La logique poétique de Jacques Lacan
- Par Gilles Chatenay
Pages 127 à 135
Citer cet article
- CHATENAY, Gilles,
- Chatenay, Gilles.
- Chatenay, G.
https://doi.org/10.3917/lcdd.079.0127
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Notes
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[*]
Gilles Chatenay est psychanalyste, membre de l’ecf.
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[1]
Frege G., « Sur le but de l’idéographie », Écrits logiques et philosophiques, Paris, Seuil, 1971, p. 74.
-
[2]
Lacan J., « L’étourdit », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 449.
-
[3]
Lacan J., « Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée » [1945], Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 208-209.
-
[4]
Cf. Dubucs J.-P., « Logiques non classiques », Encyclopaedia Universalis, vol xiii, Paris, 1990, p. 977-992. Le système pcr du « temps circulaire » de Prior semble infirmer ce que j’avance ici. Mais je risquerai que sa « circularité » ne pourrait se figurer dans l’entrecroisement que supposent anticipation et après-coup.
-
[5]
Lacan J., « Subversion du sujet et dialectique du désir dans l’inconscient freudien », Écrits, op. cit., p. 805.
-
[6]
Cf. Miller J.-A., « Table commentée des représentations graphiques », Écrits, op. cit., p. 907-910.
-
[7]
Cf. Lacan J., « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », Écrits, op. cit. : l’après-coup (le Nachträglich freudien), p. 256-257 ; l’anticipation du terme, p. 309-311 ; la ponctuation et le non-agir, p. 313-314 ; la temporalité du transfert, p. 318.
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[8]
Lacan J., Le Séminaire, livre i, Les écrits techniques de Freud, Paris, Seuil, 1975, p. 267. Voir aussi Kojève A., Le concept, le temps et le discours, Paris, Gallimard, coll. nrf, 1990, p. 250-260 : la spatialité comme différence de l’identique, la temporalité comme identité du différent.
-
[9]
Lacan J., « L’étourdit », op. cit., p. 483.
-
[10]
Lacan J., Le Séminaire, livre xxvi, « La topologie et le temps », leçon du 21 novembre 1978, inédit.
-
[11]
Lacan J., Le Séminaire, livre xx, Encore, Paris, Seuil, 1975, figure 6, p. 113.
-
[12]
« ¬ » est l’opérateur de négation.
-
[13]
Cf. par exemple Le Séminaire, livre xx, Encore, op. cit., p. 73.
-
[14]
Dans ¬ (∃x. ¬ Φx), la négation porte sur ce qu’il y a entre parenthèses. Par contre, (¬∀) signifie que la négation porte sur le quantificateur : cette écriture se lit « pas-tout ».
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[15]
Lacan J., « L’étourdit », op. cit., p. 466.
-
[16]
Jakobson R., « Linguistique et poétique », Essais de linguistique générale i, Paris, Éd. Minuit, 1963, p. 218.
Du dit et du dire
1Lorsque je dis « Je mens », dis-je la vérité ? L’ensemble de tous les ensembles qui ne se contiennent pas eux-mêmes se contient-il lui-même ? Et qu’en est-il de la proposition « Je suis indémontrable » ? Sauf à rendre le champ logique ou mathématique inconsistant, contradictoire, il faut exclure les propositions autoréférentielles (cf. le paradoxe du menteur d’Épiménide le Crétois), bannir l’ensemble de tous les ensembles (Bertrand Russell), déclarer l’incomplétude de la théorie des nombres entiers (Kurt Gödel).
2Une proposition ne peut porter sur elle-même, est interdit ceci :
L’interdit
L’interdit
3Mais, nous dit Jacques Lacan, « Je mens » n’est tout simplement pas un paradoxe : car le sujet de l’énonciation n’est pas le sujet de l’énoncé, le dire n’est pas le dit. « Je mens » n’est pas une proposition qui porte sur elle-même : un acte de langage silencieux est opéré lors de son énonciation, acte dont l’énoncé serait J’asserte que… :
Énonciation et énoncé
Énonciation et énoncé
4Gottlob Frege avait tenté d’en rendre compte dans son idéographie, qui proposait une notation, «⊢ », le « trait de jugement » [1], pour ce J’asserte que… Il ne suffisait pas d’écrire « A » pour affirmer la proposition A, encore fallait-il écrire que celle-ci était une assertion :
6L’écriture conceptuelle de Frege n’a pas été adoptée par les logiciens, mais de toute façon, me semble-t-il, elle ne suturait pas la question, car j’ai dû, de l’énonciation, faire énoncé, transcrire le dire en dit. Qui alors énonce J’asserte que… ? On entre dans une itération infinie :
8À chaque pas, l’énonciation est réduite à l’énoncé, et le sujet de l’énonciation est reporté « en arrière », infiniment : il est, de fait, forclos.
9« Qu’on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend. » [2] La logique classique fait plus que l’oublier, elle le forclôt. C’est précisément ce que ne peut faire le discours psychanalytique : pourquoi parler, pourquoi venir tenir son discours ici et maintenant en chair et en os dans le cabinet de l’analyste, sinon parce que l’acte de parole, l’énonciation, le dire ne se conjuguent qu’au présent ?
10Jacques Lacan, dans la même page, ajoute ceci : « Je rappelle que c’est de la logique que ce discours touche au réel à le rencontrer comme impossible, en quoi c’est ce discours qui la porte à sa puissance dernière : science, ai-je dit, du réel. » La psychanalyse porte la logique à la puissance dernière – mais comment ? Risquons que c’est, entre autres, en y incluant ce que la logique classique rejette, soit l’énonciation : l’acte.
L’acte et le temps
11Il est question de l’acte dans un écrit de 1945 où Lacan se réfère explicitement à la logique : « Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée ». De ce que les deux autres ont jusqu’à maintenant suspendu leur sortie, je dois décider que je suis blanc et sortir maintenant sans les laisser me précéder, faute de quoi je conclurais de leur motion que je suis noir. Et seulement alors, se vérifiera que je suis blanc. « Le jugement assertif se manifeste ici par un acte », dit Lacan, et, ajoute-t-il, ce « qui fait la singularité de l’acte de conclure […], c’est qu’il anticipe sur sa certitude » [3].
12Il s’agit bien d’un acte, en ceci qu’il n’est pas seule déduction du raisonnement (auquel cas il ne serait que résultat ou réaction) : que jusqu’à présent les autres n’aient pas bougé ne m’assure pas que, dans un instant, ils ne me précéderont pas, m’induisant ainsi en erreur.
13D’autre part, cet acte est bel et bien partie intégrante de la logique en jeu ici, puisqu’il est nécessaire à la conclusion du raisonnement.
14Enfin, « il anticipe sur sa certitude », et cette certitude vient après coup : le temps de cette logique n’est plus celui de la succession (chrono)logique, on passe de la flèche linéaire du temps à une temporalité qui inclut anticipation et après-coup, que je propose de dessiner ainsi :
Anticipation et après-coup
Anticipation et après-coup
15Le temps en serait-il déstructuré au point que l’on ne pourrait plus parler de temps ? Non, car il y a bien un avant et un après l’acte. L’acte fait coupure, et c’est justement à partir de celle-ci que le temps se structure. Ce n’est au fond pas si étrange, car comment établissons-nous le temps qui nous est familier, celui de la chronologie, sinon à partir d’un ou plusieurs « événements » – naissance du Christ, Big Bang, ou autres plus intimes – que nous marquons ainsi du symbolique ? Le temps logique lacanien rend compte de ce que nous faisons tous quand nous tentons d’ordonner le temps dans lequel nous sommes pris, et que la linéarisation de la chronologie efface.
Singularité du temps lacanien
16Parler d’un temps logique lacanien, ne serait-ce pas un abus ? Car, après tout, parmi les logiques modales, il existe des logiques temporelles. Mais tous leurs langages, du moins à ma connaissance, s’interprètent dans une structure où la relation, par exemple « antérieur à », reste strictement linéaire, c’est-à-dire chronologique [4]. Jusqu’à preuve du contraire, le temps logique lacanien est radicalement singulier.
17Il n’y a pas à s’en étonner : dans l’article de 1945 déjà, l’acte est une « assertion » ; il est un acte de langage, toujours, et j’ai utilisé la forme d’un schéma lacanien bien postérieur [5] qui rend explicitement compte de l’anticipation et de l’après-coup consubstantiels à tout acte (parole – écoute, écriture – lecture) effectif de langage [6]. Le temps logique lacanien est le temps de la psychanalyse en acte, comme Lacan le déploie dès « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse » [7] – s’il n’y avait acte, comment d’ailleurs concevoir que celle-ci puisse avoir une efficacité ? Logiquement, le Séminaire « L’acte psychanalytique », en 1967-1968, fait valoir cette fonction dans la cure, fonction qui était restée jusqu’alors voilée sous celle de l’interprétation sémantique. La logique lacanienne est singulière aussi vis-à-vis des traditions freudienne et postfreudienne. En effet, si l’interprétation est acte, tout acte n’est pas interprétation – ainsi de la coupure, du silence, etc.
18Ceci dit, il n’y a pas que l’acte – le moment de conclure – dans le temps logique (et la psychanalyse) : il y a aussi l’instant de voir, et le temps pour comprendre, autrement dit la durée. Comment concevoir logiquement la durée ?
19« Le concept, c’est le temps » – Lacan emprunte sa formule à Hegel [8]. Pourquoi est-il faux de dire que nous ne nous baignons jamais deux fois dans le même fleuve ? Si l’eau, qui entre hier et aujourd’hui a coulé sous les ponts, n’est en effet plus la même, le fleuve, lui, reste le même. Cette étendue d’eau qui coule est subsumée sous le concept « fleuve » : dès lors, « fleuve » dit l’identité de la différence des eaux d’hier à aujourd’hui – « le concept, c’est l’identité dans la différence », dit Lacan, pour ajouter : le « concept, c’est le temps de la chose ».
20Mais comment le figurer ? Il y a deux temps : l’instant de la nomination, où se décrète que cette étendue d’eau est un fleuve, et celui du déploiement du concept (ici, d’hier à aujourd’hui) – la « durée ».
21Comment figurer la durée, sinon par une ligne continue ? Et comment figurer qu’entre hier et aujourd’hui, je reviens presque à la même place (presque, car aujourd’hui je n’ai pas oublié qu’hier j’étais là : aujourd’hui n’est pas hier), sinon par le retour de cette ligne (orientée, comme il convient au temps) sur elle-même, « hier » étant dessous, et « aujourd’hui » dessus ?
Concept – temps
Concept – temps
Topo-logique I : surfaces
22Ce faisant, je suis passé des graphes de mes figures antérieures, où cela se croisait, à des topologies (surfaces ou nœuds), où cela passe « dessus » ou « dessous ».
23Commençons par les surfaces : il suffit de réitérer le retour pour dessiner un ressort, une spirale : ainsi Lacan figure-t-il, dans son Séminaire « L’identification », les tours de la demande et du désir – le temps y est bel et bien en jeu, puisqu’il y a des tours. Mais pourquoi cette réitération ? Parce que ce n’est pas ça : le désir n’est pas suturé par quoi que ce soit qui puisse répondre à la demande. La réitération de la demande tourne autour de quelque chose, « ça », disons l’objet du désir. Pour rendre compte de cette torsion de la réitération autour d’un vide central, il suffit de joindre les deux bouts du ressort – cela en fait un tore, espace temporel topologique des tours de la demande et du désir :
Tore
Tore
24Quelle est la structure topologique de ces tours ? Limitons-les à deux – le nombre de tours nous est ici indifférent :
Huit intérieur
Huit intérieur
25Lacan a appelé cette structure le « huit intérieur », qui, à mon sens, donne la matrice topologique des graphes des figures 2 et 3 (cf. supra) : le huit intérieur figure le rebroussement vers « l’intérieur » de ce qui était exclu, rejeté à « l’extérieur » dans la logique classique (l’énonciation, l’acte, l’anticipation et l’après-coup). Lacan s’est intéressé aux surfaces topologiques qui rendent compte de ce rebroussement, de cette internalisation de l’exclu – « exclusion interne », dit Lacan – : bande de Moebius (le huit intérieur en dessine le bord), cross-cap (où la bande est cousue sur le bord d’une cupule) et bouteille de Klein (qui s’obtient par couture de deux bandes) :
Bande de Moebius
Bande de Moebius
Cross-cap Figure
Cross-cap Figure
Bouteille de Klein
Bouteille de Klein
26Ces surfaces sont dites par la topologie non orientables : y perdons-nous pour autant la flèche du temps ? Disons simplement qu’une fourmi qui se promènerait sur la bande de Moebius sans jamais en franchir le bord devrait faire deux tours – voici le temps – pour se retrouver à son point de départ : ces figures ne sont pas orientables, mais les parcours sur celles-ci, en revanche, le sont.
Topo-logique II : nœuds
27Revenons sur cette exclusion interne que je rapportais à l’énonciation, à l’acte, à l’anticipation et à l’après-coup. Dans un passage où il est question du cross-cap, Lacan nous dit ceci : « La topologie n’est pas “faite pour nous guider” dans la structure. Cette structure, elle l’est – comme rétroaction de l’ordre de chaîne dont consiste le langage. » [9] Cette structure, elle l’est : depuis le début de ce petit parcours, une même structure insiste et revient, qui trouve sa topologie dans le huit intérieur : « exclusion interne », « rebroussement », « rétroaction », sont, me semble-t-il, des noms de la singularité de la logique lacanienne.
28En évoquant cette « rétroaction de l’ordre de chaîne dont consiste le langage », comment ne pas penser aux chaînes (borroméennes ou non) ? Intéressons-nous donc aux nœuds.
29Lacan a intitulé un de ses tout derniers Séminaires, largement consacré à une pratique des nœuds, « La topologie et le temps ». Il n’y dit que peu de chose du temps, sinon qu’il y a une correspondance entre la topologie et la pratique psychanalytique, et que cette correspondance consiste « dans les temps » [10] – les temps : les tours ? Comment rendre compte du temps dans la pratique des nœuds ? Gageons que cela aura à voir avec le rebroussement et l’exclusion interne.
30J’ai utilisé le huit intérieur pour la topologie des surfaces. C’est aussi un rond de ficelle. Entrelacé avec lui-même, cela fait un nœud, par exemple le nœud de trèfle, où la rétroaction, (l’exclusion interne, le rebroussement) est redoublée (ou plus) :
Trèfle
Trèfle
31Évidemment, le rond de ficelle peut s’entrelacer avec d’autres, pour faire des chaînes ou des entrelacs, borroméens ou non.
32Que ce soit dans le nœud lui-même ou avec d’autres, les passages dessus / dessous, que je proposais comme traduction topologique d’avant / après, sont cruciaux : que l’on se trompe, que l’on fasse un lapsus, et le nœud ou la chaîne se défait ou se transforme.
33Quant à l’exclusion interne, où la repérer, au-delà des rétroactions, par exemple dans le nœud borroméen à trois ?
Nœud borroméen
Nœud borroméen
34Deux à deux, les ronds sont posés l’un sur l’autre, ils sont séparés, disons qu’ils « s’excluent » l’un l’autre – Lacan dirait sans doute qu’ils « ex-sistent » l’un à l’autre. Mais, par le troisième, ils sont noués. Deux registres qui s’excluent sont cependant réunis, ce qui est exclu fait retour. De plus, l’un des ronds est dit réel, alors que le nœud lui-même l’est : où se retrouve le retour en soi du huit intérieur.
Tout et pas-tout
35Russell excluait l’ensemble de tous les ensembles, l’axiomatique de Zermelo-Fraenkel énonce que l’on ne travaillera pas sur le Tout, mais sur un ensemble que l’on pose au départ et que l’on a soigneusement délimité. En somme, tout énoncé, toute proposition, tout objet que l’on se donne, devra répondre à ces limitations, ce qui pourrait s’écrire : ∀x. Lx, où « L » écrit ces limitations. Et ce qui n’y répond pas sera exclu ; il n’existe pas de x tel que non Lx, ce qui s’écrit : ¬ (∃x. ¬Lx) [12].
36On pouvait s’y attendre : Lacan, dans ses formules de la sexuation [13], côté « homme », réintègre ce qui était exclu par la théorie orthodoxe des ensembles :
38Qu’en est-il du côté « femme » ? [14]
40Il y a une interprétation intuitionniste du « pas-tout » lacanien, du (¬∀) : on ne peut dire « toutes les femmes ». Mais ce pas-tout se redouble, et ceci à ma connaissance est radicalement ectopique à toute logique, classique ou non : pas-tout se dit aussi d’une femme : pas-tout d’une femme est dans la jouissance phallique, elle est « la seule à ce que sa jouissance dépasse, celle qui se fait du coït » [15]. En elle, en son plus intime, il y a quelque chose qui n’est pas elle et la dépasse : qui est autre, « extérieur ». Le x lui-même, l’individu de la logique, le sujet de la psychanalyse, est divisé, « refendu », et cela concerne les hommes aussi. Cette structure, où l’extérieur est au plus intime, où l’exclu est internalisé, a un nom lacanien : « extimité ».
Reprise
41Faisons retour sur notre petit parcours : énonciation, dire, acte, anticipation et après-coup, huit intérieur, exclusion interne, rebroussement, rétroaction, ex-sistence, pas-tout, refente, extimité… : quelque chose insiste dans la logique du discours lacanien de la psychanalyse, et ne se laisse pas exclure. La psychanalyse n’est pas un discours sur (l’inconscient, les pulsions, etc.) – auquel cas, son objet lui resterait extérieur –, elle est une pratique qui en tant que telle engage l’acte proprement dit, c’est-à-dire un réel du dire.
42La logique que Lacan déploie tout au long de son enseignement est singulière, comme la psychanalyse. Mais pourquoi l’avoir dite « poétique » ? Lorsque Roman Jakobson décrit différentes fonctions du langage (émotive, conative, référentielle, poétique, phatique, métalinguistique), il distingue la fonction poétique de toutes les autres en ce que, dans celle-ci, le message lui-même est facteur de la communication linguistique. « La visée (Einstellung) du message en tant que tel, l’accent mis sur le message pour son propre compte, est ce qui caractérise la fonction poétique du langage » [16]. La visée du message est le message lui-même. Proposons-en, pour conclure, une figure :