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Article de revue

Devant le cadavre du sujet parlant

Élaborations psychanalytiques sur la ritualité funéraire

Pages 413 à 426

Citer cet article


  • Gilbert, M.
(2006). Devant le cadavre du sujet parlant Élaborations psychanalytiques sur la ritualité funéraire. L'autre, 7(3), 413-426. https://doi.org/10.3917/lautr.021.0413.

  • Gilbert, Muriel.
« Devant le cadavre du sujet parlant : Élaborations psychanalytiques sur la ritualité funéraire ». L'autre, 2006/3 Volume 7, 2006. p.413-426. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-l-autre-2006-3-page-413?lang=fr.

  • GILBERT, Muriel,
2006. Devant le cadavre du sujet parlant Élaborations psychanalytiques sur la ritualité funéraire. L'autre, 2006/3 Volume 7, p.413-426. DOI : 10.3917/lautr.021.0413. URL : https://shs.cairn.info/revue-l-autre-2006-3-page-413?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/lautr.021.0413


Notes

  • [*]
    Docteur en psychologie, maître-assistante à l’Institut de psychologie de l’Université de Lausanne, clinicienne.
  • [1]
    « Le signifiant est ce qui saute avec l’intervention du réel. Le réel renvoie le sujet à la trace, et, du même coup, abolit aussi le sujet, car il n’y a de sujet que par le signifiant, le passage au signifiant. Un signifiant est ce qui représente le sujet pour un autre signifiant. » (Lacan, 1963b : 178).
  • [2]
    Le Symbolique renvoie à l’ensemble des significations qui déterminent le sujet dans son identité. Il relève, par définition, d’un système de représentations qui sont tissées dans le champ du langage. Quant au Réel, il renvoie pour sa part à la part du désir inconscient qui n’est précisément pas symbolisable.
  • [3]
    Pour Lacan, la Jouissance procède d’un déni de la Loi des hommes : elle est le signe, intangible, d’une abolition du manque et, par conséquent, d’une aspiration à la complétude originaire donnant l’illusion de combler le sujet. La Jouissance désigne en ce sens un surgissement pulsionnel en excès, qui se situe au-delà du principe de plaisir (Lacan 1972-73).
  • [4]
    Il s’agit en fait du prénom ici, car ce n’est que tardivement qu’on a associé le nom de famille du père au prénom de l’enfant. En Europe, par exemple, il semble que cette pratique sociale ait été introduite progressivement au Moyen Age.
  • [5]
    Ou, dans nombre de sociétés traditionnelles, par le groupe.
  • [6]
    Une pratique qui a malheureusement cours dans trois contextes : le génocide tout d’abord; deuxièmement, les charniers où l’on entasse d’innombrables morts comme en témoigne une récente enquête au sujet de l’Espagne franquiste (Silvia & Macias 2003) ; et, troisièmement, la disparition forcée de personnes telle qu’elle a été notamment pratiquée à large échelle dans les années soixante-dix en Amérique Latine ou plus récemment en Algérie lors de la sale guerre qui a ravagé ce pays dans les années quatre-vingt-dix.
  • [7]
    La privation des honneurs funèbres telle qu’elle est représentée dans la tragédie de Sophocle à travers le personnage de Polynice prend une signification politique bien précise : il s’agit principalement de sanctionner les actes d’un traître qui a osé attaquer la Cité. D’autres enjeux associés à cette sanction dans le contexte de la Grèce ancienne ont été largement discutés par Vernant dans une perspective anthropologique. Son propos permet de mettre en évidence la différence entre la mort glorieuse et le cadavre outragé (Vernant 1989; cf. également Gilbert 2005a). Quant à la lecture proposée ici, elle est évidemment d’un autre ordre; il s’agit moins d’un discours sur le personnage central de l’Antigone de Sophocle que d’une interprétation contemporaine de la pièce à partir de cette figure. Pour une discussion méthodologique au sujet d’une telle démarche interprétative, cf. Jaccottet 2005; Gilbert 2005b.
  • [8]
    La reprise de la figure d’Antigone dans le champ de la psychanalyse telle qu’elle a notamment été mise en discussion par Lacan (1960a, 1960b, 1960c) a fait l’objet d’une critique approfondie par Guyomard (1992). Nous avons été amenée à aborder brièvement cette difficulté à partir de l’ouvrage de Guyomard, mais aussi à partir de la perspective herméneutique (Gilbert 2005b)
  • [9]
    Je pense principalement à l’Arménie, à la Shoah, au Cambodge, à la Bosnie et au Rwanda.
  • [10]
    Comme le stipule notamment : Comité International de la Croix-Rouge. Première Convention de Genève pour l’amélioration du sort des blessés et des malades dans les forces armées en campagne, 12 août 1949, chapitre II (Des blessés et des malades), article 17. Genève : CICR; 1949.
Français

Résumé

L’efficacité sociale de la confrontation à la mort d’un semblable est bien connue des anthropologues et des sociologues. Mais que dire de l’efficacité symbolique de la confrontation au cadavre du sujet parlant ? Envisagée sous l’angle de la perspective ouverte par Lacan, la ritualité funéraire peut-elle être considérée comme une tentative de signifier, dans l’ordre symbolique, le blanc que la mort introduit dans la vie du langage ? Constitue-t-elle un signifiant originel ?
Pensée à partir de la figure d’Antigone, la ritualité funéraire — et son revers — représente-t-elle un motif symbolique significatif dans le champ de l’anthropologie psychanalytique contemporaine ? Ces questions devraient permettre de penser — comme de panser — la souffrance engendrée, hélas à large échelle, par les innombrables cadavres laissés sans sépulture au cours de l’Histoire.

Mots-clés

  • mort
  • ritualité funéraire
  • interdit de l’inceste
  • psychanalyse
  • sujet parlant
  • signifiant
  • mythologie
  • droits humains

Mots-clés éditeurs : droits humains, interdit de l'inceste, mort, mythologie, psychanalyse, ritualité funéraire, signifiant, sujet parlant


English

In front of the corpse of the speaking subject

Psychoanalytical elaborations on the funerary rituality

In front of the corpse of the speaking subject

The social effectiveness of confrontation with death of a human being is well-known to anthropologists and sociologists. But what about the symbolic effectiveness of confrontation of the speaking subject with the corpse ? Considering this from a Lacanian point of view, can the funerary rituality be regarded as an attempt to signify, in the symbolic order, the blanc which death introduces into the life of language ? Does it constitute an original signifiant ?
Does thinking funerary rituality starting from the figure of Antigone represent a significant symbolic reason in the field of contemporary psychoanalytical anthropology ? These questions should make it possible to think aswell as to soothe the suffering, alas on a broad scale, generated by the innumerable corpses left without burial in the course of History.

Keywords

  • death
  • funerary rituality
  • incest interdiction
  • psychoanalysis
  • mythology
  • human rights

Mots-clés éditeurs : death, funerary rituality, human rights, incest interdiction, mythology, psychoanalysis


Español

Frente al cadaver de un sujeto parlante

Elaboraciones psicoanaliticas sobre la ritualidad funeraria

Resumen

Los antropólogos y los sociologos conocen bien la eficacidad social de la confrontación a la muerte de un semejante. Pero ¿ que se puede decir de la confrontación al cadaver del sujeto parlante ?
Enfocada bajo el ángulo de la perpectiva abierta por Lacan ¿ la ritualidad funeraria puede ser considerada como une tentativa de significar simbolicamente el blanco que la muerte introduce en la vida del lenguaje ? ¿ Constituye un significante original ?
Pensada a partir de la figura de Antígona, la ritualidad – y su reverso – representa un motivo simbólico significativo en el campo de la antropologíap sicoanalítica contemporanea ? Estas cuestiones debieran permitir de pensar – y de vendar – el sufrimiento creado – desgraciadamente en gran escala – por los inumerables cadáveres dejados sin sepultura a lo largo de la Historia.

Palabras claves

  • muerte
  • ritualidad funeraria
  • prohobición del incesto
  • psicoanálisis
  • sujeto parlante
  • significante
  • mitología
  • derechos humanos

Mots-clés éditeurs : derechos humanos, mitología, muerte, prohobición del incesto, psicoanálisis, ritualidad funeraria, significante, sujeto parlante


Date de mise en ligne : 28/02/2013

https://doi.org/10.3917/lautr.021.0413

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