Civiliser les individus : les paradoxes de la généralisation de l’éducation artistique et culturelle
Pages 15 à 19
Citer cet article
- CHOPIN, Marie-Pierre
- et SINIGAGLIA, Jérémy,
- Chopin, Marie-Pierre.
- et al.
- Chopin, M.-P.
- et Sinigaglia, J.
https://doi.org/10.3917/lobs.060.0015
Citer cet article
- Chopin, M.-P.
- et Sinigaglia, J.
- Chopin, Marie-Pierre.
- et al.
- CHOPIN, Marie-Pierre
- et SINIGAGLIA, Jérémy,
https://doi.org/10.3917/lobs.060.0015
Notes
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[1]
La thèse développée dans cet article recoupe l’argumentation proposée dans une publication plus détaillée, problématisée autour de la question de l’esprit critique comme finalité éducative dans les domaines de l’éducation artistique et de l’éducation aux médias (Chopin et Sinigaglia, 2023, à paraître).
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[2]
Expression fréquemment employée dans les textes de cadrage des politiques et des projets d’EAC.
-
[3]
Association créée à l’initiative d’un groupe de mendésistes (Dormoy-Rajramanan, 2021).
-
[4]
Communication conjointe des ministres de l’Éducation nationale et de la Culture du 9 mars 1982.
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[5]
Cette lecture des Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme de Schiller est proposée par Alain Kerlan (voir http://alain.kerlan.pagesperso-orange.fr/SCHILLER.htm). Sur les enjeux de ce « paradigme esthétique », voir aussi Kerlan, 2004.
-
[6]
Circulaire no 2005-014 du 3 janvier 2005, fixant les « Orientations sur la politique d’éducation artistique et culturelle des ministères de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de la Culture et de la Communication ».
-
[7]
Rédigée par le Haut Conseil de l’éducation artistique et culturelle (HCEAC).
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[8]
Ce positionnement général de la charte pour l’EAC est aujourd’hui repris par certains concepteurs de projets d’éducation artistique faisant du « développement de l’esprit critique des élèves » l’un des objectifs explicites de leur action en milieu scolaire (Chopin, 2022).
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[9]
« Éducation artistique et culturelle, éducation aux médias et à l’information », Feuille de route conjointe du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du ministère de la Culture et de la Communication, Malakoff, le 11 février 2015.
Depuis la fin du xixe siècle, l’histoire de l’éducation artistique (dite aujourd’hui « éducation artistique et culturelle » [EAC]) est, peut-être avant toute chose, celle d’un projet politique d’émancipation par l’art et la culture. Cet objectif est indissociablement individuel et collectif, étant communément admis que, pour reprendre la célèbre formule du Manifeste de Marx et Engels, « le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». Tous les discours faisant la promotion du développement de l’éducation aux arts et à la culture à l’école insistent en effet, d’une manière ou d’une autre, sur son rôle déterminant dans l’émancipation des « élèves, futurs citoyens » et la construction d’une société plus ouverte, plus juste, etc. Mais ce caractère central de la visée d’émancipation de l’éducation artistique confère aussi à la notion un faible pouvoir analytique. Vraie partout, mobilisée par tous les agents ayant participé de loin à la production de ces politiques quelles que soient leurs orientations militantes et partisanes, elle peine à enrichir la compréhension du processus d’institutionnalisation puis de généralisation de l’EAC entrepris depuis le début des années 1970 en France.
L’entrée choisie ici s’inspire des travaux du sociologue et historien Norbert Elias, analysant le processus de civilisation comme un ensemble de transformations sociales associant, notamment, un mouvement de pacification, de domestication de la violence (y compris politique) et de construction de l’État (Elias, 1991)…