Lieven d’Hulst (éd.), Interdisciplinarity in Applied Translation and Interpretation Studies, Linguistica Antverpiensia, XXXIII, Hogeschool Antwerpen, Holger Instituut voor Vertalers en Tolken, 1999.
Pages 129g à 142g
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/ling.371.0129g
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https://doi.org/10.3917/ling.371.0129g
1 Compte rendu par Hervé RICHARD.
2 Ces 13 articles du numéro spécial de Linguistica Antverpiensia sont l’aboutissement d’une conférence qui s’est tenue les 26 et 27 mai 1999 à l’Institut supérieur des traducteurs et interprètes d’Anvers. Y sont abordés en particulier les problèmes relatifs au statut de la traductologie, à la formation des traducteurs et interprètes, au statut du texte traduit et aux apports de la traductologie (interprétariat) aux sciences cognitives.
3 La traductologie semble être aujourd’hui dans la même situation que la linguistique au cours du XIXe siècle : c’est une science en train de se faire. Longtemps considérée comme marginale, ou réduite à une branche de la littérature ou de la linguistique, la traduction se libère aujourd’hui de ses tutelles et se cherche une théorie et un statut. Or, la traduction évoluant au gré des époques, des cultures et des modes, une histoire de la traduction (diachronie) est la condition sine qua non à l’élaboration d’une théorie de la traduction. Le nom même de cette discipline est encore fluctuant, du moins en français (traductologie/translatologie) et en allemand (Übersetzungswissenschaft/Translationswissenschaft et Translatologie). S’interrogeant sur les rapports qu’entretient la traductologie avec les autres disciplines, tant celles nécessaires à la compréhension des textes (droit, économie, sociologie, etc.) que celles entrant immédiatement dans le processus de traduction (socio-, psycho- et neurolinguistique), les auteurs parlent à son propos d’interdiscipline, de pluridiscipline ou de transdiscipline.
4 Quelle que soit la définition retenue, la traductologie est une " métadiscipline " ou " discipline-parapluie ". Les traducteurs et interprètes reçoivent une formation solide non seulement en langue et en linguistique, mais également en droit, en économie, en sciences et en informatique. En effet, la traduction dite " linguistique " n’est qu’une première étape dans un processus beaucoup plus complexe, qui doit tenir compte, par exemple, du transfert culturel. Dans une dernière étape, par le principe dit de " localisation ", le traducteur adapte son texte " aux conventions culturelles en vigueur dans la langue cible ". Le texte traduit n’est pas un " reflet ", une copie, du texte original, mais une " réfraction ", c’est-à-dire un " changement de perception ". Il constitue fondamentalement un texte nouveau. Au fameux principe de " fidélité à l’original ", on préférera donc celui de " loyauté envers l’interlocuteur ", c’est-à-dire envers celui auquel est destinée la traduction. Pourtant, en dépit de sa formation qui lui confère un triple savoir ( " savoir-être ", " savoir " et " savoir-faire " ), le traducteur ne reste qu’un " amateur très éclairé de la matière qu’il traite " et n’échappe pas toujours à la tendance, dans la langue cible, à expliciter, simplifier ou normaliser le texte à traduire. Il s’agit là de ce que l’on appelle des " universaux de traduction ". Or justement, la comparaison des types d’erreurs commises par les interprètes, par exemple, et plus généralement l’étude des opérations mises en jeux dans le processus d’interprétation permettraient de mieux comprendre certains mécanismes cérébraux.