L’été indien
- La géochronique du temps qu’il fait par Alexis Metzger
Pages 64 à 65
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- La géochronique du temps qu’il fait par METZGER, Alexis,
- La géochronique du temps qu’il fait par Metzger, Alexis.
- La géochronique du temps qu’il fait par Metzger, A.
https://doi.org/10.3917/geo.1571.0064
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- La géochronique du temps qu’il fait par Metzger, A.
- La géochronique du temps qu’il fait par Metzger, Alexis.
- La géochronique du temps qu’il fait par METZGER, Alexis,
https://doi.org/10.3917/geo.1571.0064
1 « On ira, ou tu voudras quand tu voudras… », ces fameuses paroles de Joe Dassin ont pu résonner ce dernier automne. Car il est vrai que des températures très douces ont régné jusqu’à fin octobre, sauf un début de mois plus frais, avec un ensoleillement record au nord de la France. On dépassait même les 30°C mi-octobre dans l’Allier, l’Indre et sur la côte basque ! Hautes pressions et masses d’air très douces stagnant sur le continent européen en sont la cause. Alors Joe Dassin aurait-il été perdu, lui qui chantait que cet automne où il faisait beau est « une saison qui n’existe que dans le Nord de l’Amérique » ? Oui et non.
2 L’expression « été indien » apparaîtrait à la fin du XVIIIe siècle, en Pennsylvanie. Météo France la définit comme une « particularité du climat continental d’Amérique du Nord. Il s’agit d’une période de temps très doux, ensoleillé et sec qui se produit après les premiers gels, en octobre ou novembre au Canada. La température dépasse alors 18°C et le ciel est limpide ». Ces conditions sont rarement réunies en France puisque le gel n’est pas encore fréquent à cette période de l’année. Et a contrario, s’il a déjà gelé, il est rare que les températures remontent ensuite à des valeurs approchant les 18°C. À ce stade de l’explication, oui, Joe Dassin aurait été perdu car on ne peut guère parler véritablement d’été indien en France ce mois d’octobre.
3 Mais curieusement, dans la chanson, mis à part ces « couleurs de l’automne » (mais lesquelles ?), il est beaucoup plus fait mention à la mer (aux marées, aux dunes, aux vagues, à la plage). Exit les forêts et leurs couleurs bariolées d’oranges, de rouges et de bruns que l’on s’imagine outre-Atlantique… D’où vient donc cette inspiration géographique ? D’Amérique du Nord ?
4 Il faut remonter à l’histoire de la chanson de Joe Dassin. Son inspiration vient d’une autre chanson italienne du groupe Albatros, datée de mai 1975. Ce groupe voulait proposer à Claude François d’en faire une reprise en français, mais c’est finalement Joe Dassin qui se lance dans l’adaptation et confie le travail à deux paroliers qui écrivent le texte le temps d’un week-end… printanier et à Deauville ! Voilà donc une explication géographique : on peut très bien imaginer dans la chanson un bord de mer normand sous un temps radieux au printemps – s’il n’était pas fait mention à plusieurs reprises de l’automne. Un des paroliers, Claude Lemesle, raconte d’ailleurs comment l’expression « été indien » est venue « au fil de la plume, sans trop y penser », alors que la chanson était déjà presque écrite. Comme quoi les imaginaires du temps qu’il fait se composent et se recomposent sans cesse, certains ressentis météorologiques faisant fi des découpages saisonniers.