Article de revue

Notes adolescentes

Pages 80 à 86

Citer cet article


  • Morali, M.
(2025). Notes adolescentes. Journal français de psychiatrie, 56(2), 80-86. https://doi.org/10.3917/jfp.056.0080.

  • Morali, Marc.
« Notes adolescentes ». Journal français de psychiatrie, 2025/2 n° 56, 2025. p.80-86. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-journal-francais-de-psychiatrie-2025-2-page-80?lang=fr.

  • MORALI, Marc,
2025. Notes adolescentes. Journal français de psychiatrie, 2025/2 n° 56, p.80-86. DOI : 10.3917/jfp.056.0080. URL : https://shs.cairn.info/revue-journal-francais-de-psychiatrie-2025-2-page-80?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/jfp.056.0080


Notes

  • [1]
    M. Morali (sous la direction de), Crises, 1 : Adolescence, Apertura, n° 15, 1999.
  • [2]
    C. Melman, séminaire sur la névrose obsessionnelle (1987-1988 et 1988-1989), séance du 14 avril 1988.
  • [3]
    Georges Brassens dans sa « Supplique pour être enterré à la plage de Sète » (1966).
  • [4]
    Hergé, Le Lotus bleu, série « Les Aventures de Tintin », Paris, Casterman, 1936. Le jeune Tchang touché par le poison qui rend fou
  • [5]
    J. Lacan, Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 500.
  • [6]
    Il faut entendre la portée du mot « pitié » : quelle structure pour le fantasme dans un monde sans pitié ?
  • [7]
    Par exemple, l’article « Nous n’avons jamais été aussi connectés, et pourtant jamais nos vies n’ont semblé aussi vides » : « Et si le trop-plein de notifications cachait une angoisse plus profonde ? Dans un monde saturé de sollicitations, le chercheur Renaud Hétier interroge le paradoxe d’une hyperconnexion qui nous vide de l’intérieur, décrypte ce malaise et défend la nécessité de faire place au vide » (D. Doucet, entretien avec Renaud Hétier, Le Point, 27 avril 2025). Ou encore celui-ci : « Les enfants du siècle face aux convulsions du monde » (G. Malaurie, Challenges, 31 mai 2024).
  • [8]
    Le 8 mai 1984, un jeune caporal de l’armée canadienne faisait irruption dans l’Assemblée nationale du Québec avec l’intention de tuer le gouvernement. Courant dans les corridors, tirant à l’arme automatique sur les gens qu’il croisait, Denis Lortie arrivait bientôt à la chambre où se réunissent les députés. Mais, ce jour-là, l’assemblée ne siégeait pas et la salle était vide. Il alla s’asseoir dans le fauteuil du président. Une négociation s’ensuivit pour le désarmer. Après sa reddition, on compta trois morts et huit blessés. La doctrine du meurtrier se formule rapidement : « Le gouvernement du Québec avait le visage de mon père. »
    Les Leçons VIII de Pierre Legendre, Le crime du caporal Lortie. Traité sur le Père (Paris, Fayard, 1989), étudient ce cas de parricide. Faut-il donc que de nos jours le rapport des montages normatifs à la tragédie ne soit plus représentable qu’à l’occasion des mises en acte ? Le temps nous presse. Comment faire face, pour notre temps, à la nécessité de mettre en paroles la scène humaine de l’inceste et du meurtre, afin d’en déjouer l’accomplissement dans la vie quotidienne ? L’interdit est avant tout un problème de vérité – la vérité de la différenciation humaine. Tel est le sens de l’office du père, indissociable du principe de Raison dont il est, en somme, la traduction juridique. Tout parricide le dévoile : le meurtrier s’attaque à la construction même de la Raison, dont il se sent victime parce que la loi abuse de lui, ne le calcule plus !
  • [9]
    Il faudrait ici écrire meurtre, car de meurtre il n’y a que dans l’espace symbolique. Cette remarque est valable pour le récit qui suit. À propos de cette barre, il faut se souvenir qu’il s’agit pour Lacan d’un emprunt à Heidegger.
  • [10]
    Cette histoire devrait nous appeler à plus de prudence lorsque nous manions la difficile question de la causalité. Mais dans le champ social, comment faire en sorte d’être entendu sans se trouver immédiatement relégué au rang d’ayatollah passéiste ou de diplodocus en mal de glaciation ? Face à « l’insurrection contre le Logos », Freud prononcera ces quelques mots : « Après la destruction du temple à Jérusalem par Titus, Rabbi Jochanan […] demanda d’ouvrir une école pour l’étude de la Torah. Nous allons faire la même chose. Nous sommes après tout habitués par notre histoire, nos traditions, et certains par expérience, à être persécutés » (E. Jones, La vie et l’œuvre de Sigmund Freud, t. 3 : Les dernières années, 1919-1939, Paris, Puf, 2006).
  • [11]
    « Aller à la rencontre » est une des versions de cette holophrase, et renvoie à entgegenkommen, mal traduit par complaisance : le corps vole au secours du symbolique.
  • [12]
    L’hormone magique fabrique aussi bien des champions et des championnes sportifs aux performances inégalées qu’elle corrige les erreurs d’assignation d’un Réel parfois distrait ! Elle rajeunit les corps, et ravive appétits endormis !
  • [13]
    G. Brassens, « Le Grand Pan » : « Mais se touchant le front en criant “j’ai trouvé”, La bande au professeur Nimbus est arrivée, Qui frappe les cieux d’alignement, Chassant les dieux du firmament. »
  • [14]
    B. Vincent, « Logiques néologiques de Lacan », Cliniques méditerranéennes, n° 101, 2020, p. 231-244.
  • [15]
    Conférence à Genève sur le symptôme, 1975.
  • [16]
    A. Rimbaud, « Roman », dans Cahier de Douai, 1870.

Au regard d’une pratique ancienne, tant de la clinique de l’adolescence que de la rencontre avec l’institution judiciaire concernant les passages à l’acte violents, d’un vieux numéro de la revue Apertura que je dirigeais au printemps 1999, me voici sollicité à réagir à l’argument proposé pour ce numéro du jfp : « Devenir Autre, c’est le destin de l’adolescent, pour elle comme pour lui… » Ce qui me conduit à ces quelques propos que je livre sans précautions.
Devenir autre, c’est entrer dans l’ordre signifiant et rencontrer l’inévitable division qui éloigne à jamais le sujet du savoir qui le constitue. Mais c’est également rencontrer l’avertissement freudien : la symbolisation est le meurtre de la chose. Devenir autre, c’est-à‑dire s’affronter à l’ordre symbolique avec la promesse qu’il contient, celle de permettre l’avènement d’un nouveau sujet qui trouverait chez l’Autre son home, sa terre promise personnelle, et le texte qui l’attend, à condition de passer par ce que contient implicitement cette formule empruntée à Heidegger, la finitude, l’« être pour la mort ». « Devenir enfin Autre », c’est aussi le terrible mot de Lacan prononcé à la fin de sa vie, proche, comme dit le poète, du moment où son âme et son corps « ne seront plus d’accord que sur un seul point, la rupture » : quitter ce corps lieu de toutes les résistances, seule et dernière condition pour réaliser complètement la promesse du Symbolique, assez bien résumée par Hergé dans une formule ironiquement juste : « Je vais vous couper la tête et vous trouverez la Voie …


Date de mise en ligne : 30/09/2025

https://doi.org/10.3917/jfp.056.0080

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