Wulf Andrea, L’Invention de la nature. Les aventures d’Alexander von Humboldt. Traduction Florence Hertz. Les éditions Noir sur Blanc, Lausanne, 2017, 28 €
- Par Jacques Gonzales
Pages 57d à 59d
Citer cet article
- GONZALES, Jacques,
- Gonzales, Jacques.
- Gonzales, J.
https://doi.org/10.3917/geo.1568.0057d
Citer cet article
- Gonzales, J.
- Gonzales, Jacques.
- GONZALES, Jacques,
https://doi.org/10.3917/geo.1568.0057d
1 Cet ouvrage de 636 pages, traduit de l’anglais, constitue une somme profuse d’informations (112 pages de notes) sur la vie extraordinaire d’un savant exceptionnel : une lecture palpitante au fil de ses nombreux voyages et de ses séjours dans les Amériques et en Russie. Page par page, son activité intellectuelle et physique apparaît trépidante, marquée de découvertes retentissantes, de rencontres avec les plus grandes personnalités de son temps, des savants, des politiques, des artistes… tous voulaient s’entretenir avec lui. Jusqu’à sa mort, en 1859, il a placé la science au-dessus de toute idéologie politique, en quête de connaissances universelles sur le magnétisme, le climat et la vie sur terre en lien avec l’environnement, construisant les bases de la géomorphologie. Ce fut un précurseur alliant l’observation scientifique de la nature à la passion de la ressentir comme les poètes, dont Goethe, son ami. Ses lettres, ses ouvrages ont tenu en haleine la planète par leurs multiples traductions à succès. Ils ont servi de vecteurs à de multiples carrières, celles de successeurs prestigieux qui l’ont lu et pour certains rencontré, Darwin, Thoreau, Marsh ou Haeckel qui créa le terme d’écologie, sept ans après la mort de celui qui l’avait inspiré.
2 Von Humboldt a fait l’objet d’un véritable culte longtemps après sa mort. Épris de liberté, il prônait l’égalité des hommes dans la ligne de la Révolution française, en soutenant aussi les idées révolutionnaires propres à combattre les dictatures -celles de Bolivar- ou l’esclavage. Conseiller politique de très hauts dirigeants tout au long de sa vie, il a été à l’origine de la création de plusieurs institutions pérennes, comme l’université de Berlin.
3 Andrea Wulf conclut avec amertume que ce maître à penser est aujourd’hui pratiquement oublié dans le monde anglo-saxon. Nous ajouterons un regret à son texte, celui d’occulter la présidence de von Humboldt dans nos murs, de 1845 à 1846 (l’année de la parution du premier volume de Cosmos), alors qu’il y est fait mention de ses relations avec les sociétés de géographie de Londres et de Russie.
4 Jacques Gonzales