Article de revue

De la présentation dite « de malade » à la présence de l’analyste, une rectification du rapport au Réel ?

Pages 42 à 46

Citer cet article


  • Morali, M.
(2023). De la présentation dite « de malade » à la présence de l’analyste, une rectification du rapport au Réel ? Journal français de psychiatrie, 53(2), 42-46. https://doi.org/10.3917/jfp.053.0042.

  • Morali, Marc.
« De la présentation dite “de malade” à la présence de l’analyste, une rectification du rapport au Réel ? ». Journal français de psychiatrie, 2023/2 n° 53, 2023. p.42-46. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-journal-francais-de-psychiatrie-2023-2-page-42?lang=fr.

  • MORALI, Marc,
2023. De la présentation dite « de malade » à la présence de l’analyste, une rectification du rapport au Réel ? Journal français de psychiatrie, 2023/2 n° 53, p.42-46. DOI : 10.3917/jfp.053.0042. URL : https://shs.cairn.info/revue-journal-francais-de-psychiatrie-2023-2-page-42?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/jfp.053.0042


Notes

  • [1]
    J. Lacan, « Télévision », dans Autres écrits, Paris, Le Seuil, 2001.
  • [2]
    Ibid.
  • [3]
    Que l’espace de la présentation touche à structure du Witz est développé par Erik Porge dans un texte intitulé « La présentation de malade », Littoral, n° 17, septembre 1985.
  • [4]
    Le 4 novembre 1971, Lacan écrivait déjà : « Dans une certaine perspective, que je ne qualifierai pas de progressiste, un savoir qui n’en peut mais, le savoir de l’impuissance, voilà ce que le psychanalyste pourrait véhiculer ! »
  • [5]
    Un texte « oublié », celui d’un manuscrit remis à Max Graf, père du dit petit Hans, avec lequel Freud fabrique un dispositif particulier : Hans parle à son père qui parle à Freud, lequel renvoie via le père son message à Hans, « oubliant » au passage le rôle qu’il a lui-même joué auprès de Hans et de sa mère ! S. Freud, « Personnages psychopathiques à la scène » (1905), dans Résultats, idées, problèmes, Paris, Puf, 1984, t. 1, p. 123-129.
  • [6]
    « L’auditeur est saisi de sentiments de sentiments au lieu de s’en rendre compte. De ce fait, une part de la résistance est assurément épargnée, comme on le voit dans le travail analytique où, par suite d’une moindre résistance, les rejetons du refoulé viennent à la conscience qui se refuse au refoulé lui-même » (S. Freud, « Personnages psychopathiques à la scène », op. cit.).

Les quelques réflexions succinctes qui vont suivre me sont venues à la suite d’un entretien avec Anne Videau, concernant les présentations de malade auxquelles j’avais assisté, voire participé à la clinique psychiatrique de Strasbourg.
La vérité m’oblige à dire que j’ai toujours ressenti une forme de réticence devant cette pratique que, comme tout psychiatre en herbe, j’ai découverte en passant l’examen d’admission à la spécialité. Nous étions dans le cadre de l’enseignement de la psychiatrie. L’intérêt pour la psychanalyse était alors vif, héritage d’un passé marqué par l’action des aliénistes allemands pour soustraire la psychiatrie à la neurologie, et des psychanalystes pionniers dont la clinique psychiatrique de Strasbourg gardait la trace.
Bien sûr, l’intérêt didactique de ces présentations ne m’échappait pas. Et la formation à la psychiatrie classique européenne a sans doute contribué à alimenter mes questions sur la façon dont la psychanalyse pouvait penser la maladie mentale. Mais pour moi le dispositif reposant sur la nécessité de mettre en avant les symptômes du malade, conduisant à une visée diagnostique, prenait une place trop importante, limitant souvent l’approche de la structure psychique à son aspect phénoménologique. J’ajoute une anecdote personnelle qui illustre fort bien les dérives possibles de cet exercice : un maître bienveillant avait cru bon de me donner le mode d’emploi de l’affaire : « Tu dois faire le diagnostic dans la salle d’attente, puis montrer ce que tu sais pendant l’interrogatoire du patient …


Date de mise en ligne : 04/06/2024

https://doi.org/10.3917/jfp.053.0042

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