S'abonner
Article de revue

Alain Didier-Weill à Buenos Aires, Argentine

Pages 89 à 90

Citer cet article


  • Donzis, L.
(2017). Alain Didier-Weill à Buenos Aires, Argentine. Insistance, 14(2), 89-90. https://doi.org/10.3917/insi.014.0089.

  • Donzis, Liliana.
« Alain Didier-Weill à Buenos Aires, Argentine ». Insistance, 2017/2 n° 14, 2017. p.89-90. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-insistance-2017-2-page-89?lang=fr.

  • DONZIS, Liliana,
2017. Alain Didier-Weill à Buenos Aires, Argentine. Insistance, 2017/2 n° 14, p.89-90. DOI : 10.3917/insi.014.0089. URL : https://shs.cairn.info/revue-insistance-2017-2-page-89?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/insi.014.0089


Notes

  • [1]
    J. Lacan, Escritos 1. Cienca y Verdad, Ed. Siglo XXI (Écrits 1, La science et la vérité).
  • [2]
    Exposition d’Alain Didier-Weill dans le Séminaire XXIV de Jacques Lacan, inédit, Bibliothèque de l’Escuela Freudiana de Buenos Aires.

1 Alain Didier-Weill est décédé en novembre 2018. Un psychanalyste, un maître, un collègue en communion, comme il aimait dire, par la transmission de la psychanalyse et les interrogations suscitées par l’art. Je remarque son enthousiasme envers la musique, ou ce que la dramaturgie invoque et évoque, parmi d’autres manifestations.

2 J’ai eu la chance de le rencontrer lors de sa visite à Buenos Aires, en raison de la Reunión Lacanoamericana de Mar del Plata de 1989, et après ailleurs, à Paris, à New York, à Rosario (Argentine). À chaque opportunité j’ai pu échanger avec Alain aussi bien sur le développement de notre intérêt en commun sur la pratique psychanalytique, que sur la culture de notre temps, mais le théâtre est ce qui a toujours été la motivation pour le dialogue. Et une fois, chez lui, boulevard Magenta, nous avons discuté chaleureusement sur les distinctions entre les chats siamois.

3 Cependant, je l’ai mieux connu en lisant ses livres et textes, parmi lesquels je remarque Les trois temps de la loi, Invocations et Mémoires de Satan, traduits à l’espagnol, qui ont jalonné ma formation.

4 Sa taille de créateur se montrait dans ses paroles et ses conférences, dans lesquelles le poème ne manquait pas, ces lettres qui fonctionnent comme des tournants, des recoins, où le sujet s’absente tandis qu’il se présentifie dans la solitude la plus stricte. Dans chacun de ces plans, Alain Didier-Weill a laissé l’empreinte de celui qui « de son style, marque la langue [1]… ».

5 Aujourd’hui, lorsque nous commençons à regretter son absence, je veux souligner l’un des points de son vaste enseignement, qui a éveillé mon plus grand intérêt : sa position sur l’expérience de la passe, plus précisément ses réflexions sur la place du savoir dans la conjugaison entre l’analysant et le psychanalyste. Il l’a manifesté lors de sa présentation au Séminaire de Lacan du 8 février 1977, en soutenant que l’analyste est le passant d’une transmission. Il disait : « pour moi, la passe est en condition de caractériser ce qui peut préserver beaucoup de l’essentiel et vivant de l’avenir de la psychanalyse, ce qui m’a fait réfléchir un peu sur le problème [2]… ».

6 Si l’écrit pouvait remplir le rôle du passeur, Alain Didier-Weill, dans ses textes, nous a légué et transmis des questions et des désirs, mais aussi une éthique et une poétique.


Date de mise en ligne : 18/04/2019

https://doi.org/10.3917/insi.014.0089