Article de revue

Moi je

Pages 177 à 178

Citer cet article


  • Mozzone, C.
(2005). Moi je. L'en-je lacanien, no 5(2), 177-178. https://doi.org/10.3917/enje.005.0177.

  • Mozzone, Claude.
« Moi je ». L'en-je lacanien, 2005/2 no 5, 2005. p.177-178. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-l-en-je-lacanien-2005-2-page-177?lang=fr.

  • MOZZONE, Claude,
2005. Moi je. L'en-je lacanien, 2005/2 no 5, p.177-178. DOI : 10.3917/enje.005.0177. URL : https://shs.cairn.info/revue-l-en-je-lacanien-2005-2-page-177?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/enje.005.0177


1

Je m’évapore. Je suis une gerbe d’odeurs. Je cherche mon centre.
Mon centre n’est pas un centre.
Un centre tentaculaire reste un centre bien centré.
Je est un bond d’oiseau.
Je est à cheval sur le vecteur du désir.
Je se fout de l’équilibre.
Je cours vole et nous venge.
Je n’a pas l’ombre d’une hésitation.
Je claque comme un accord sonore au pianofolie.
Je des bras largement écarte les branchages.
Je se fraie le passage, tendu en avant comme une naissance.
Je ne suit pas son chemin. Je fait la trace.
Je grimpe aux arbres, fait la vigie.
Je sans os sans peau sans boyaux.
Je est un souffle dans une course folle rythmée aux tambours haletants.
Je ne veut pas de symphonie, seulement un rythme et de rien s’encombrer.
Je déteste les angoisses suintantes montantes mouvantes.
Je hait les brumes et les brouillards englobants.
car je est clair et net.
Je le regard comme un couteau qui tranche et qui sépare
jette la lumière sur ce qu’il choisit.
Je éclate de lumière.
Je existe en ne dit pas moi.
Moi à la cave !
Bocaux remplis, les lourdes étagères ,
moi qui contient tient et retient
moi-mémoire.
Car je n’est pas dans l’être immobile méditant.
Je est dans le vif instant qui porte.
Je dans le faire et dans le désirer.
Je est à cheval fou sur le temps :
Je éclate à l’intersection de nos terribles coordonnées.
Je fuit, fort et fou toujours devant comme le cheval de Péguy poursuivi par la foudre
Je se sert de courir et ne veut point partir à temps.
Oh ! Je me suis ensablée. C’est intolérable. Je me fuit. Je me lâche. Je m’abandonne comme sa dépouille. Je me laisse en arrière lourde lente fécondée. Je me divise, Je laisse moi lourde de terre et de semences. Je suinte gluante Je coule Je moisis Je gonfle Je fleuris Je travaille Je me déroule Je m’enroule Je flux et reflux Je bouge plus de là Je germe Je couve mes richesses. J’ai horreur de ça.


Date de mise en ligne : 01/02/2006

https://doi.org/10.3917/enje.005.0177