Gérard Chouquer, Quels scénarios pour l’histoire du paysage, Coimbra-Porto 2007, 408 p., hors commerce
Pages 52l à 55l
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/geo.1546.0052l
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/geo.1546.0052l
1 On souscrira d’emblée au mot de Bruno Latour, le préfacier : « Voici un livre de combat. L’auteur lutte à la fois à l’intérieur de la géographie et contre elle pour définir une nouvelle façon d’établir des connexions entre le passé et le présent, entre le local et le global. » Attention, le livre est vertigineux car sur les travaux qui vont de l’âge de fer à la modernité, Chouquer mène une critique (impitoyable) de l’épistémologie des disciplines. Chouquer se méfie des « véhicules » qui transportent le passé vers le présent et veut nous soumettre à « une cure d’amaigrissement explicatif ». Latour appuie là où cela fait mal pour les géographes et les historiens : se défaire de la distinction des éléments collectés par des notions de « nature » et de « société », renvoyant souvent à Berque et Descola. Chouquer va encore plus loin : sortir de la cartographie et sa métrique euclidienne pour les remplacer par des relations et des réseaux. En somme, une invitation à « une vaste refonte de la notion de territoire » qui doit impliquer les non-humains. Après la première mondialisation (qui a donné le globe) et la seconde globalisation (qui a donné les frontières), repensons à l’aune de la troisième, la notion de « terre ». Nous sommes entrés dans « l’âge de la Terre ».
2 L. C.