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Article de revue

Un témoignage

Pages 229 à 230

Citer cet article


  • Rassial, J.-J.
(2017). Un témoignage. Insistance, 14(2), 229-230. https://doi.org/10.3917/insi.014.0229.

  • Rassial, Jean-Jacques.
« Un témoignage ». Insistance, 2017/2 n° 14, 2017. p.229-230. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-insistance-2017-2-page-229?lang=fr.

  • RASSIAL, Jean-Jacques,
2017. Un témoignage. Insistance, 2017/2 n° 14, p.229-230. DOI : 10.3917/insi.014.0229. URL : https://shs.cairn.info/revue-insistance-2017-2-page-229?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/insi.014.0229


1 J’ai connu Alain Didier-Weill, en 1979, il y a quarante ans, en préparant à Montpellier le colloque « La psychanalyse est-elle une histoire juive », et c’est à Montpellier à la fin d’une journée de travail de mon séminaire, en 1982, que s’était décidée la constitution du Coût freudien, avec Alain, Jean-Jacques Moscovitz, Jean-Pierre Winter et Moufid Assabgui, autour d’un texte fondateur d’Alain sur le « oui de oui de oui ». Nous nous sommes un peu éloignés les uns des autres, mais aussi retrouvés dans d’autres cadres, dans le mouvement analytique ou dans ses marges.

2 Deux questions d’Alain nous ont fait nous rencontrer périodiquement : la question de l’universel, où il critiquait la généralisation de l’universel paulinien, y compris chez des philosophes marxistes, comme Alain Badiou ; abordée dans son dernier livre, cette question était superbement problématisée par lui. Il avait accepté de discuter mon dernier livre, Manifeste déiste d’un psychanalyste juif qui rencontrait ce thème, la dernière fois que je l’ai vu, environ un mois avant son décès.

3 L’autre question depuis « la note bleue » était celle de la musique, qui donnait son axe à la création d’Insistance. Nous avions longuement échangé en 2010, lors d’un colloque organisé par Jean-Michel Vives à Cerisy et publié dans cette revue. Il avait compris que la musique, le théâtre et les pratiques artistiques en général, n’étaient pas des applications secondaires de la psychanalyse, qui privilégierait la clinique, mais participaient au développement même de la psychanalyse.

4 Un autre souvenir se rattache fortement à lui, celui de Marie-Emmanuelle, que j’avais invitée lors d’une autre journée de mon séminaire, en 1984, je crois. Elle hésitait à y venir et, sur la suggestion d’Alain, elle n’avait accepté qu’à condition que j’invite aussi Françoise Dolto, ce que je n’aurais pas osé sans cette demande.

5 Alain Didier-Weill, né juste avant-guerre, était une figure de la génération juive qui a précédé la mienne, ceux qui sont nés après, tous héritiers de la Shoah. Marqué par Mai 68 et par la psychanalyse, et surtout par Lacan – c’est en rupture avec l’interprétation réactionnaire de Mai 68 par son analyste de la spp qu’il rejoignit l’École freudienne –, il incarnait, dans les enjeux autour de son nom même, la difficulté de l’être juif de nos générations.

6 C’est par l’inquiétude face aux nouvelles formes de l’antijudaïsme, décomplexé de la Shoah, que nous nous étions rapprochés depuis une douzaine d’années.


Date de mise en ligne : 18/04/2019

https://doi.org/10.3917/insi.014.0229