Faites que je meure vivant – Vieillir, mourir, vivre, paris, bayard, 2013. Marie-Jo Thiel
- Par Jean Martin
Page I
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- MARTIN, Jean,
- Martin, Jean.
- Martin, J.
https://doi.org/10.3917/jalmalv.115.0121a
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1 Marie-Jo Thiel est médecin et théologienne. Elle enseigne l’éthique à la Faculté de théologie de Strasbourg et y dirige le Centre européen d’enseignement et de recherche en éthique. Son livre réunit, en les précisant, des contributions antérieures. « Les rassembler est l’occasion d’en mieux apercevoir certains points saillants, en particulier sur le plan de l’éthique et de la théologie chrétienne », dit-elle.
2 Le premier des cinq chapitres, consacré à la place des vieux dans la société, s’ouvre sur l’évolution démographique, notamment en France, où le nombre de personnes de plus de 75 ans sera multiplié par 2,5 entre 2000 et 2040. L’auteur évoque la problématique des aidants naturels, qui ne peuvent remplir convenablement leur rôle dans la durée que s’ils bénéficient de soutiens professionnels. Bien vieillir et avancer en vie, tel est le thème du chapitre 2. Le formidable allongement de l’espérance de vie n’est pas le gage d’une réussite du vieillissement. Ce dernier représente des pertes mais aussi des opportunités de croissance : « Vieillir doit non seulement ne pas rebuter mais être désiré comme un moment de vie, dans la nouveauté d’un vécu singulier à inventer ». Le chapitre 3 est consacré au défi formidable que représente la maladie d’Alzheimer. Marie-Jo Thiel débat des choix que doit faire la politique, en tenant compte des dimensions médico-sanitaires et juridiques. Elle pose la question de la dignité de l’être humain et des différents sens que des personnes diverses peuvent lui donner, pratiquement. L’un des nœuds de la question semble se trouver dans cette phrase du conjoint d’une malade : « Elle ne me reconnaît pas, mais moi je sais encore qui elle est ». Le chapitre 4 parle des formes et des significations de la souffrance ainsi que des manières d’y répondre (abattement, protestation). Sont présentées ensuite l’éthique et la théologie de la compassion. Enfin, le dernier chapitre parle des temporalités différentes dans la maladie et les soins. « L’individu moderne pressé scande le temps par ses multiples activités, le flux du temps lui paraît quasi insensible. Vienne la maladie et les échéances s’estompent, des tâches attendues voire essentielles sont reportées […] Le malade doit lâcher prise et accepter de ne point maîtriser le temps ».
3 En guise de conclusion : « Le plus précieux dans une vie n’est pas dans l’accumulation, fut-ce de richesse, de qualités ou de mérites… Il réside dans son humanité forgée et dévoilée au contact des aléas de l’existence […] La vérité d’une vie n’est cependant pas vue pleinement avant le moment de la mort où elle atteint son stade ultime de fruit mûr ».
4 J. Martin