Article de revue

Trafics

Pages 30 à 31

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  • Une carte proposée par Rekacewicz, P.
(2013). Trafics. La Géographie, 1548(1), 30-31. https://doi.org/10.3917/geo.1548.0030.

  • Une carte proposée par Rekacewicz, Philippe.
« Trafics ». La Géographie, 2013/1 N° 1548, 2013. p.30-31. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-la-geographie-2013-1-page-30?lang=fr.

  • Une carte proposée par REKACEWICZ, Philippe,
2013. Trafics. La Géographie, 2013/1 N° 1548, p.30-31. DOI : 10.3917/geo.1548.0030. URL : https://shs.cairn.info/revue-la-geographie-2013-1-page-30?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/geo.1548.0030


1 La terre est vaste, dit-on. Mais certains phénomènes ignorent les frontières et les distances. Les trafics, légaux et illégaux en font partie. Les mouvements de personnes convergent tous ou presque vers l’Europe, mais aussi certains pays arabes, tels l’Égypte ou l’Arabie Saoudite. L’héroïne vient des deux foyers que sont l’Afghanistan et la Birmanie, deux États difficilement contrôlables… Quant aux contrefaçons, elles proviennent très clairement de Chine, pour inonder ensuite les marchés des pays riches. Les animaux sauvages en revanche sont aspirés vers la Chine et le Japon, soit pour les besoins d’une pharmacopée originale et exigeante (les cornes de rhinocéros!) soit pour obéir à une diète bien particulière et pas trop regardante sur la provenance. La cocaïne produite en Colombie ou en Bolivie se déverse à la fois en Amérique du Nord mais aussi vers l’Afrique et l’Europe, proximité oblige sans doute. Enfin, l’or part essentiellement de l’Afrique pour remonter vers l’Europe riche.

2 Sans oublier les multiples paradis fiscaux, un joli nom pour désigner une réalité qui grève l’économie de la planète. Pourquoi ? Parce que l’argent caché dans ces espaces est souvent directement lié à tous ces trafics. C’est ce que l’on a coutume d’appeler de « l’argent sale ». Mais, comme le disait Vespasien, « non olet » : l’argent n’a pas d’odeur… Effet paradoxal de la mondialisation censée abolir la distance, c’est pourtant elle qui permet de faire monter les prix ou de recourir aux îles pour établir des sortes de trésors offshore invisibles pour les états. Le double obscur de ces flux planétaires prend alors des chemins détournés, interlopes, pour trouver acquéreur. L’envolée du commerce des drogues révèle peut-être un certain malaise dans les sociétés riches qui apparemment ne peuvent plus se passer de ces paradis chimiques et parfois mortels. D’un paradis l’autre, la route est à la fois longue et très courte.

Description de l'image par IA : Carte mondiale avec flèches indiquant les routes commerciales et les migrations entre différents pays.
Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur

Date de mise en ligne : 15/03/2023

https://doi.org/10.3917/geo.1548.0030