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Article de revue

Identités imaginaires : l’illusion du langage performatif

Pages 44 à 48

Citer cet article


  • Cincinnatus,
(2026). Identités imaginaires : l’illusion du langage performatif. Humanisme, 351(2), 44-48. https://doi.org/10.3917/huma.351.0044.

  • Cincinnatus, .
« Identités imaginaires : l’illusion du langage performatif ». Humanisme, 2026/2 N° 351, 2026. p.44-48. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-humanisme-2026-2-page-44?lang=fr.

  • CINCINNATUS, ,
2026. Identités imaginaires : l’illusion du langage performatif. Humanisme, 2026/2 N° 351, p.44-48. DOI : 10.3917/huma.351.0044. URL : https://shs.cairn.info/revue-humanisme-2026-2-page-44?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/huma.351.0044


Notes

  • [1]
  • [2]
    John Langshaw Austin, philosophe britannique, auteur de l’ouvrage de référence sur la parole « performative », Quand dire, c’est faire (How to do Things with Words, 1962).
  • [3]
    Il faut lire à ce sujet l’excellent livre de Fatiha Agag-Boudjahlat, Les Nostalgériades : Nostalgie, Algérie, Jérémiades, éd. du Cerf, 2021.

Quand dire, c’est être : les identités fantasmées Contre tout sens commun, contre toute évidence… contre le réel même, il suffit d’affirmer un ressenti pour croire qu’il advient par la seule force du Verbe ; de dire « je suis X » ou « vous êtes Y » pour modifier, transformer, façonner immédiatement la réalité et faire de soi X et des autres Y par la seule puissance de la volonté et de son expression.
Ainsi sont niées la réalité au nom de l’idéologie, la science au nom de l’opinion. Des militants utilisent la sociologie comme d’autres leur religion et osent masquer leur idéologie derrière un discours pseudo-scientifique que Durkheim, Weber et même Bourdieu rejetteraient avec le plus grand des mépris. C’est ce que font, entre autres, tous ceux qui pervertissent la lutte antiraciste en inventant tout un vocabulaire pédant – « racisme d’État », « racisme systémique » et autres redéfinitions importées sans aucune réflexion de pays et de cultures différents –, pour mieux propager une vision du monde authentiquement racialiste, elle, car ne voyant le monde qu’à travers le prisme de la race et du taux de mélanine. Leur combine relève du pur terrorisme intellectuel : prendre les mots, décider unilatéralement d’en changer la définition pour mieux les accorder à leur Weltanschauung, et puis accuser ceux qui refusent de se prosterner devant l’autel de ce nouvel ordre moral d’être des imbéciles d’extrême droite – là encore, l’accusation gratuite est censée créer le réel, et le plaquage brutal d’une étiquette infamante sur l’adversaire clore le débat…


Date de mise en ligne : 26/05/2026

https://doi.org/10.3917/huma.351.0044

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