine, le mot a le sens de « vie » et serait donc à rapprocher du jamais de la vie français » (Caubet, 1996 : 91). Lafkioui, quant à elle, indique que « the constituent ʕəmmər, originally a noun grammaticalized into an adverb of frequency, is grammaticalized into a negation adverb » (Lafkioui, 2013 : 21). Il faut noter que ʕəmmər « jamais » est toujours suivi d’un pronom personnel suffixé référant au nom qui détermine le verbe nié.
39Dans les énoncés des devinettes, la négation ma est, soit postposée à ʕəmmər « jamais » (devinette 8), soit répétée en se plaçant avant et après ʕəmmər « jamais » (devinette 9).
| 8. | wlad | ʕəlwan | kḥlin | lwan | |||
| enfant.pl | Alouane | noir | couleur.pl | ||||
| s-suq | mabni | w | l-ḥəs | ʕəmmər-u | ma | kan | |
| def-souk | bâti | et | def-bruit | jamais-p3m | neg | exister |
40« Les enfants d’Alouane sont de couleur noire le souk est bâti et il n’y a jamais eu de bruit ».
41Solution : n-nməl « les fourmis »
42Les fourmis sont évidemment symbolisées par la couleur noire. s-suq mabni « le souk est bâti » fait référence à la fourmilière contenant quelques dizaines à plusieurs millions d’individus. Malgré cette foule, jamais les hommes n’entendront de bruit, les fourmis sont silencieuses.
43La devinette suivante illustre la structure ma ʕəmmər-hum ma :
| 9. | ʕənd-i | žuž | xxut | mtšabh-in | ||
| avoir-p1 | deux | frère.pl | se ressemblant-pl | |||
| w | ma | ʕəmmər-hum | ma | kan-u | mtsalm-in | |
| et | neg | jamais-p6 | neg | être-p6 | se saluer-pl |
44« J’ai deux frères qui se ressemblent et jamais ils ne se sont salués »
45Solution : l-ḥyuṭ l-mətqabl-in « les murs en parallèle »
46Les murs d’une pièce sont identiques, on les considère dans la devinette comme des frères jumeaux. Pour se saluer, les gens se rapprochent pour se serrer la main ou pour se faire la bise. Mais ces deux frères ne le peuvent pas car ils sont opposés et inanimés.
Les adverbes interrogatifs
47En AM, lorsque la négation détermine un verbe qui a pour expansion une proposition subordonnée verbale introduite par un adverbe interrogatif tels que ʕlaš « pourquoi ? », baš « avec quoi ? » kifaš « comment ? », la négation se réalise toujours avec la variante courte ma. Je n’ai trouvé que trois exemples et toujours avec l’adverbe interrogatif baš « avec quoi ? » :
| 10. | y-bda | b-n-noun | |||
| p3m.inac-commencer | avec-def-n | ||||
| w-n-noun | f-s-sma | y-fayəš | |||
| et-def-n | dans-def-ciel | p3m.inac-trainer | |||
| šaf-u | l-awwəl | w | t-tani | ||
| regarder-P3m | def-premier | et | def-deuxième | ||
| w | ma | ʕərf-u-h | baš | ʕayəš | |
| et | neg | savoir-p6.acc-p3 | avec quoi | vivant |
48« Il commence par la lettre <n> et le <n> traîne dans le ciel, plusieurs personnes l’ont vu et on ne sait pas de quoi il se nourrit »
49Solution : n-namus « les moustiques »
50La négation est utilisée ici de manière ironique car tout le monde sait bien que les moustiques se nourrissent de sang.
L’adverbe restrictif ġi « seulement »
51ġi variante de l’adverbe ġir, « seulement » détermine le verbe et ce dernier est également déterminé par la négation, l’ensemble produit une négation restrictive. Dix devinettes présentent ce type de négation, en voici un exemple :
| 11. | maṭmurt-i | ṣəmm | ṣəmm | |
| silo-p1 | petite pierre | petite pierre | ||
| ma | tən-ḥal | ġi | b-l-ʕḍǝm | |
| nég | p3f.inac-ouvrir | seulement | avec-def-os |
52« Mon silo est rempli de petites pierres qui ne s’ouvrent qu’avec un os »
53Solution : r-rumana « la grenade »
54Ici l’os symbolise le couteau. La répétition du syntagme « petite pierre » permet d’exprimer la grande quantité de graines que l’on trouve à l’intérieur de ce fruit.
1. 4. Autres emplois de la négation
La juxtaposition
55Il existe d’autres contextes où la négation ma est utilisée, notamment lorsque deux ou plusieurs unités négatives sont juxtaposées, Nizha Chatar-Moumni précise que « du point de vue intonatif, les deux phrases doivent être enchaînées sur un débit assez rapide, ce qui explique peut-être la chute de l’enclitique -š » (Chatar-Moumni, 2008 : 90).
56Mon exemple contient trois propositions nominales juxtaposées où à chaque fois c’est le pronom de troisième personne qui est déterminé par ma « négation ». Littéralement la première proposition ma hiya sənsla correspond à : « pas elle est chaîne » puisque le nom est prédicat.
| 12. | t-bda | b | s-sin | ||
| p3f.inac-commencer | avec | def-s | |||
| ma | hiya | sənsla | |||
| neg | p3f | chaîne | |||
| ma | hiya | səkkin | |||
| neg | p3f | couteau | |||
| ma | hiya | f | ṣənʕət | l-bənnaya | |
| neg | p3f | dans | œuvre | def-maçons | |
| fəkk-i-ha | wəlla | noḍ-i | mən | ḥda-ya | |
| dénouer.imp-p2f-p3f | ou bien | lève.imp-p2f | de | à côté de-p1 |
57« Elle commence avec la lettre <s>, elle n’est ni chaîne ni couteau ni l’œuvre de maçons, résous-la (la devinette) ou alors lève-toi (et éloigne-toi) de moi. »
58Solution : s-sfina « le bateau »
59Cette devinette donne la première lettre de l’objet à découvrir. Puis pour aider à trouver la solution, elle élimine trois objets qui commencent par la lettre <s> : sansla « chaîne », skin « couteau » et ṣənʕət l-bənnaya « œuvre de maçons ».
Nom indéterminé
60Aziz Adila indique que « lorsque la négation porte sur un complément porteur de l’article ø, l’élément négatif suffixal -š ne paraît pas » (Adila, 1996 : 106). Ce qui signifie que lorsque le nom n’est pas déterminé par le défini, la négation a pour signifiant ma :
| 13. | ta- kul | w | t-nətkəl | |
| p3f.inac-manger | et | p2f.inac-être mangé | ||
| w | ma | fi-ha | dəm | |
| et | neg | dans-p3f | sang | |
61« Elle mange et se mange et n’a pas de sang ».
62Solution : l-bəbbouš « les escargots ».
63Le poseur de la devinette donne deux indices importants : l’entité que l’on doit découvrir mange et est mangé par conséquent c’est un animal. Le deuxième indice précise que cet animal n’a pas de sang. D’un point de vue scientifique le sang de cet animal est différent de celui des humains, il ne contient pas d’hémoglobine, cet animal est donc un invertébré.
64En AM la négation ma sera également employée dans les serments et dans les propositions relatives introduites par le pronom relatif indéterminé. Il est impossible d’illustrer ces deux cas par des devinettes, je citerai donc les exemples tels que segmentés glosés et traduits par Aziz Adila (1996 : 105) :
| a) wəllah | ma | nəhdər | mʕa-h |
| par Dieu | ne | je parlerai | avec-lui |
65« Je te jure que je ne parlerai pas avec lui »
| b) ma | ʕənd-i | ma | ngul | li-h |
| ne | chez-moi | quoi | je dirai | à-lui |
66« Je n’ai quoi lui dire »
1. 5. La négation dans les phrases complexes introduites par les subordonnants ila « si realis » ou lukan « si irrealis »
67Philipe Marçais indique qu’en AM « deux modes d’expression de l’hypothèse et de la condition sont à envisager. Le réel (supposition du possible, notion de conditionnel, évocation de l’éventuel) recourt généralement à …-ila […], l’irréel (évocation de l’irréalisé, supposition de l’impossible) a comme instrument …lu-kan […] » (Marçais, 1977 : 240).
68Dans l’exemple suivant, la proposition subordonnée ila ma ḥəḍrt f lfərḥ « si elle n’assiste pas à la joie » est placée avant la proposition principale ce qui explique la chute de l’élément négatif š. Dans le cas contraire, la présence de š aurait été obligatoire pour exprimer la négation.
| 14. | t-bda | b-d-dal | |||
| p3f.inac.commencer | avec-def-d | ||||
| w-d-dal | kabba | f- | l-ḥdura | ||
| et-def-d | coulé | dans | def-pente | ||
| ila | ma | ḥəḍr-t | f- | l-fərḥ | |
| si realis | neg | assister-p3f.acc | dans | def-joie | |
| t-ḥḍər | f- | ḍ-ḍrura | |||
| p3f-inac-assister | dans | def-malheur.pl |
69« Elle commence par la lettre <d> et le <d> coule sur la pente, si elle n’assiste pas à la joie, elle assiste aux malheurs ».
70Solution : d-dəmʕa « la larme »
71Le diseur de la devinette fournit la première lettre de l’objet à deviner. C’est probablement un liquide puisqu’il est précisé qu’il coule sur une surface inclinée (l-ḥdura « la pente »), cette dernière représente les joues. Le dernier indice montre que ce liquide est présent dès que l’on est malheureux et ne se produit pas lorsqu’on est joyeux. La supposition est introduite par le subordonnant réalis puisqu’on évoque des faits réels.
72Dans la devinette suivante, la négation détermine un verbe dans une proposition introduite par le connecteur lukan « si irrealis ». Après lukan, la négation du prédicat verbal se réalise avec la forme discontinue ma…š/ši sauf dans la structure lukan ma xəft qui est une structure semi figée.
| 15. | y-bda | b-ṛ-ṛa | w-ṛ-ṛa | |
| p3m-commencer | avec-def-r | et-def-r |
| ža | mən | blad | bʕida | |
| venir | de | pays | lointain | |
| lukan | ma | xəf-t | n-kdəb | |
| si irrealis | neg | avoir peur-p1.acc | p1.inac -mentir | |
| dayər | ʕla | raṣ-u | wqida | |
| mettant | sur | tête-p3m | allumette |
73« Il commence par la lettre <r> et le <r> vient d’un pays lointain, si je n’ai pas peur de mentir il a une allumette sur sa tête »
74Solution : ṛ-ṛumi « le Roumi »
75Les Roumis sont pour les Arabes les personnes chrétiennes d’origine européenne et pour les Marocains cela désigne plus précisément les Français. ʕla rassu wqida « une allumette sur sa tête » indique que cette personne porte un képi rouge (comme la tête de l’allumette) et de ce fait, on comprend aussitôt que la personne qui est décrite est un officier de l’armée française pendant la colonisation.
2. L’emploi de la variante de la négation la
2. 1. Les phrases injonctives
76En tant que variante de la négation, la apparaît dans plusieurs contextes ainsi que le rapporte Dominique Caubet : « en tant que particule négative, elle est utilisée dans des cas assez voisins de ma seul : injonction, construction double, serment, menace, elle a également une connotation archaïque ou de niveau de langue littéraire. » (Caubet, 1996 : 88).
77Abdelali Sabia ajoute « un autre cas de l’emploi de la est celui où le morphème la sert à nier un verbe à l’inaccompli, mais comme négation de défense ; le verbe étant à ce moment-là à l’impératif » (Sabia 1982 : 79). Je n’ai relevé qu’un seul exemple dans mon corpus :
| 16. | krawʕ-u | mənšar | ||
| patte.pl-p3m | scie | |||
| w | ʕin-u | ki | l-ḥmar | |
| et | œil-p3m | comme | def-âne |
| f | l-ġərs | t-kun | hwal-u | |
| dans | def-récolte | p3f.inac-être | ce qui agite l’esprit-p3m | |
| ya | rəbbi | la | t-wərri-u-ha-l-u | |
| oh | Dieu | neg | p5.inac-montrer- P5-p3f-à-p3m |
78« Ses pattes sont une scie, ses yeux sont comme ceux de l’âne, il se réjouit pendant la récolte, oh Dieu ! ne la lui montrez pas ! »
79Solution : ž-žraḍ « les criquets »
80Les criquets sont considérés comme des insectes ravageurs, ils peuvent causer de très importants dégâts. krawʕ-u mənšar « ses pattes sont une scie » attire l’attention sur les multiples épines fixées sur les pattes de ces insectes, semblables aux dents d’une scie. ʕin-u ki l-ḥmar « ses yeux sont comme ceux d’un âne » caractérise les grands yeux que possèdent ces insectes. La devinette montre dans la troisième proposition que les criquets bruissent pendant la période de la récolte. Ainsi de peur que les champs soient ravagés, on prie Dieu de les épargner des criquets.
81Dans cet énoncé, la dernière phrase exprime une injonction prohibitive ce qui contraint à employer la forme la de la négation.
2.2. La négation en coexistence avec la coordination
82Dans ce contexte, deux noms coordonnés sont niés, pour ce faire la négation sous sa forme la détermine le premier nom mais sa portée sémantique englobe le deuxième nom grâce au coordonnant à valeur adversative nécessairement employé wəlla « ou bien ».
83Les exemples sont nombreux, 26 devinettes contiennent cette coordination négative qui correspond en français à ni…ni. Toutefois, il est bon de préciser que l’élément la n’est pas obligatoire. Il peut être supprimé sans véritable changement de sens. Dans l’exemple suivant, on peut supposer que c’est pour garder l’équilibre rythmique qu’il a été conservé :
| 17. | mksi | b-luber | hbəṭ | mən | s-sma | l-l-larḍ | |
| vêtu | avec-velours | descendre | de | def-ciel | à-def-terre | ||
| ma | ʕraf-na-h | la | nta | wəlla | dkar | ||
| neg | savoir-p4.acc-p3 | neg | femelle | ou bien | mâle |
84« Il est vêtu en velours, il est descendu du ciel vers la terre, nous ne le savons ni femelle ni mâle ».
85Solution : l-ḥəwli « le mouton »
86Pour trouver la solution de cette devinette il faut connaître l’histoire coranique et particulièrement celle qui concerne aîd al adḥa, « la fête du sacrifice ». Dieu demande à Ibrahim, pour tester et éprouver sa foi, de sacrifier son fils unique Ismaël. Ce dernier accepte de se soumettre à la volonté de Dieu et tente alors d’immoler son fils avant d’être stoppé par l’archange Jibril (Gabriel) qui remplace Ismaël par un bélier. Le premier indice est luber « velours » qui rappelle la douceur de la laine du mouton. hbət mən s-sma l l-lard « il est descendu du ciel vers la terre » est l’indice majeur car il évoque la descente du mouton venu remplacé le fils d’Ibrahim.
3. le morphème propositionnel lla « non »
87lla est défini par Antoine de Premare comme une « négation énergique, absolue, catégorique : mais pas ! Pas du tout ! Absolument pas ! huwwa fasi w ana lla « il est de Fès moi non ! » hadi dyali w hadi lla « ceci est à moi, pas ça ! » » (Premare de, 1993 : 2121). Il est assez rare de trouver son emploi dans les devinettes mais en voici un exemple :
| 18. | ḥəžra | žər | žər | ḥəžra | lla |
| pierre | tirer.p2 m.imp | tirer.p2 m.imp | pierre | non | |
| t-ġṭəṣ | w | t-ʕum | ḥuta | lla | |
| p3f.inac-plonger | et | p3f.inac-nager | poisson | non | |
| t-wləd | l-biḍ | džaža | lla | ||
| p3f.inac-pondre | def-œuf.pl | poule | non | ||
| t-rʕa | f-l-xla | məʕza | lla | ||
| p3f.nac-brouter | dans-def-brousse | chèvre | non | ||
| raṣ-ha | raṣ | lələfʕa | w | hiya | |
| tête-p3f | tête | vipère | et | p3f | |
| ma | t-ldaġ-š | ||||
| neg | p3f.inac-mordre-neg |
88« Pierre, tire, tire. Une pierre (?) Non
89Elle plonge et nage. Un poisson (?) Non
90Elle pond des œufs. Une poule (?) Non
91Elle broute de l’herbe. Une chèvre (?) Non
92Sa tête est celle d’une vipère et elle ne mord pas ».
93Solution : l-fəkrun « la tortue »
94Cette devinette se compose de phrases affirmatives suivies de phrases non verbales qui peuvent être comprises comme des interrogatives ayant pour réponse une négation absolue annulant les suppositions que l’on aurait pu déduire des affirmations. Ainsi la structure de cette énigme se construit comme suit : ce que l’on cherche possède les caractéristiques de X est-ce X ? Ce n’est pas X. Dans le premier vers, ḥәžra žәržәr ḥәžra lla « une pierre, tire, tire, une pierre non » met l’accent sur la passivité et la rigidité de la tortue au niveau de sa carapace. Grâce au second vers, on sait que son milieu de vie est aquatique, par le troisième on apprend que c’est un animal ovipare, le quatrième vers traite de son régime alimentaire. Le dernier vers rapproche la forme de la tête de l’animal recherché de celle d’un autre animal de la même famille.
Conclusion
95J’ai essayé d’examiner le fonctionnement de la négation grammaticale dans la devinette en AM. Ainsi 193 devinettes utilisent la négation pour décrire ou définir l’objet à deviner. Il apparaît que la négation ma et sa variante la peuvent apparaître, dans certains contextes, sous forme de signifiant discontinu avec l’ajout de š/ši. Il n’est pas rare de trouver également la variante maši. De façon prototypique le verbe sera nié par la négation sous sa forme discontinue et plus rarement par ma tandis que le prédicat non verbal est canoniquement déterminé par la variante maši.
96La devinette décrit le référent recherché par des attributs jugés pertinents pour trouver la solution. Pour cela, soit on procède par comparaison (X est comme Y) soit par la négative (X n’est/n’a pas Y). Ainsi dans plusieurs énoncés, la négation non verbale porte sur la morphologie de l’objet recherché, comme dans la devinette (2) où maši zwin « pas beau » insiste sur l’apparence du kanoun « brasero » après utilisation. Avec la négation verbale on insiste sur l’action ou le comportement que l’objet à deviner ne peut pas exécuter. Dans la devinette (3) ma y-həz-š « il ne porte pas » souligne l’incapacité de quelques matériaux à être portés par l’eau. La négation dans la première partie de l’énoncé de la devinette (4) porte sur la fonction principale du moulin qui n’est pas remplie par l’objet qui lui ressemble : ma t-ṭḥan-ši « il ne moud pas » tandis que la deuxième négation porte sur le comportement de l’animal qui bien qu’ayant la tête d’une vipère ma t-ldaġši « elle ne mord pas » pour se défendre ou se nourrir.
97Afin de donner une idée de la fréquence d’utilisation de la négation dans les devinettes, j’ai établi des tableaux synthétiques indiquant le nombre de devinettes de mon corpus contenant une phrase négative selon la variante et selon le contexte :
| Le morphème de négation et ses variantes | ||||
| ma…ši | maši | ma | la | |
| verbe | nom | nom indéfini | phrases injonctives | coordination |
| 20 | 3 | 47 | 4 | 26 |
98Le morphème propositionnel « non » n’a été trouvé que dans une seule devinette.
| Le morphème de négation ma en association avec autre morphème | ||||
| pronom indéfini | connecteur | adverbes | ||
| temporel | interrogatif | restrictif | ||
| ḥədd « personne » | ḥətta « jusqu’à » | ʕəmmr | baš | ġi |
| 1 | 12 | 9 | 3 | 10 |
99Au vu de ces résultats, on constate que la négation détermine plus fréquemment dans les devinettes un nom indéfini, puis des morphèmes ou des phrases coordonnées ensuite vient, seulement en troisième position, la détermination verbale. Enfin, lorsqu’un morphème vient modifier le sens de la négation, on note que le plus fréquent est le subordonnant ḥətta « jusqu’à », qui permet d’exprimer une négation restrictive.
Références bibliographiques
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- Chaabane Nadia, 1996, « La négation en arabe tunisien », Dominique Caubet & Salem Chaker, La négation en berbère et arabe maghrébin, Paris, L’Harmattan, pp. 117-134.
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- Chatar-Moumni Nizha, 2015, « Vers une standardisation de l’arabe marocain ? Echo des Études Romanes », Ceske Rudejovice, en ligne : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01739218/document.
- Henning Nølke, 1994, « Les lectures de ne… pas : éléments d’une explication modulaire », Linx, en ligne : http://linx.revues.org/1212.
- Premare Alfred-Louis de, 1993, Dictionnaire arabe-français, tome I, L’Harmattan.
- Ducrot Oswald, 1972, Dire et ne pas dire : principes de sémantique linguistique, Paris, Hermann.
- Ducrot Oswald, 1984, Le dire et le dit, Paris, Minuit
- Lafkioui Mena, 2013, « Reinventing negation patters in Moroccan Arabic », African Arabic : Approaches to dialectology, Mouton de Gruyter, pp. 51-94.
- Marçais Philipe, 1977, Esquisse grammaticale de l’arabe maghrébin : langue d’Amérique et d’Orient, Paris, Adrien Maisonneuve.
- Sabia Abdelali, 1982, Étude de la négation en arabe dialectal marocain, thèse de doctorat sous la direction de M. David Cohen, Université Paris III Sorbonne nouvelle, thèse de 3e cycle : Études arabes et islamiques, soutenue en 1982 (non publiée).